LES DOGMES DE L'ISLAM
riera> aura des enfants et restera quarante années sur la terre, où il fera régner la paix entre les hommes et les bêtes.
On est un peu perdu parmi ces événements dont l'annonce vient de sources différentes et dont la chronologie est incertaine ; on ne sait où placer la venue de la bête, la fumée opaque qui couvrira la terre pendant quarante jours, la destruction de la Ka'ba, le lever du soleil à TOccident.
Enfin range du jugement, Israfil, sonnera le premier coup de la trompette fatale [nafkh al faz') : tous les êtres périront et resteront pendant quarante ans dans un état intermédiaire (el barsakh). Mais une pluie fécondante préparera dans le sol le retour de la vie, jusqu'à ce que le second coup de la trompette {nafkh el ba'th) ressuscite tous les êtres. C'est la réunion solennelle [nachr^ yaoum el qiyàma). Réunis dans une immense plaine qu'Allah a façonnée pour cette fin, peut-être à Jérusalem, les honimes (et sans doute aussi les bêtes), attendront Theure du jugement, tout nus, brûlés du soleil, couverts d'une sueur qui découlera des corps et formera de vastes étangs, debout dans Tanxieuse attente de la décision divine. Enfin les anges donneront à chacun le livre où sont écrites ses bonnes et ses mauvaises actions; les fidèles le tiendront dans la main droite, les infidèles dans Ja main gauche. Alors Tbomme comparaîtra devant Allah qui fera peser ses actes dans la balance {mizàn; Cor. âl, 48, qui dit mawàzin au plur.) après que sera dressé le compte définitif (hisàb). — Les fidèles auront le visage blanc ; ceux qui auront renié la foi auront la face noire (Cor. 3. d02). — C'est à ce moment qu'interviendra le Prophète, dont Allah acceptera Tintercession {chafd*a)y en faveur de la communauté musulmane.
Le jugement rendU; les hommes passent tous sur
6â LES IKEmitmORS MUSULSANES
le pont (c?râ^']^plus fin qu'un cheTeaetplus imnchaot (ju^an sabre. Le» boii& le traversent, avec la Titesse^ de réclair; les réprouvés tombent dans Tenfer.
Les bienheureux» après s'être désaltérés au bassin dn Prophète {haoudh)^. sont admis- dans le paradis {janna) que la tradition a divisé lui aussi en plusieucs parties, pour interpréter à. la letUre les expressioiis variées da Coran : Tune d'elles est le firdaous [parck^ disos). Le Coran, développé par la tradition, a décrit en détail le paradis et l'existence dont y jouiront les bienheureux. Dès le début de la prédication, il apparaît comme le lieu révépar des hommes qui ont véca^ dans un pays dei^éché» de lexiskence âpre et sotfomaire du nomade; des jardins, répète le Coran (76. 12, Ifi. 30, 10. 9, 4. 60^ 2, 2^, etc.), où partout jailr lissent et coulent, des ruisseaux, ruisseaux d'eau délicieuse, ruisseaux de lait, ruisseaux de vin (Cor. 47,76), ruisseaux de miel (Ç. 47. 17), glissant sous Tombre épaisse des grands arbres (C. 4. 60) ; le livre saint nomme trois de ces cours d'eau, le Kaouthar et le& deux sources qni naissent sous le trône d'Allah, Zanjabil et Ssdsabil (C. 76. 78). La tradition a popularisé la splendeur de l'arbre (touba) qui projette au loin son ombre immense : c'est une légende extérieure qui s'est adaptée par un jeu de mots à Coran, 13. 3. Dans des tentes magnifiques, ces musulmans troa^ veront des couches somptueuses où ils resteront longuement accoudés (C. 76. 131. 18:. 30. etc.). Habillés d'étoffes précieuses, parés de bijoux rares, ils man*geront des viandes exquises, et des fruits délicieux (C. 52. 22.), que leur tendront les rameaux des palmiers et des vignes (C. 2i. 19). « Mangez et buvez à votre aise, en récompense de vos actions terrestres. » (C. 52» 19). — Ils boiront le vin inoffensif (C. 76. 20), que leur verseront de beaux esclaves, éternellement jeunes (76. 19, 52. 24). — Quant à leurs compa-
LES DOGMES DE L'iSLAM 63
gnes, la tradition a complaisamment développé les brèves indications du Coran : ce sont des épouses purifiées, c'est-à-dire, exemptes de toutes les misères du corps humain; puis les hour 'in, les houris, les femmes dont les yeux brillent de Téclat intense du blanc et du noir (G. 52. 20), et qui resteront pudiquement enfermées dans les tentes. Ceux des fidèles qui souhaiteront avoir des enfants, auront aussi cette joie, et c*est là une indication touchante de la tendresse des Arabes pour les petits, et aussi de l'orgueil de la paternité : leur éducation sera aussi facile et aussi rapide que leur naissance.
Ce séjour idéal du bédouin, avide d'ombre et d'eaux courantes et fraîches, de vêtements éclatants, de bijoux étinceiants, de parfums et de femmes, a hanté « l'imagination de l'Islam depuis douze siècles : il est à la taille de primitifs; c'est un paradis de sauvages : il y manque, et il faut le noter, les armes que, dans d'autres Walhallas, les guerriers font sonner sur les dalles. Il ne pouvait suffire à Télite de la société mu« sulmane : celle-ci n'a accepté qu'avec un sourire les réalités matérielles et monotones que leur promet la plus pure orthodoxie : ils espèrent que la félicité sera pour eux la contemplation de la face d'Allah.
