CHAPITRE IIT
Les sources du droit musuhnan.
CSdraau. — Gommentams du Coran. — Sounna. — Ijtifaad. — Ijinâ\,— Qiyâs. *— Rites ©thodoxes.
La loi musulmane est tout entière fondée sur le Krre 4' Allah, sur le Coran, interprété avec le secours de la tradition du Prophète, de la Sounna. On a essayé de montrer, dans le chapitre précédent, com- BMBt cette loi s'était formée, au milieu de& luttes^ des querelles et des tendaoces direrses, et comment, èeôté de Torthodoxie, c'est-à-dire des doctrines acceptées ^par les éléments les plus importants du monde musulman, des sectes hérétiques restent vi- Tantea, le Kharidjisme et le Chiisme. La forme orthodoxe est celle qui a été donnée à Tlslam par TAcharisme et que tes quatre rites orthodoxes partagent, sans la diviser. — On ya donner ici quelques indications rapides sur les sources de la théologie et Jin droit musulman, Goran, Sounna, etc.
L'orthodoxie a adopté la dûcbrine do Coran incréé : il a été écrit de toute étemiiô sur la taib]» bien gar-
dée, el louV el mah'foudh^ et il a été révélé à Mohammed par fragments, au cours des événements. Cette révélation {wahi) a pris des formes diverses : elle a été apportée en général par Tange Gabriel, mais parfois le Prophète n'a entendu que des bruits célestes ou même a reçu la parole divine par une sorte de perception intérieure, où il semble qu'il se soit cru en relation directe aveé Allah. Chaque acte de là révélation était accompagné d'une, crise d'extase, au cours de laquelle Mohammed, suivant un ancien usage, se faisait envelopper dans son manteau. A la fin de la crise, il proclamait la parole d'Allah.
Le Coran a été fixé, peu de temps après la révélation, par un texte authentique qu'il n'y a aucune raison sérieuse de considérer comme altéré. Durant la vie du Prophète, il ne semble pas que personne ait eu la pensée de réunir et de coordonner les avertissements, les préceptes, les récits et les ordres qui étaient sortis de sa bouche, au hasard de l'inspiration et des circonstances. La tradition veut que des a lettrés » en aient noté quelques fragments sur des morceaux de poterie, sur des omoplates de chameaux, sur des feuilles de cuir : d'une façon générale, le livre saint restait confié à la mémoire des fidèles, instrument bien fragile, malgré l'usage intensif que les Arabes savent en faire. Dès la mort du Prophète, on sentit le danger de cette insouciance, et sous le regard d'Abou Bekr, le « secrétaire » du Prophète, Zeid ben Thabit, fut chargé de rédiger un Coran, qui fut conservé dans la famille du premier calife. Sous Othmao, vers 650, il fallut bien s'apercevoir que des divergences troublantes se manifestaient entre les diverses versions du livre saint que les fidèles se transmettaient oralement : elles manquèrent, dit-on, de provoquer des querelles sanglantes. Une commission fut donc instituée pour assister Zéid ben Thabit