PATES
tions on donuait de grands repas à l'hôtel de ville, Ainsi en 1536, deux festins eurent lieu ; le premier fut donné aux douze prud'hommes, le second fut offert le dimanche suivant après la nomination des esgards à MM. de l’ancienne et de la nouvelle loi et aux six mayeurs des métiers. La dépense de ces deux repas s'élève à soixante-et-onze sols huit deniers (1). Le 23 avril, jour où chaque année se renouvelait la publication des bans ou ordonnances de police, était encore l’occasion de grandes agapes (2). Si bien que Pon finit par attacher un cuisinier à la mairie. Voilà un nouvel employé municipal pour le moins inattendu. Par délibération du 15 novembre 1666 on nomma un pâtissier-cuisinier de la ville. 11 paraît qu’Amiens possédait également un traiteur et que ce privilège survécut à tous les autres.
L’année 1674 marque une date funeste dans les fastes culinaires de Péronne. Les festins « pour raison des élections » furent interdits par un arrêt du Conseil d'Etat « soit dans l’hostel commun, soit dans les
1. En voici le détail : un pain blanc et bis 2 sols 6 deniers ; trois lots de vin blanc 10 s. 6 d.; 5 lots de vin clairet 21 s. 8 d. ; 5 autres lots 17 s 12 d. ; un cerifer (porteur de torche) 12 d. ; un plat d'œufs 9 d. ; Des 5 s, 3 plats de moules 3 s. ; pour la mousse, mai et souets 4 s. Ce dernier article s’applique à la mousse, aux branchages et aux fleurs dont on jonchait la table.
2, Voici un compte des dépenses pour le 23 avril 1536: Vin : 10 sols; pain 12 deniers ; cerifer 12 d.; des pommes de capendu 1 sol,
maisons particulières à peine de trois cents livres d'amende applicable à l’hospital de la ville (4) ».
C’est également à partir de cette époque qu’on restreignit, pour raisons financières, les présents faits à diverses notabilités. C'était en effet une coutume très ancienne d’offrir aux visiteurs de marque comme aux personnages importants de la ville des produits locaux. Le vin et les pâtés de carpes tiennent la première place parmi eux. Le vin, dont on récoltait d'excellents crus aux environs de Péronne, à Curlu notamment, s’offrait dans des kinards ou vases en étain (2). On en donnait en général « un de blanc, l’autre de clairet ». Les pâtés de carpes et de canards étaient aussi une spécialité du pays et à ce titre figuraient toujours parmi les cadeaux. Lors de la crise financière de 1673, ceux-ci furent réduits autant que possible : On supprima les « vins de présents » aux notables après l’installation de la nouvelle loi et on ne maintint cette faveur qu’au profit de l'officier commandant la place. « Si le gouverneur est sur les lieux il lui sera offert six kinards de vin ; le lieutenant de roy n’en recevra que deux. L’usage de donner du vin au mayeur et aux échevins, aux sergents de ville et aux canonniers allant au mai est conservé. Il ne sera envoyé de pâtés de carpes qu’aux personnes suivantes :