L'Enfer, que le Coran désigne en général par le mot en nàry le feu, est composé, d'après les exégètes, de sept parties qui empruntent chacune leur nom à des mots imprécis du Coran. La région supérieure, Jahannam, la géhenne, est celle où les musulmans ayaut commis des fautes subiront un châtiment passager; les autres sont destinées aux Juifs, aux Chrétiens, aux Sabéens, aux Zoroastriens, aux idolâtres et enfin aux hypocrites, aux faux croyants que le Prophète avait à combattre à Médine. Les traditions n'ont pas développé largement les indications du Coran sur les supplices que souffriront les habitants
HA LES lN3TITUTieN& MCSnUUKES
d«:rEar«D :.Uft swanLbrùjIés d'ant soif qu'ils: cbercberout. ai éteindre ^ buvaat'des liquides empesléSr ftBpiueastîiux aoiUFOGs- iaXocnales- d«bituii>e [gaëran} ftt de poi>£ ea âiskin (Con. Hî. 17 et 55.. 54), leur ^au SB dâSBétiherii, laurS' eatiaiUes T&liromt, etc. — Les légNMlaB muBulmaoea sur l'safer sont sans origioallté et dérivent^ oorame.' Ua Légendes chrétiennes, da la baggada.juivfr. — On, viant dflj dire que les muâulnmns coupables n« resterBâentpas éternellemeat dans la gébeone, qsà par- conséquent c^ascfait un, iour d.'esister;.(LBa, théologiens pensent qu'il, en sera^ de même ponrl'enCer touli.entiêr.
CHAi^ITRE Y
Le Gultdb
Profession de foi. — Prière^ — Prière du vendredi. — Mosquée^
— Prières des jours d'éciipse et prières pour lapluift. — Le pèlerinage. — Lu Ka^ba. — Sacralisation. — Victimes. — interdictions* — Touraéesi — Arafa. — Mina-, — Sacrifice.
— DésacraiiisatioiL. •— Médiae» — Jérnsalenu.
La religio^' nïudiila^aae impose aux Mêlées on petit nombre d'obligations rilifeUesy que les juristes appel:l^Bt les « piliers delà; foi » {arkàîi ed din). Ces « piliers » soift : la récitatio'B! de' la professian de foi mu- SBlmaue {ehcnhâéw)^ la pvière' rituelle [çalàt)^ le jeûne {çowm)^ le pèlerittag©» (Aéyj), Taurmône légale (2aA;â<); quelques-uns j ajoutent la\ guerre sainte (jihàd).
Nonibreu^s sont les circonstanees de la vie où le musulman àiovi al&rmer sa foi en prononçant la for- Bemle : « J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et qu=e Mc^mmed est l'envoyé d' Allah I )) [Achhadou arma la ilaha illa llakou wa a/nna Mouhammadan vmoulou llahi). On a signalé un exemple à propos de la mort : on eH' indiquera d'autres. Par ces motSt
le musulman affirme sa croyance en Tunité divine et en la révélation du Coran.
La prière rituelle {çalàt^ plur. çalawàt) est Télément essentiel du culte musulman. C'est un ensemble de rites, gestes et paroles, tixés par la loi. Il faudrait donc lui conserver le mot arabe çalàt et réserver l'expression « prière » pour traduire Tarabè {dou'à} qui exprime linvocation personnelle et variable que Ton adresse à Dieu. On écrira ici Prière.
L'accomplissement de la Prière n'entraîne point la présence du fidèle à la mosquée, sauf le vendredi, à midi ; elle ne lui est recommandée que parce qu'elle diminue les chances d'invalidité.
La Prière est Tobligation principale du musulman, et pour exprimer qu'un homme n'est point musulman ou a cessé de Tètre, on dit qu'il est « néglecteur » de la Prière rituelle {iàrik eç çalàt),
Lq, Prière paraît avoir été empruntée par Mohammed au christianisme, et reproduire, en quelque sorte, le rythme de la messe et les attitudes de ceux qui y assistent. Mais, au début de la prédication, elle avait lieu deux fois par jour, au lever et au coucher du soleil, et l'insistance des prescriptions qui interdisent qu'elle ne coïacide exactement ni avec la montée de l'astre, ni avec sa disparition, semble indiquer qu'elle recouvrait un culte solaire non encore oublié.
