‹ Les Institutions Municipales de Péronne sous l'ancien régimeChapitre 55 sur 57 · Archives de Péronne, AA · texte numérisé non relu

Archives de Péronne, AA

capitaine nommé par l’Echevinage avec des appointements de 48 livres. Il avait spécialement pour mission de commander les Péronnais dans leurs expéditions en dehors de la cité. On lui confiait la moitié des clefs de la ville. Le plus ancien dont l’histoire nous ait conservé le nom exerçait ses fonctions en l’an 1400. Puis le roi Henri II ayant créé les gouverneurs, la nomination du capitaine leur fut confiée. Souvent ils se nommèrent eux-mêmes, et finalement Jacques d’Humières, gouverneur de Péronne en 1560, retint pour lui et ses successeurs le titre et les gages de capitaine de la ville. Il en conserva aussi les atiributions, gardant la moitié des clefs, et donnant le mot du guet. En l’absence du gouverneur et du lieutenant de roi,le mayeur les remplaçait et se trouvait ainsi réintégré dans ses anciennes attributions. Il pouvail donc dans certains cas commander les troupes de la garnison en même temps quela garde bourgeoise. Il avait alors entre les mains la totalité des clefs de la ville. Cette situation, au xvu° siècle, parut très choquante à l’état-major de la place, et il s’en suivit de nombreuses difficultés. En 1660, deux capitaines d'infanterie en garnison à Péronne refusèrent de recevoir le mot du mayeur, et le roi dut intervenir pour les y forcer. En 1726, une volumineuse correspondance nous apprend que le major de la place avait une grande répugnance à se soumeltre

au mayeur en cas d'absence du gouverneur et du

lieutenant de roi, et à prendre d’un magistrat civil, l’ordre et le mot du guet. De nombreuses décisions royales prouvent cependant que le commandement militaire du mayeur était, dans ces circonstances, indiscutable (1) Il avait même droit à la présidence des Conseils de guerre. En 1665 une difficulté se présenta à ce propos. Le lieutenant-colonel du régiment d’Arbouville ayant refusé cet honneur au maire, celui-ci obtint du roi une décision conforme à ses privilèges. Toutefois, lui écrivait-on, « Sa Majesté souhaite que vous usiez modestement de votre pouvoir à cause de la différence qu’il y a entre votre condition et celle d’un homme de guerre (2) ».

Quand le mayeur était absent en même temps que le gouverneur et le lieutenant de roi (3), le lieutenant de mayeur et tous les échevins successivement pouvaient le remplacer. Mais les officiers de la garnison ne l’admirent pas toujours. En 1730, le major de la place se refusa à recevoir l’ordre et le mot du premier échevin. On convoqua alors une assemblée de notables pour s’éclairer sur la question. Et l’on reconnut que le premier échevin était bien fondé dans ses pré-

tentions, le privilège du commandement ayant été

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