‹ Les Institutions Municipales de Péronne sous l'ancien régimeChapitre 50 sur 57 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Gestion financière et Administration.

L'administration des biens communaux et la gestion des finances de la cité étaient parmi les plus absorbantes attributions de l’Echevinage.

La ville était livrée à ses propres ressources et ses représentants avaient la mission d'imposer des tailles et de lever des taxes pour équilibrer leur budget.L’établissement des tailles était réglé par les articles XXX et XXXII de la Charte de 1209, que nous avons étudiés déjà à propos des mayeurs de maireries : « Cum autum Major et Jurati talliam facient pro negotiis villæ, illam facient per consilium sex hominum, quos Majores ministrorum per juramentum suum eligent. Tallia vero servabitur ab illis sex hominibus et sex Juratis quos Major et Jurati ad hoc apponent, et illam servabunt super juramentum suum ; de illa etiam illi duodecim reddent rationem, et computationem facient Majori et Juratis ; jurabunt etiamilli non jurati deputati ad custodiam talliæ, quod suppressum et

secretum habebunt concilium majoris et juratorum,

nec anno sequentiilli duodecim talliam servabunt. » Mais sur quoi va porter cette imposition? l’article XXXI nous l'indique: « Fiet autem super homines decommunia et incommunia manentes,ethæreditates eorumdem, et super pecunias ipsorum, ubicumque fuerint, sine forifacto. » La taille était répartie au mare le franc suivant la fortune évaluée de chacun des habitants. On l’a appelée parfois plaisamment taxe du beau visage.

A la fin du xvr siècle il fallait une autorisation du roi pour imposer les taxes extraordinaires. Ainsi le 21 janvier 1583 le roi permit par lettres patentes l’établissement d’une taxe pour secourir les pauvres. Elle était payable soit en argent, soit en grains et cinq commissaires furent chargés de la répartir entre les habitants. Ceux-ci ne firent d’ailleurs aucune difficulté pour l'acquitter. Seuls les officiers de l’élection refusèrent, arguant de leurs privilèges. Par ordonnance du 1° juin 1584, la taxe leur fut imposée comme aux autres. En 1586, de nouvelles lettres patentes interviennent pour permettre une autre levée d'impôt, sur la demande du gouverneur de Péronne (1); et le roi exprime le désir que la taxe

frappe surtout les ecclésiastiques, les nobles et les notables.

Les taxes ordinaires ou droits utiles de la ville

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