Le nombre des Prières quotidiennes a été définitivement fixé à cinq : elles sont faites à des heures de la journée {waqt, plur. aouqàt), comprises entre deux moments que fixent des faits astronomiques. Le çoubh* a lieu le matin, entre le moment où le ciel is'éclaire définitivement (aurore vraie) et le lever du soleil relie est nulle pour tout acte accompli à partir de la montée de l'astre. — Le « temps » du zhohr est encadré par le moment où lombre minima d'un homme debout commence à croître (aussitôt après
midi) et celui où l'ombre projetée par un homme est égale à la taille de cet homme ajoutée à son ombre minima; en fait, elle a lieu aussitôt après midi. -— Uaçr est dite entre ce moment et celui où le soleil se couche^ pratiquement vers trois ou cinq heures du soir, suivant les saisons et les habitudes. — Le maghreb se place entre le coucher du soleil et la disparition de la lumière jaune qui éclaire Thorizon. Aucune de ces deux dernières Prières ne peut empiéter sur le moment précis où le soleil se couche. — Le « temps » de la Hchà va de la fin du maghreb jusqu'au début de celui du çoubh\ c'est-à-dire qu'elle peut avoir lieu à une heure quelconque de la nuit : pratiquement c'est le soir, aux premiers instants de l'obscurité de la nuit. En accomplissant la Prière^ le fidèle s'approche d'Allah et par là sa personne prend un instant un caractère sacré : il doit se préparer à cet acte en se soumettant à des conditions particulières de pureté personnelle et extérieure. ^ On donnera plue loin quelques indications sur le lieu où la Prière peut être valablement faite. Personnellement, le âdèle doit se trouver en état de pureté légale [ihahâra) ; il doit être libéré de toute souillure [hadath] grande ou petite. Les rapports sexuels qui constituent essentiellement la grande souillure (janaba) ne peuvent être rachetés que par une ablution générale {ghousl); la petite souillure que Ton contracte par la satisfaction des besoins naturels, par le sommeil, par un simple contact avec une personne de l'autre sexe, etc., est lavée par une ablution de rite précis {woudhoû) qui est celle que les musulmans pratiquent couramment avant la prière, soit dans les annexes, soit dans la cour même de la mosquée. Avec de l'eau, légalement pure, le fidèle se lave le visage, puis les mains et les avant-bras jusqu'au coude; il se passe ensuite la main droite mouillée sur la tête; puis il se lave les pieds : tout cela
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dans cet ordre. — D'autre part, le fidèle ne doit point s'approcher d'Allah sous un vèteniient sali de saii;g, de déjections, :etc., et toute souillure, crachat, saignement de nez, etc., surTenue pendant la Prière^ Tannu.lerait.
En état de pureté légale, le fidèle peut répondre à rappel [azkàn) du muezzin {motmzzhin) qui, dans les villeB, crie du haut du minaret la formule qui invite à la prière et annonce que le moment en est rena z * Allah est grand (quatre fois) ; je témoigne qu'il n'y a point d'autre dieu qu'Allah (deux fois); je témoigne que Mohammed est l'enyoyé d'Allah (deux fois); venez à la çalàt (deux fois); venez au salut (deux fois); Allah est grand (deux fois); il n'y a point d'autre dieu qu'Allah. » — Hors des villes, le fidèle devra être son propre muezzin.
Si le fidèle ne peut pas se rendre à la mosquée, où il n'aurait qu'à se conformer à la disposition de l'édifiée et aux attitudes de Vinmm, il doit tout d'abord se créer à lui-même un sanctuaire, im imnplum. Il ee place debV^ut, le visage tourné Ters la Mekke, où la Ka'ba est /le «entre d'attraction, la qibla du monde musulman. An début de son séjour à Médine, le Prophète, par une imitation instinctive ou politique des Juifs, avait recommiandé de prier, le visage tourné vers Jérusalem : ayant changé de rpolitique, il adopta pour qièla la. maison d'Allah qui oexaupe le centre ^de la mosquée de la Cité Sainie : nne petite mosquée de Médine garde le isouvenir de cette brusque volte-face et s'appelle la mosquée des jdeux qvbla [jûmi'el qibîa-imn). La direction de la tpMa^ .qni derais les villes est précisée par l'orientatiion des mosquées, est Jxartont ailleurs déterminée par Iles •obsenvatâons et Tavis des « savants. »
Quand il s'est orienté^ le fidèle £'aBSure<|u'a«lDar de lui le sol n'est point .souillé et jqu'il peut y aoQomh
pKr TaM)lem0nt les rites de ht Prière : il limite son etocernte sacrée en ^diant en %ewe ûm^Lni lui sa lance, âisent les anciens textes, ^u sim^^iemeat en j plaçant tout objet bien visible : c'est ein deçà de ce point qu'il posera son front sur le sol dans la prosternation. Si xm être humain ou un ^animal passait dans reét espace consacré, durant -sa prière, eelte^d serait null«.
Debout, regardant Ters la Mekice, le fidèle Tépèle rappela k prière {iq&ma) et form-ule, intérieurement on à voix basse, son intention {niy^) d'accomplir, par exemple, la prière du çoubh ou du ehohr. Cette intention est nécessaire pour la validité de la Prière et il eàtboîn d'insïster sur rfmportance de cet élément de volonté consciente dans chacun des rites de Tîskm.
Elevant alors ses mains ouvertes à la hauteur des épaules, le fidèle prononce le iaA^Wr, la formule A^/a^aw akhar^ © Allah est grand », exactement^ Allah est plos grand » (que tout autre). Cette formule, qui «st employée en maintes circonstances, prend ici une importance particulière, car elle ouvre la période sacrée durant laquelle le fidèle se donne tout «ntier à l'accomplissement de la Prière et entre en rapport avec la divinité. Dès l<yrs, il cesse toute relation avec les affaires terrestres : une parole ou un g^ste étranger axtx rîtes annule la Prière] car ils rompent l'union du fidèle et d'Allah. Les juristes musulmans ont précisé rimportance de cette formule, ôt l'ont appelée takbirai el i'krœm, c'est-à-dire « réchation du takbir de sacr«t* lisatio>n. »
Toujours debout, la main gauche placée dans la main droite, le fidèle récite le premier chapitre en Coran, la Fàtiha, — 11 incline ensuite le haut du corps, en prononçaiît un nouveau iakhh\ de façon à poser la paume de ^ses mains sur 'ses genoux ; c'edt
r « inclinaison » {roukou*), après laquelle il se relève pour reprendre la position droite (l' tidâl). — Il prend alors la posture du plus grand abandon devant Allah, la « prosternation » {soujoud), qui est, si Ton peut dire, le point culminant de la prière et parait correspondre à Tattitude des chrétiens durant Télévation de la messe. Le fidèle pose sur le sol les genoux, puis les mains étendues, et entre elles touche du front la terre, à la base du nez. Il relève ensuite le buste tout en restant à genoux, les mains étendues sur les cuisses, dans une position « assise » (joulous ou qou^oud). Puis il fait une seconde prosternation qui, comme la première, est précédée et suivie d'un takbir.
