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LES SOURCES DU BROÏT MUSULMAN

pensée musalmane que le seul fait d*aâmettre la po&« sibilité d'une traduction du Coran. H n'existe dft»s aucune langue européenne «ae traéuclion qui, tout em respectant la couleur du texte et en la faisant goûter au lecteur, lui en explique le sens exact.

Le Coran est la source essentielle de la loi musul* mane : on a indiqué plus haut qu'il était complété par une seconde source, la tradition du Prophète, la Sounna^ et que la critiqua moderne, reprenant, avec d'autres méthodes, Tétude des hadiths n'a point en- <50re réussi à préciser Tauthenticité des uns, le caractère purement polémique des autres. — Les savants de rislam composèrent, dès le ix* siècle, des recueils qui sont la source de toutes les études tradilîonnistes : quelques-uns ont été rédigés en classant les hadiths suivant Tordre chronologique de leurs auteurs successifs, des ùnàd ; les plus célèbres ont réuni les traditions par ordre de matière. Le djàmi* eç çahih d'El Bokhèri (m. 870) a été souvent publié en. Orient et accompagné de nombreux commentaires, dont les plus connus sont la 'omdat el qàri d'El Aini (m. 1451) et Virchàd es sàri d'el Qastallani (m. i5i7). Un second recueil est le Çahih de Moslim (m. 873). Quatre autres furent essentiels : Ibn Madja (m. 886), Abou Daoud (m. 888), et Tirmidl (m. 892), en Nasaï (m. MS). Des ouvrages plus récents sont populaires : les Maçàbih es sonnna d'el Baghawi (m. 1122) et son remaniement les Mithkàt el maçabih à'ed Tibriziy le Kitàb el Arba'ïn d'^n Nawawi (m. 1178) et la DjàmV ec çaghir d'Es Soyouti (m. 1505). Pour la critique du hndiUi, le iuqrib d'en Nawawi est important.

Pour compléter l'ensemble des décisions qui, résultant des hadiths, constituent la tradition, la Sownna, il a été nécessaire de laisser une placera l'opinion individuelle, issue du raisonnement, ral^ dhann; mais la capacité d'apporter des solutions nouvelles {ijiihéd) a

été restreinte à un petit nombre de docteurs de la loi musulmane, Moujiahidin, et après leur mort cette source de la législation musulmane est tarie.

Mais si une opinion isolée ne suffisait point à créer une doctrine, elle prenait autorité quand elle avait reçu l'adhésion de la communauté musulmane : car celle-ci, suivant un hadiih du Prophète, ne saurait accorder son assentiment général [idjmff) à une théorie fausse. Mais par le mot idjmà\ il ne faut point entendre Topinion concordante de la foule, mais celle des théologiens et des juristes d'une même époque; on a même voulu comprendre par là celle des docteurs de Médine dans une période donnée.

L'appréciation individuelle isolée n'est acceptée que dans une mesure très restreinte, sous la forme de Tapplication analogique, el qiyàs : cette «source » du droit, qui reste aujourd'hui active, permet à un juriste d'appliquer à un cas nouveau une règle établie pour des espèces analogues. Cette faculté d'appréciation se manifeste notamment par des consultations juridiques ou théologiques [falwa, plur, fatàwa)y que rédigent des personnalités dont le savoir est généralement reconnu, mais qui ne sont pas nécessairement revêtues d'un caractère officiel [mufti).

La variété des doctrines qui naissaient de ces sources diverses, au milieu d'ardentes querelles juridiques et théologiques, leur a interdit d'aboutir, même sur le terrain de l'orthodoxie, à une unité parfaite. Les écoles juridiques, fondées au neuvième siècle sur les bases orthodoxes, ont conservé aujourd'hui leurs divergences : elles se partagent le gouvernement du monde musulman orthodoxe. Leurs diflFérences, qui se manifestent dans les détails et dans les tendances, ont une importance pratique réelle; mais ces mazhàhib (sing. mazhab) sont des rites de l'orthodoxie, non des sectes qui s'en séparent : un musul-

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