CHAPITRE IX
Attributions militaires du Mayeur.
Le mayeur avait tout d’abord le commandement de la garde bourgeoise.
Celle-ci était une milice communale destinée à assurer la sécurité de la ville. A son origine, elle était chargée également d’aider le roi dans ses expéditions. C'est ainsi qu'elle se distingua à la bataille de Bouvines en 1214. Mais plus tard son rôle fut restreint à la défense et à la sûreté intérieure de la commune. Péronne, ville frontière, était fréquemment l’objet d'attaques des troupes ennemies, et la garde bourgeoise eut maintes fois le rôle glorieux de les repousser. Le courage des habitants, en ces circonstances si souvent renouvelées, leur avait fait donner le nom de « soldats-bourgeois », et la vaillance de la garde lui avait valu de grands privilèges. Quand plus tard Péronne fut pourvue de troupes de garnison, la garde eut toujours le pas sur elles pour les postes d'honneur et dans les cérémonies publiques, et les rois qui
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séjournaient dans la ville tenaient à être gardés par
elle.
Tous les habitants de la commune étaient tenus de faire partie de la garde bourgeoise. Les ecclésiastiques cherchèrent vainement à échapper à cette obligation, en temps de guerre tout au moins (1). Les gens du roi n'y réussirent pas davantage. On fit cependant quelques exceptions. Ainsi furent dispensés de la garde en 1529, le Grenetier et le Receveur des domaines et des aides. On avait aussi pitié des jeunes mariés qui étaient exemptés pendant leurs six premiers mois de mariage (2). D’ailleurs, pendant les périodes de paix, un fâcheux relâchement se faisait parfois sentir, et la plupart des habitants se faisaient remplacer. Aussi par un acte du 6 novembre 1683, Messieurs de Ville décidèrent qu’il n’y aurait plus à l’avenir d’exemptions pour personne. Dès lors, tous, nobles et bourgeois, même les médecins, furent astreints à la garde, et le mayeur seul pouvait autoriser les remplacements. C'était lui qui dressait les rôles et il avait un pouvoir absolu de commandement. La discipline de la garde lui était également confiée. Il la faisait monter, lui faisait faire la parade, puis lui ordonnait de marcher et de défiler.
En l’absence du mayeur, le lieutenant de l’Hotel de