Ces postures successives, depuis la récitation de la fàti/ia jusqu'à la fin de la seconde prosternation, constituent un ensemble appelé rak'a (plur. raka'àt)^ et chacune des prières quotidiennes comprend un nombre rituel de raka'ât. Les Prières du zhohr, de Vaçr et de Vichâ, dont les « moments » sont étendus, ont quatre rakd'àt; celle du çouhh et celle du maghreb, dont le temps est raccourci par Tobligation de ne pas coïncider avec le lever ou le coucher du soleil, ont la première deux et la seconde trois raka'àt, — Chaque groupe de deux raka'àt est clo&, conformément à la Sounna, par la récitation {tachahhoud) de la profession de foi musulmane (ehahàda).
Quand la dernière rak'a est terminée, le fidèle, après la seconde prosternation, reprend la position joulous : il prononce alors une ehahàda obligatoire, puis la formule de l'invocation en faveur du Prophète (çalla lllahou ala sayyidina Mouhammadin wa sallama). Ensuite, tournant la tête au-dessus de Tépaule droite, puis de Tépaule gauche, le fidèle prononce la formule du salut, la iaslima : c Ce salut soit sur vous, et la miséricorde d'Allah » [es salâmou alaïkoum wa rahmatou lllahi). Cette formule ferme la période sacrée (ihràm eç
'Çalâl) qu avait ouverte le iakbirat el ihràm^ et elle n reçu pour cette raison le nom de « salutatioD de la •désacralisatioQ » (tasiimat et takiil). Si le fidèle reste dans la ^mosqu^e pour aceomplir des dévotious 8upplémentaire&, il peut en interrompis la suite pour s'entrelenir avec ses voisins, donner des ordVes, etc. : il est désacralisé.
Les rites qui viennent d'être xUcrits sonit complétés pour les personnes pieuses par ia récitation dMnvo- <:ationset de versets du Coca», dont Je .nombre et .la variété dépendent de la cultere r^li gie use d^s fidèles, et du rite [mazhah] auquel il afxportknit. Mohammed a reoffînmanèé en. outre raoooniipiissement voliontaire de Pisières surérogatoirses (nà^la, :pluT..nav3àfiL)
La Prière est donc un acte religieux individuel que le ifidèle peut accomplir seul et en quelque lieu que ce soit. Mais il est .préférable de la faire en asseml>lée (jamà'aUin)^ e'est-à-dire sans la direction d'un miEsailman pieux et bien instruit des rites, derrière lequel les £dèles se rangent en lignes parallèles et dont ils imitent les gestes. Ce chef de la priera^ Vimàniy n'a, il faut le :précise!C, aucun caractère reli- ^gi£ux : il n'a reçu aucune initiation ;:ce. n'est pas un clerc. L'imam est un bomnae qui, dans la vie sociale, exeree une^ -profession quelconqite, pesutètre très humble, mais qni s'impose .à ses coreligionnaires par son seul reYiom de science et de piété. — 11 est aussi recomoiandé auifidèle ^de tenir jcette assemblée dans une mosqiiée, où .rinstallation matériielle >de cet édiflce^est disposée ide telle sorte que &oèent écartés les dangers principaux :die nullité de k jRrière. En outre, chaque mosquée a .un on plusieurs imams, qui sont désignés: parties .anlorités et qui offrent des ^aisanties officèelles de ciMn/péâenee. C'est enfin un devoir :général de la communauté iminsulmane d'assiurer, pair la j^résen-ee d^.un (certain mombre ile.ses imeuxbres, ia
célébration de chacune des prières quotidiennes dans la mosquée.
Une fois par semaine, le vendredi, à Theure du zhohvy les fidèles doivent assister à une cérémonie spéciale, la « Prière du vendredi » (çalàt el joumou'a)^ pendant laquelle on ferme les boutiques des souqs et la vie économique est suspendue. Il est recommandé de s'y préparer par une purification générale (rhousl) et de revêtir des habits fraîchement lavés : c'est une règle à laquelle se soumettent les musulmans de « bonne tenue », qui dans les villes envahissent les hammams le vendredi matin.
L'élément essentiel de cette cérémonie est un prêche (khotbà), prononcé par un imam spécial appelé imàm khaiib. Cette kfiotba se compose en réalité de deux parties {khotbat en rCat et khoibat el unzh) qui comprennent : la première^ une eulogie générale dont la formule est à peu près fixe, et la seconde, des exhortations pieuses où s'exerce Téloquence du khatib, quand il ne préfère point répéter Tune des allocutions modèles qui ont été recueillies dans des ouvrages spéciaux. La Prière du zhohr à quatre raka'at n'est point prononcée ce jour-là : du moins elle ne se compose que de 4eux raka'àt obligatoires qui suivent immédiatement la khotba; mais il est d'usage traditionnel que celle-ci soit elle-même précédée de deux autres raka'àt.
