Péronne, son origine, ses développements
che,une commune d’après le modèle d’Hesdin et « des assises de Péronne ». Que sont ces assises ? Il semble bien qu’on doive interpréter ce terme dans le sens de loi municipale.
En 1191 Péronne fait définitivement retour à la Couronne, par suite de la mort de Philippe d'Alsace. Philippe-Auguste, du camp d’Acre, écrivit alors aux Péronnais, leur promettant de conserver leurs coutumes et leurs droits. Sa lettre commence ainsi : «Philippus Francorum rex,amicis suis universis nobilibus in Peronensi potestate constitutis. >» Le terme « nobilibus » qu’il emploie, s’appliquait alors à tous les hommes libres. Or si la ville n’avait pas été établie en commune, tous ses habitants auraient été de simples serfs,sans aucun droit qu’on puisse leur conserver. Les mots « in Peronensi potestate » établissent sans conteste l’existence d’une autorité locale. Veut-on une autre preuve encore ? Le beffroi de la ville fut achevé à la fin du règne de Louis le Gros ; et on sait qu'il était, avec sa cloche, le symbole de l’affranchissement des communes.
Cette autonomie locale dont nous avons montré l’existence, devait avoir pour base l’association des habitants sous la foi du serment, dans un but de sauvegarde sociale. On constate aussi à cette époque l'existence de véritables confédérations réunissant plusieurs villes voisines. Péronne faisait partie d’une
de ces associations et ne manquait jamais de secou-
rirses alliées en danger.On pourraiten citer plusieurs exemples.
On vient de voir que la commune de Péronne existait avant les chartes royales enregistrées par l’Histoire. Ces chartes elles-mêmes l’établissent incontestablement. La première est celle octroyée par Philippe-Auguste en 1209. L'article XXXVII de cet acte (1) s'exprime ainsi : «Omnes insuper legitimas et rationabiles consuetudines, quas burgenses Peronenses hactenus tenuerunt, eis concedimus, et volumus ut eas observent, sicut hactenus servaverunt per legitimam recordationem Majoris et Juratorum... » Il est donc hors de doute que cette charte ne crée pas l’organisation municipale ; elle confirme au contraire les privilèges dont la ville jouissait depuis un temps immémorial, privilèges « qui seront établis d’après le rapport qu’en feront de bonne foi les mayeur et jurés.» Elle fait aussi, il est vrai, des réserves qui sont habituelles, et la phrase que nous venons de citer se termine ainsi: «..salvo in omnibus jure nostro et ecclesiarum nostrarum et Castellani Peronensis : quæ ut perpetuæ stabilitatis robur obtineant, sigilli nostri authoritate et regii nominis caractere inferius annotato, salvo in omnibus et ubique jure nostro et sanciæ
1. Les chartes originales ne portent pas de numéros d'articles. On a ajouté ceux-ci par la suite sur les copies qui en ont été faites, pour la commodité du lecteur.
MALICET 2