LES SOURCES DU DROIT MUSULMAN
man peut passer àe rnn dçs quatre mazhûhib à un autre sans commettre un péehé. Il est même possible de suivre, dans un cas détermina, les règles d'un rite auquel on n'appartient point : un malékite par exemple pourra, en contractant mariage, déclarer qull se conformera aux règ>les du droit hànéfite en ce qui concerne les conséquences juridiques de ce mariage, mais à la condition qu'il en accepte toutes les décisions, qu'elles lui soient ou non favorables.
Le rite hanéfîte, fondé par Timam Âbou-Hani£adi (m. 767), est le rite le moins rigide de Tlslam. Il a été adopté par les Turcs et est resté dominant en Asie centrale et dans Tlnde : il en existe des traees dans les pays qui ont été soumis aux Turcs, par exempte en Tunisie et en Algérie. — Le Chaléisme, école de Mohammed ben Idris ach Cbaféi, né à Bagdad, mort en 820, a été le rite officiel du califat abbasside, et par les marchands et les marins du golfe Persique s'est répandu sur les bords de la mer des Indes ; il règne encore sur les côtes du golfe Persique, de l'Arabie méridionale et de Tlnde et parmi les importants groupes musulmans des Iles de la Sonde; les mènMS raisons commerciales Font conduit en Afrique ori/ntale. Il a été spécialement étudié par les arabisants de la Hollande, maîtresse des Indes Orientales. Elle a conservé des traces d'autorité en Basse-Egypte. — Le Malékisme, issu de Timam médinois, Malek ibn Anas (m. 795), est dominant au Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc) et en Afrique centrale. Il est l'objet de travaux importants de l'école française. — Le rite hanbalite, fondé par Ahmed ibn Hanbal-(m. 855), n'a qu'un petit nombre d'adeptes dans l'Arabie centrale et sur les côtes du Golfe Persique; il est le plus strict des rites orthodoxes : dans l'Arabie moderne, il semble se confondre avec le Wahabisme.
Les théories de ces diverses écoles ont été exposées
dès le début dans des ouvrages dogmatiques : le malékisme, par exemple, a pour code la Mouwatfa d'Ibn Malek. Mais ces ouvrages, qui sont avant tout des recueils de hadithSy ont été remplacés dans la pratique journalière par des manuels : dès le xn® siècle, les juristes réformistes protestaient contre Tabandon de Tétude des sources {ouçoul) et le goût dominant pour les livres de seconde main (fourou*). L'activité des juristes modernes s'est réduite à l'interprétation et à l'annotation de quelques ouvrages célèbres : l'enseignement s'est enfermé dans le rabâchage mécanique des manuels. Le Malékisme a le Moukhtaçar de « Sidi » Khalil (m. 1365) avec ses nombreux commentaires (Khirchi, Dessouqi, etc.) ; le manuel du Chaféisme est le Minhaj et Thàlihin d'En Nawawi (m. 1278) avec ses commentaires, la Tohfa d'Ibn Hajar et la Nihàya d'er Ramli ; parmi les ouvrages courants dans le Hanéûsme, on peut citer le Jàmi* er roumouz d'el Khourasàni et le Kanz ed daqàiq d'en Nasafî.