Dans la première khotba^ on invoque les bénédictions d'Allah en faveur du souverain régnant : c€t ancien usage réalisait un acte politique important, car c'était la manifestation publique par laquelle une population déclarait, non seulement reconnaître un personnage pour son souverain immédiat, mais encore accepter avec lui la suzeraineté d'un chef supérieur, d'un calife. Quand, en 1183, le voyageur espagnol Ibn Jobaïr assiste à la prière du vendredi dans
la mosquée de la Mekke, le khatib appelle les bénédictions d'Allah sur Témir de la Mekke, puis sur son puissant suzerain le sultan Saiadin, enfin, sur le calife abbasside auquel celui-ci a promis son hommage et son assistance. — Dans des circonstances politiques troublées, il faut écouter attentivement les titres que le khatib donne au souverain supérieur : le terme d'amir el mouminin, « prince des croyants », est le titre califien par exemple, et son emploi affirme chez le titulaire la prétention au califat. — Il importe encore plus de savoir quels sont les noms qui sont prononcés : actuellement les khatib de Tempire marocain ne mentionnent que le nom du Sultan hassani, Ghérif et Prince des croyants; en Algérie, on entend le nom des quatre premiers califes ; en Tunisie^ le nom du sultan de Constantinople est toujours prononcé par le khatib avant celui du Bey régnant. L'un des tournants de la politique du chérif actuel delaMekke, a roi du Hedjaz, « a été de supprimer dans la prière le nom du sultan de Constantinople qui y était prononcé après le sien ; le second pas a consisté à y prendre le titre de Prince des Croyants.
La cérémonie de la « Prière du vendredi » doit être célébrée en la présence d'au moins quarante fidèles ; elle n'est permise que dans les villes importantes, où la communauté musulmane est assez nombreuse pour en assurer la solennité. Seules les grandes cités peuvent avoir plusieurs mosquées à khotba, si la foule des fidèles est trop grande pour se réunir dans aucune d'elles. Les mosquées où l'on fait la prière du vendredi sont dites jàmi* fplur. jawàmV),
Les mosquées sont différentes d'étendue, de richesse et de style, mais elles sont construites sur un plan à peu près uniforme qu'il importe d'indiquer ici. — La partie essentielle, la salle de prière, se compose de travées parallèles formées, dans les pays occiden-
poirtantes.onè d«s a^mexes, la^trinaa à emit eoudraQ4e? eit iafitaliautionâ spéciales potjur raficocfipUssem&Qi de» a'bluiioas iriLuieLLds.
L».nL06quée eât dominée pair ua<e: tourr, le miaoï^ti [mmiàra,madana,çouma'a!j^ SttrDa.eifitée d'uaet gakcied'où le muezziQ) répandiSuur la oité les cinq^ appelb dHàB Prières quotid^ieaoeâ. Les grabELdfis mo&quéeâ ont plusieurs miaarets, qui sont en général, piajcés anK angle» de r édifice : leur forme et leus ornementaiié^n varient sui^xU ies> cégionS' et ieb temps.- Ceux dm Ma^reh ôacide&taJi sont surmontés de< lK>ule& doréesi qui. selon la tradition, furenit um moment en oc par. Ceux iiJQ\ rOrienb se termi^neott par des ^ures plu& coiikip(li(|uée8,. (piielqueâ-unes en « bonnet dé v<équa>^ — A la mosquée e&t Scouvent afiineibéerune saliot oib Ton toansporte; le» m^orts {baït al j,anàèz); ell&r est. accolée au mihrâi^.
Les mosquiées ft'étaienit ni entreteniiâs par TEtat ni desservies) par des foniQtioanaires publicsv. La^fonfdatibnt d'uAe mosquée pai? UO/ souverain ou» pac u<it riche partieuliec était en effet accompagnée de la <:oastiitutiOin de bien» de main-m>erte, en Ocieahwou' qouf^ au Maghreb; Àou&ou^^ prononcé Aadoitô, qu^i- as&u* raient les réparatiOiBïy et l entretien de réditice, aitoâi que le- salaire du personnel qui- y était attacbié: Geâ bieos de main-morte étajLit d'une façon générak dilapidé& par Leurs administraibeurs [iiàdhir)^àQ gsaadspersonnages soujcieux.de gagneo la faveur divine et un renom de; générosité constituaient de nouveaux wouqouf : sinon la mosq»uée tomèalt en ruinesv — Le nàdhir des mouqouf de la mosquée avait la haute main, sur Le matériel et sur le petit personnel : portiers, balayeur» lampiâtes, etc. Dans Les motsquées fc cathédrales » [jtQmàmi'% une dési^nalioa directe ou médiate du souvenaLn; aomimait Yimàm khatih et ausdà les imams* ordiaaireS'eLle& muezzins. Le> {prophète
hk culte. 7T
effet svBÔA été le ^veamrinvèùin ettet p^romier Moiià de la eomimimauté muisailmaiije, et ses saDOcesseucSy les califes^ 9rtment gardé^ iao eoutume^ de célébser Isa prièBe» ds Tesdredi éaae la graMvde mosquée de^ Médise. éeDaaùB£k»o\i de fiagdaxà. lis déléguaient, on Fa; dit d^jà, cefete^ foactâ0a.aiax gouvevoeups des proviiuces, qui wm mêmes en» chargeaient des* pesBeanalités notables^ cet exemple était suivi par les peti^Si soutbrainsy plus on moins indépendantsv ^^^ floaints desquels: S'hélait éiuietté Le pouvoir eaisfien. Les imams des petites moequiées étaient ehnDcsi», sur une déléga^ tion< générale et lointaine du sotijverain, pav les gouverneurs, le&caii^,. Iqs imams des grandes mt)squées, etc. — La coutume exige des miHeflzins une voix sonore et, s'il est possible, la cécité, si fTé^ipseate aux pays de) la poussière : on craint les regards jetés sur les terrasses, rendez- vous habituels des femmes.
