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LES DOGMES DE L'ISLAM

tiques par lesquelles rhomme, pénétré à la fois des sentiments de sa faiblesse physique et de sa puissance intellectuelle, cherche à se concilie^ les forces dominantes de la nature ; la croyance populaire les conserve dans les religions organisées qui ont symbolisé ces forcesen une entité u^iique que sa grandeur métaphysique place très loin et très haut au-dessus de ses adorateurs. Le Bouddhisme et le Christianisme, qui cependant ont rapproché de Fhomme la divinité protectrice, familière, concrétisée par l'image, n'ont pas mieux échappé que Tlslam iconoclaste au culte des saints et des reliques. Les sanctuaires des saints de rislam recouvrent d'anciens lieux saclrés : des sources, des arbres, des pierres, des sommets, qu'avaient déjà élus pour demeures des dieux païens, des saints, juifs et chrétiens.

Le développement du culte des saints a %ié soumis, logiquement, à des influences géographiques et économiques : le maître d'un sanctuaire, ,s'il a contribué à la fortune de la cité où il s'élève, a profité aussi de son importance dans la vie de la nation. Les événenaents politiques n'ont point été sans action à leur tour : le Maroc en fournit un exemple quand, après la prise de Grenade (1492), l'Espagne «catholique, jadis envahie, se fît, par un choc en retour, conquérante en Afrique. Il s'est alors levé de toutes les campagnes marocaines des hommes qui se sont prétendus capables, par un pouvoir surnaturel, de chasser l'infîdèle envahisseur : ils tenaient ce pouvoir, soit de leur parenté avec le Prophète {chérif, plur. chorfa), soit d'une influence divine spéciale, soit de leurs relations mystiques avec un saint déjà célèbre : on dira plus loin un mot de ces « marabouts ».

Quelle que soit son origine, le saint a pour attribut essentiel la Baraka, l'effluve sacrée. Par elle il apporte à ses adorateurs la prospérité; le bonheur,

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Le cuHe des sakits s-est trouvé en oontaet avec im mouLvemeat reliigieux,. dont. on a parié brièvemeat, le Soufisme-. Comme letS:<moîike$' chrétiens, lesi soufis mu* aulmans se soat réunist en. groupes* amtoior d'un fondateur de eongrégatioA et aouâ uote: règle particulière. Chacune das eonfrérieft muksulmuanfeis a sa méthode d'inibiâitioa, ses formules det prière', sa maisonmère et ses maisons seicoadairesy.qjui sont des centrer d'ôxereiees religieux et d'enseignement. MaÂSvdain&ce d^aiae spécial coimme en. tous les a»treô> l'Islam n'a pas distingué le clerc du l^â'qiie : de -môme (^u'um inftaoa: peut être ausM. un. marchand de burnous, le chueikh d'un groupe de soufi» peut être fsuhrtcant der chéchiasi. La confrérie musulman» a. donc développé trèts largement rorgi^isàii^Kii du tiecs-ordre que le catholicisme aadjointà aes eongrégations : elle est devenue une véritable Stociété secrète de ûdèles restés dans le moodiC et pouvant rép<D(Sidre à un mot ' d'ordre politique et. religieux., Oni sait qu'en Afrique particulièrement les confréries religieuses^, les réumons de frères {Khouân) ont été étudiées et surveillées, et sur leur importance et leur action», des opinions contradictoires ont été soutenues avec une égale autorité administrative ;, suivant les uns, toute la politique musulmane repose sur la lutte ou lentente avec les toutes-puissantes confréries; mais il ne faudrait pas pousser bien loin leurs adversaires pour les décider à déclarer que leSt confréries n.'existent pas! D'autres, pour le bien de l'Afrique, ont eu plus de sang^froid que les premiers et plus de perspicacité que les seconds : ils ont vu en la. confrérie un organisme bien vivaat, si vivant qu'il naissait, se divisait et mourait aous leurs yeux^ une manifestation bien adaptée à

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Tesprit des Berbères et développée sans doute par la réaction contre la domination étrangère; ils ont cens* taté d'ailleurs que les musulmans n'hésitaient pas à entrer dans une confrérie européenne, la franc-maçonnerie. Les confréries musulmanes leur sont apparues comme des manifestations intéressantes de lopinion publique, qu*il était possible de guider et qu'il n'y avait aucune bonne raison de combattre. — Sans doute les circonstances politiques peuvent grandir leur rôle; depuis les conquêtes de Rabah jusqu'à la grande guerre, les Senoussia ont tenu une place importante dans les affaires sahariennes et leurs chefs ont réussi à créer un embryon d'Ëtat ; mais ce développement même les rend vulnérables.

