LES SOURCES DU DROIT MUSULMAN
dans la rédaction définitive du livre saint : c'est elle qui a été conservée. L'orthodoxie admet* que des fragments de la révélation, non coraniques, ont été recueillis par la Sounna, qui leur reconnaît une autorité spéciale : ce sont les déchets de la rédaction de Zéid. Le Coran officiel a été désormais copié par tous ' les fidèles^ soucieux de s'assurer ainsi des mérites dans la vie future. La légende veut que l'on possède des Corans écrits de la main du calife Othmân et Ton conserve pieusement plusieurs exemplaires qui tous sont celui qu'il lisait quand il fut assassiné et qui fut taché de son sang. On redira que les points diacritiques et les signes vocaliques n ont été introduits dans l'écriture arabe que sous Abd el Malik ben Merwan^ à la fin du vii^ siècle.
Le Coran se compose de cent quatorze chapitres ou sourates, qui sont divisés en versets, appelés ayât^ c'est-à-dire « signes miraculeux », et dont la longueur est variable. Pour des raisons pratiques, le Coran a été partagé en trente portions égales, [juz\ plur. ajzà'), ou soixante hizby ou cent vingt roub' : ce sont les divisions usuelles dans les récitations solennelles du Coran. — La première sourate, qui « ouyre le livre » {fàiih'at el Kiiàb)y la Fàtiha\ et qui est en mainte circonstance sur les lèvres des musulmans, est fort courte; les suivantes sont classées d'après leur étendue en commençant par la plus longue (la deuxième) et en finissant par la plus courte (la cent quatorzième). Bien que réunis sous un titre commun, les versets qui composent chaque sourate ne forment point un ensemble bien défini : il y a eu un essai de classement, mais il a été incomplet. — Quant à leur date, les sourates se classent suivant qu'elles ont été révélées à la Mekke ou à Médine; les sourates mekkoises sont les plus courtes : elles sont animées d'un grand souffie poétique, qui éclate et tonne en me-
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naces, en malédictions, en promesses et en images. Les antres datent du goaveraeixfcent 4e Mob&mmed à ffiédine et, dans un style pins pesant, elles cherchent à organiser la commnnauté musulmane. Les docteurs de l'Islam ont fait cette distinction, que les islamisants européens s'efforcent de soumettre à une critique plus serrée, et ils ajoutent aux sourates d'exhcM^ tation et d'organisation une troisième catégorie, celle qui rapporte Thistoire des prophètes de TAinden Testament.
Le texte as. Coran, une fols établi, laissait place à bien des hésitations de lecture et d'interprétation; ainsi naquit la science du commentaire (îlm et iafsir) ^i s'efforça de préciser le texte et d'en expliquer le sens. En ce qui concerne le texte même, diverses « lectures » [qiractt) sont considérées comme oritiodoxes; leurs divergences n'ont q*u*utte faible influence sur l'interprétation du texte. Celui-ci a été établi avec l'aide de la tradition, et les commentaires du Coran sont de véritables recueils de hadiths. — Une branche spéciale de l'étude du Coran est consacrée aux votsets qui sur le même sujet imposent d-es solutions contradictoires: elle détermine le verset abrogeant e* le verset abrogé {en nà&ikh wal mansoukh).
Les commentaires du Coran sont fort noflibreux : voici les plus célèbres : le fômV l bayàn de Tabari (m. en 923) qui, par son ancienneté, son étendue et sa solidité, occupe la première place ; le kachchàf de Zamakchari (m. 1143); Yanwàr et tanzil de Beidawi (m. 1286); celui d'er Razi (m. 1209); le iafsir el Jalân laïrij c'est-à-dire de Jalal ed din el Mahalli (m. 1459) et de Jaial ed din es Soyouti (m. 1505). Ces ouvrages ont tous été imprimés en Orient en plusieurs éditions.
Le Coran est la parole mém« d'Allah : elle ne saurait donc être répétée qu'en arabe, et toute traductiofi est hérétique. C'est une évo'lotion grave dans la