La prière rituelle étant la oérémonië essentielle du coke rausulsnan;, c'est elle qui est eéléèrée pour impioier la pTOteetioa d'MIali cantce; un. fléau actuel on menaçant.
La éisparitic^a de lai Luise ou di> solcii; par les éclipses^eât GOQoarée paur la « PriÀis^ dei i'éciipse » (çalàL al khomauf ooou ak kousauf)^ sui va^n^t qu'il s^'àgit de la lune* our<iu soleiL);. eldes n« dsffèrenti de lai Prière du viQ^odiDedl que par- les tevmea de; lai kkotàa^
Partout la^ phiis* fi$caadanj)e estï nécessaire h la vie. de Ui naitiiire : elle^ ne Fest nidle part à un si>. haut degré que dans les pa^y&oài est nié; Ulslam et o4' E s'est imniédiatemeoti répaadii» Les « re^tione a- potjff la pluûe [çalàt al istisfêi)^ réglées par Tlslai», viennent don43, comime lies ièoigationâ chréiieniies, rempiaaer d'anciens: rlOes loea^ux;. Miais le cite mill»ulnttan) n'a points Gomune.' le cibe chArétien^ épotHsé les. fJovmes p^tiques des antûques usages: il consistie seulem^ot ^n «ne prière^ analognie; ài ceUe: dxt vendredi, mais
précédée de trois jours de pratiques pieuses et de jeûne ; une tablette de bois, où sont inscrits des versets coraniques de circonstance, est dressée aa sommet du minaret de la mosquée. A la fin de la khotba, les fidèles défont leurs vêtements, les retournent et les remettent sens dessus- dessous : c*est le seul vieux rite qui vienne faire corps avec les cérémonies officielles. Les rites essentiels aux yeux des populations, ce sont les pratiques de magie sympathique qui appellent Teau par Teau, comme Timmersion d'êtres vivants ou de pierres dans les cours d'eau, et ceux où interviennent des vaches, représentants terrestres des nuages chargés de pluie. Ils sont accomplis par les populations, hors de toute intervention proprement religieuse.
Le pèlerinage (hajj) est F institution la plus originale de la religion musulmane, la plus riche en conséquences politiques et économiques. Il doit ses origines aux plus vieilles coutumes du monde sémitique, et réunissant encore, en une grande assemblée annuelle, plus de soixante mille musulmans venus de toutes les parties de l'ancien monde^ il est le seul lien réel entre les diverses communautés musulmanes^ la seule occasion possible d'un mouvement panislamique. À ces deux titres, il mérite d'être étudié avec précision et avec quelques détails.
Le pèlerinage est trop vieux pour qu'il soit possible de rechercher son acte de naissance. Au vi® siècle de notre ère, le Hidjaz, bien placé par la nature à la. jonction des routes commerciales de l'âpre Arabie, possédait un groupe de lieux saints dont la célébrité semble avoir dépassé les limites étroites de l'Arabie centrale : c'était d'abord le petit temple de la Mekke»
la Ka'ba, puis des hauts lieux, Ârafa, Mozdalifa, Mina, etc., où s'accomplissaient des sacrifices, des « stations » en face des dieux, des courses rapides, des tournées, des jets de pierres. Autour de ces sanctuaires, des cérémonies se célébraient à des dates fixes, que réglait une année solaire incomplète. A Tépoque où une inquiétude religieuse agitait les esprits dans TArabie païenne du début du vii® siècle, il semble que les Mekkois avaient réussi à conserver à leur ville et au territoire environnant un caractère sacré qui servait leurs intérêts économiques.
Après sa rupture avec la Mekke, le Prophète pensait, on Ta indiqué plus haut, pouvoir constituer à Médine un nouveau sanctuaire pour une religion nouvelle, qui aurait conservé certains rites de TArabie antéislamique, tout en prouvant, par des gestes nouveaux, qu'elle renouvelait la foi d'Abraham. Les chapitres les plus anciens du Coran ignorent le hajj et n'acceptent que par nécessité le culte de la Ka'ba : ces opinions de Mohammed, au début de la prédication dans sa patrie, avaient dû s'accentuer encore après Thégire. Mais il sut bientôt comprendre que si politiquement il ne pouvait rien faire de solide sans l'adhésion des Coréichites de la Mekke, il ne fonderait point non plus de culte durable sans l'incorporation des rites Mekkois à la religion musulmane. Après la prise de la Mekke, il fit le hajj et la 'omra sous des formes que la tradition cherche à préciser, et le Ck)ran, dans les sourates médinoises, prescrivit l'accomplissement du hajj. Les coutumes anciennes conservées par les Coréichites, modifiées et assemblées par les docteurs de Médine, devinrent les règles du pèlerinage, tel qu'il est constitué depuis les premiers temps de Tlslam.
La 'omraj c'est-à-dire Taccomplissement des rites institués autour de la Ka'ba, persiste et forme un
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ensemble spécial de cérémoaies qui peuv^ent éfcoe eJotservées à 4oute époque de raaQée, sauf durant les deux n]i.(Mâ«lu ^jj, ^àou l qu*da et zhou Vhàjja. C'est un acte snéritoire, dont ies Mekkois et ies Arabes des régions Todsinee dwi >Hed|az^ mannvtinTent la cevèunie dans Ite mois de rdjah. Maisl«s cérémonies dont >l'enaemibèe Idirmede hajj^ qui sont icëléJoirées à wne date fixe de Tannée musulmane et ^(ne tout muBuimaii idoit AcoompHr une fiois an -moins durant sa \ae^ somt .un assemblage <de rites^ dont Tnnité >est tout/e artificielle et doot il est irnsp^ssiâple de .préciser Torifi^iBe. Le kaj§ combine les cérémon>he6 de la *omra ariUour «de la'Ka'ba a'vec celles qui s'accomplissaient asuitonr dessanctuauûresii^isins, Ârafa. MoExiâlifa, Miva.