Les mystiques, illuminés sincères ou mystificateurs, ne sont point tous affiliés aux confréries musulmanes ; le souffle divin se manifeste où il lui plaît, et il est visible chez les personnages les plus, divers, chez Tinspiré confiné dans les pratiques de l'ascétisme, comme chez le dégénéré, demi*fou, demi-simulateur, qui exploite par des tours de passe-passe la crédulité publique, jusqu'à l'insensé et à l'idiot dont un metteur en scène habile sait tourner les balbutiements en des oracles sublimes. C'est la forme vivante du culte des saints. A tous ces êtres si divers, l'usage a donné un nom qui convient bien mal à beaucoup d'entre eux, celui de marabout (mouràbit, vulg. mràbet) : il désigne en effet exactement les fidèles du ribàt, du couvent-forteresse des frontières musulmanes, que l'on peut comparer aux moines-soldats, aux Templiers par exemple, du christianisme : c'est en ce sens qu'il s'était justement appliqué aux Almoravides du Maroc {el Mouràbitin). — Les marabouts jouent un rôle important dans la vie sociale des musulmans : ils exercent autour d'eux une in- Huence magique et morale qu'ils doivent soit à leur

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valeur personn^elle ou. àirautorité de leurs aftcèlces» soit aux tares physiologique!?- qui le» ont condlûts à nUumiuiâme. Le marabout peut être ua isoild et ne laissa rien après luiy mais il peut aussi seraitacher à une confrérie ; il peut être Torigme (f un DonTeau culte, qu'un moqaddem entretiendra autour de son tonibeioi et qui peut-être servira ée centre à une coH" frérie^nouvelle.

G' est ainsi que voisinent et se mêlent ces institutions si diverses par leurs origines et leur nature, le culte des saints, le Soufisme et le Marab6ntisme, et qu'elles viennent prendre à la vie religieuse à9& musulmans une part si considérable, qu'il n*était pas possible de les pasi^er smi» silence dans un exposé, même très rapide, des* croyances fondamentales de rislanoL

La croyance au jugement dernier est un dogme de rislam, et la tradition fournit des détails abondante sur les événements qui suivent la mort de chacun des hommes et sur ceu% qui accompagneront la an de rimmanité. Le Coran avait été beaucoup plus sobre :''' la doctrine de Mohanuned- était mal ÔKée : il n- y avait point de traditions antéislamiques et il semble que, malgré les éclairs des premières parties de la révélation, le Prophète ait été incapable de se peindre' une apocalypse. Peu. à' peu le christianisme et le judaïsme haggadien, si pleins eux-mêmes d'hellénisme et d'indouisme, ont versé dans risLam le flot trouble de leur imagination : ces en^runts, suivant la coutume, y sont entrés sous le couvert de hadiths du Prophète.

D'abord s'est développé le drame du tombeau. — A peine s'est éteint le bruit des pas de ceux qni L^ont enfermé dans la tombe, que le mort est visité par deux anges terribles, Nàkir et Mounkar, qui Tinterrogent : « Quel est ton Seigneur? quelle est ta foi? quel est ton prophète? » S'il répond en récitant la

profession de foi musulmane, la chahàda^ qu'on a répétée autour de lui avant sa mort et qui doit avoir été le thème de ses dernières paroles, les anges le quittent doucement et ouvrent dans sa tombe une porte d*où il peut voir son siège dans le Paradis. S'il ne répond pas ou s'il répond mal, les anges le frappent avec des massues de fer, et dans la tombe une porte s'ouvre qui lui montre sa place en enfer. — Les morts restent dans leur tombeau jusqu'au jour du jugement, sauf les prophètes et les martyrs [chouhàda), qui aus* sitôt après leur mort ont accès Boit au paradis même, soit dans un lieu intermédiaire ('araf).

Le jour du jugement dernier sera annoncé par des événements terribles. D'abord toutes choses seront bouleversées dans la société humaine : la foi périra; la méchanceté, la violence, la guerre séviront sur la terre ; le gouvernement sera confié aux moins dignes, etc. Cependant apparaîtra, pour rétablir Tordre et la paix, leMahdi, le « Bien Dirigé « d'Allah, Fhéritier de toutes les doctrines messianiques de l'Orient. Déjà il s'esl montré maintes fois en terre musulmane et a disparu, . car ce n'était vraiment pas Celui que l'Islam attend.

Mais le faux Messie {el massih ed dajjàl)^ V « Antéchrist », surgira entre l'Iraq et la Syrie, borgne, affreux, portant au front les lettres qui signifient « infidélité » (A /* r), monté sur un âne et suivi par soixante-dix mille juifs d'Ispahan. — Aussi descendront de l'Asie centrale les peuples féroces de Gog et de Magog, qui, après avoir bu le lac de Tibériade, marcheront sur Jérusalem.

Heureusement Jésus Çlsa) ressuscité apparaîtra dans la mosquée de Damas, au moment de la prière de ' midi, dans l'angle voisin du minaret Est : Timam lui cédera sa place el il dirigera la prière. Puis il tuera le Dajjâl aux portes de Lydda et il obtiendra d'Allah la destruction des peuples de Gog et de Magog II se ma-

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