‹ Les Institutions Municipales de Péronne sous l'ancien régimeChapitre 4 sur 57 · Mabillon, de re diplomalica · texte numérisé non relu

Mabillon, de re diplomalica

3. Un moine de Saint-Remy au xr siècle s'exprimait ainsi: « Péronne est une ville extrêmement forte par sa situation, considérable par le nombre de ses habitants, renommée par la magnificence singulière de ses édifices,supérieure aux autres places du Vermandois par la gloire que lui donnent ses richesses de toute espèce et son antique dignité.»

Mabillon, de re dipl. De même, chronique de Sigebert, an 1005.

ct dès 1044 elle a ses seigneurs particuliers, appelés comtes de Péronne (1). L'année 1118 nous donne une précieuse indication sur l'existence des libertés municipales : c’est l'époque de la fondation de la maison de Saint-Lazare. La Chronique du Mont Saint-Quentin rapporte cet événement de la façon suivante : « Peronenses edificaverunt domum et capellam pro leprosis suis civibus, in villa sanctæ Radegundis, sed bonorum istius domus et capellæ administratio data est monachis hujus abbatiæ, qui prœsbyterum etiam ægrolurum curam habentem nominabant ». On voit que ce sont « les Péronnais » qui ont créé cette fondation. C'est là un acte d'administration qui ne peut venir que d’un pouvoir municipal. Les mots « suis civibus » indiquent qu’il s’agit de citoyens. C’est une preuve que la commune de Péronne existait déjà bien avant les chartes qui nous sont parvenues. D’ailleurs l’histoire a conservé le nom d’un mayeur du xir siècle, Waltérius de Felkyère qui exerça ses fonctions-en 1182 (2). M. Vallois (3) fait remarquer également que par une charte donnée à Paris en 1205, Philippe-Auguste, à la demande de Robert de Filliè-

vre, accorda aux habitants de Fillièvre-sur-la-Can-

Page 1