•Une courte description des lieux saints permeitra de simplifier l-exposé des rites, que Ton énaméreiiTa ensuite en accompagnant le pèlerin depmris son»dépaa*t j^usiqu'à Bom retour dans sa famille.
Dans ,une région âpre, brûlée eu soieiL, une vallée descend entre des -montagnes rouges, sans arbres et sans herbes; quand surviennent les orages Tiolents> rappels des at>ciiians déluges, le fond du val oroaide, pendant quelques heures, des ,eaux furieuses qui ravinent et ravageoitim sol incapable de les absorber. Cependant Técorce a craqué de-ci de-là, ^et Pe«u sait y trouver sa vode et forimer des nappes souterraines, qui .assurent à la vallée quelques soiirees permanentes. Zecn Kern est la plus abondante et la plus prèciense, malgré sa composition chimique violente : c'est siiiAoor (d'elle, etaass sur ia route qui lé long de la mer iRouge ^ra de Ja Syrie «an Yémen, (pie 'S'est bâtie ia Mekke {Mekka\. La tradition mmsulmane, lyni a Tmdu rattacher toute l'JodsIotre neligieuse du Hidijaz au souvenir d'Abraham, a montré Agar atondonné avac Lsmaïl dans te désert, courant d'une icolline à Tau^treen appelant ià l^aide, ei IWge âafbried faisant
tE CUITE 8t
jcàHir ia «souroe anpfr^B ée Kenfan-t qn\ devait être Taecêtpe «des »hafbHaf»ts «ée rAjratWe centrale. C'est auprès <de Zei>n>zem qcHe, suivant les mêmes traditions, >Âbpaham vrrft «ensuite «conaftroire, avec Taide d'igmaël, •la «maison d^Ajllalh {baït Allah), la Ka'ba, afu point ^aftême que la volonté ^ivrne 'l^ui a assigné de toute ^feernité,«ur1'emplacement <yà Adam Tavait construite^ où 'ledéiuge Tavatt englatftie et ruinée.
'La Ka'foa, enclos carré, enceinte de pierre, recou« VOTt^,*e« u»n temps ancien, de ^branches de palmier, puis close d'une terrasse en pente, souffrit, survant la tradiliian islamique, de rirréligion des Coréicfhites qui y entassèrent les idoles, jnsquau jour où Mohammed iles^risaet rendit déserte la maison d'Allah invisible' et latatain. — C'est aujourd'hui un grand cube (-Aa'ba) 'Ae ^pierre #us%e, sans orientation nette, longue de douze mètres sun* 'dix et haute de six mètres. Une terrasse inclinée fait couler les eaux^e la pluie vers une gou^ttière en boi« recouverte de métal doré, le mizàb^ ^oi se déverse au-delà du côté nord-ouest de l'édi-fice. Ses quatre fafces sont entièrement recouvertes d'ttne étoffe de coton mÔlé de soie, de cou-leur verte, le «vêtement » (kiswcij, qui est fabriquée an Caire, aux frais dn kiiédivc, et envoyée chaque année processionDcHement, â Tépoque du pèlerinage, en même temps que le ma'hmai, palanquin symbolique qui semble représenter la majesté du souverain. Autc ^eax tiers de «a hautout, la kiswà est coupée d'une tege bande d'étoffe noire où ^ont 'brodés des verset-s du 'Coran relatifs à 'la Ka'ba-: c'est la « ceititurje » du temple '{fiizàniù). Le vôtemenit que la Ka'to quitte traque aanée n'est point perd<u^ les fôanou Chaïba, Veille famiBo *ooréiahite 'qui conserve la garde traditk>DDeille de la maiso^m d'Allah, en 4>ffren>t quelques beaux morceaux «à de 'grands personnages qu^ils j
doivent hoaorer ou remercier de leurs 'doDS,'Ct'foEt i
82 LES INSTIiariONS MUSULMANES
un actif commerce des autres fragments, qui sont vendus dans de petites boutiques autour de la mosquée.
A Tangle sud-est de la Ka'ba, la pierre noire (eZ hajar el aswad) est encastrée dans le mur à un mètre cinquante centimètres au-dessus du niveau actuel du sol : c'est un morceau de granit tendre, qui a été brisé, soit par les Carmates quand ils Font emporté à Lahsa, soit à la suite d'un accident local. Les morceaux en ont été réunis et Tensemble (quarante centimètres de diamètre) est entouré d'un encadrement en argent de dix centimètres.
Adroite de Tangle de la pierre noire, au commencement du côté de la Ka'ba, qui, dans la direction du nord, se termine à « Tangle deTIraq », s'ouvre la porte du temple, qui est élevée de deux mètres au-dessus du sol extérieur et à laquelle on accède par un escalier portatif en bois de quatre marches. La Ka'ba est ouverte aux fidèles à quelques dates fixes de Tannée, mais, en tout temps, les Banou Ghaïba en permettent volontiers l'accès aux personnes généreuses; les jours publics d'entrée à la Ka'ba sont, eux aussi, pour cette nombreuse famille, des jours bénis, car elle vend le droit de se mettre en prière à la place où pria le Prophète, de participer au lavage et balayage du temple, de recueillir Teau de Zemzem utilisée dans ce lavage, etc. Celle-ci s'écoule dans une sorte d*auge placée à droite de la porte et à l'extérieur du mur : c'est là qu'était placé jadis le maqàm Ibrahim.
