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ecclesiæ Dei et Castellani Peronensis, praesentem paginam confirmavimus (1). »
Charles V, modifiant cette charte par ses lettres patentes de 1368, confirme lui aussi les privilèges de la ville «... cum universis et singulis juribus et possessionibus, censibus, redditibus, emolumentis et commodis ad ipsam pertinentibus,quos,quas et quæ dicti burgenses et habitatores habebant et quibus utebantur tempore quo dicta communia fuit nobis ut prædicitur acquisita.. (2) » Il reconnaît bien par ces derniers mots que ces privilèges appartenaient à Péronne au moment de sa réunion à la Couronne.
C’est d’ailleurs le cas de nombreuses communes.
M. Paul Lacroix, cité par Dournel,remarque dans ce
1. Traduction en vieux français extraite du Livre Rouge de la ville, xvi° siècle : Touttes les loyalles et raisonnables coustumes que les bourgeois de Péronne ont tenu jusques à hore, nous leur octroyons et voulons qu’ilz les gardent, sy comme jusques à hore les ont gardées par la vraye recordation et loyaulté des maieur et jurez, sauf en toutes choses nostre droict, et de nos églises et du chastellain de Péronne, lesquelles choses à ce que perpétuellement obtiennent vigueur, nous avons scellé du scel de nostre authorité et du caractère de nostre royal nom cy-dessoubz dénotté. Sauf en tout et par tout nostre droict et de la saincte Église de Dieu et du chastellain de Péronne; nous confirmons ceste présente baille…
2. Traduction :.. avec tous les droitz vins et singulières possessions cens, rentes, émoluments et proffictz appartenans à icelle commune lesquelz et lesquelles et que lesd, habitans et bourgeois avoient, el desquelz ils usoient au temps que ladicte commune fust comme des-
sus est dict à nous acquise à iceulx bourgeois et habitans...
sens que beaucoup d’entre elles sont plus anciennes que leurs chartes d’institution,et que c’est seulement après avoir vécu paisiblement et sans bruit, qu'ayant eu des difficultés avec leurs seigneurs, elles en sont venues à pactiser avec eux, et à consigner par écrit les clauses de leurs traités « de sorte que ces chartes donnent plutôt la date des conflits des communes que celle de leur première fondation ». Quant aux Péronnais, ils n’eurent jamais de conflits avec leur seigneurs et leur droit de commune ne fut confirmé par charte qu’à l’occasion de la mort de Philippe d'Alsace, par Philippe-Auguste, sans même qu'ils l’eussent demandé. Il est vraisemblable que cette charte apporte des modifications,en mème temps que des précisions, aux coutumes antérieures, mais elle n’est,au fond, nullement novatrice.
Les droits fondamentaux attachés à l’existence de la commune étaient en général les suivants : « Scabinatus collegium, majoratus, sigillum, campana, belfredus et jurisdietio.» Péronne en bénéficia intégralement et nous allons analyser en détail ses privilèges
essentiels dans cet ordre d'idées.