On nomme ainsi une très ancienne pierre sacrée sur laquelle, selon la tradition musulmane, Abraham monta pour poser Jes assises supérieures de la Ka'ba, et aussi pour convoquer au hajj les générations futures ; la trace de ses pieds y subsiste encore. Le maqàm est aujourd'hui à quelque distance du mur de la Ka'ba, sous un pavillon de pierre et de métal : on va toucher et baiser l'extérieur du maqàm.
LE CULiTE '^
Entre rsogle iraqien et Tangue «syriien {errokn ecii cfiàmi), s-ét€Tid un* «orfee damnexe die ik fta'ba, fermée d'iun mur eo forme 4'iiém«cyole qui laisse passage ouvert devant les 4eux angles du temple. *G'est ie AijV, &h la tradition veut que soieat enterrés Agar, Ismaël et de nombreux propihètes, -et qu'aient ^té r>arquées tes lïrebis d'Agar : elle ajoute que lo hijr faisait partie jadis de la Kaba, et la t^erre en est considérée comçme^ussi sainte que celle de la maison œèroe d'Allah.
Sur la face que terminent l'angle syrien et l'angle yéménite, le quatrième angle de la Kal)a, et symétri- «quement à la pierre noire et à la porte du temple, la tradition conserve le souvenir d'une seconde pierre .sainte et la trace d'une seconde porte qui, ouverte lors de la reconstruction de la Ka'ba par Abd Ailali ben Zobéir, fut de nouveau bouchée par El Wajjaj.
iuB. Ka'ba est entourée d'une sorte dediaussée eHipsoïdale, recouverte de dalles de pierre (le maCàf)^ où les pèlerins accomplissent les tournées rituelles {fawàfj. Elle se trouve en eéntre-bas du sol de la Ka'ba et aussi de celui de la^aste cour de la mosquée, car c'est là que les torrents dévalant de la montagne -soB^^passés maintes fois en ravinant le sol.
A l'intérieur du mafàf et en face de l'angle de la pierre noire, s'élève le pavillon à coupole, la qoubba 4e Zemzem, qui abrite la large margelle du puits an fond duquel coule la source sainte. Aux grands jours du pèlerinage, c'est là que se rue la foule des •pèlerins, soucieuse de tirer eux-mêmes, à l'imitation d« Prophè^fee, l'eau sacrée, *que montent les seaux «u bout 'des oorties enfoncées profondément .dans les parois ée la margelle de pterre, qu'elles liment 'et creusait depuis des gfiècles. Heureux les pèlerins qui parvi ennemi à recueillir une 'quantité 'd'eau suffisante pour imbiber tous leurs vétemenits, pour s'en pénétrer
€6 LES INSTITITTIONS MUSULMANES
ppescriptions qai règlent :les cérétDonies do fpèle^
rinage. Elles expliquent que l'entrée du iberriboire
mekkois %oit striclement interdite aux 3iaD*imisalmatns.
Ht
'Les musiylmans doivent accomplir le ^lemnage de la Hfekke une fois an moiiDS da/ns leur Tfie ; mais laM 'meta oette oâ^ligation plusieurs coniditioBS. Le fidèle doit être adulte, bien portant, sain d'esprit, .assez riche pour subvenir aux frais dci voyage et à l'entretien de sa famille dorant son -absence ; les :rontes doivent être «'"Ères, -etc. Les femmes ne peuvent «ntreprendre le Aa^'j «[u'avec îraotorisation de leur mari et en être accompagnées; >doiki mariées, elles doivent être sous la garde d'un pr<^ectear sûr. Le mrusnlman.peut d'ailleurs charger un ailtre iidède de faire à sa pla^e un pèlerinage, qui Taudra poi^ur lui et inm pour son remplaçant ; celui ci, em fcoiLte circonstance, devra rappeler, en exécutant/les rites, qu'il a l'Intention tde les accomplir, non pour M-même, maiseniaveur d'un autre Si un fidèle meurt sans avoir:fait le hajj et qu'il l'ait négligé saoïs cause légale, il ipèse sur lui una faute qui sera placée dans la balance <au jour dujage<ment dernier; il est donc essentiel pour son bonheur éternel qu'après sa mort le hajj soit accompli en son nom par unTemplaçaDft; ri pourra prendre dans son Ijestaosent ^les dispositions nécessaires^poiU'r assurer ce remplacement, et s'il les a omises, Bes héntiens (agiront pieusement en réparant son .erreor.
Tout voyageur qui s'élogne tde son Jogis et s'iem ira «affronter les périls my&trérieux de ilaroate, se ^araatit centre eux par des rièes propitiatoires : leor imiport^nce 'est particulièrement ^ave pour le pèlenin. C'est le ipi«d droit -qisiil avance pour dépasster le^seuil de.âa demreupe ; il va faire à la mosquée une ^Prière de deux
raka'ài; ses amis le suivent de leurs bénédictions, et, durant tout le voyage, il rappelle en toute occasion Tacte sacré qu'il va s'efforcer d'accomplir. Mais c'est seulement aux frontières du sol sacré que commence vraiment son rôle de pèlerin.
Avant d'avoir atteint les limites du territoire sacré, il trouve en effet, sur Tune quelconque des pistes qui aboutissent à la Mekke, des stations [miqât^ plur. mawàqitij qui ont été fixées par la tradition post-prophétique : un hadith précise en effet le point où s'arrêtent le pèlerins de l'Iraq, province qui n'a été conquise à l'Islam qu'après la mort de Mohammed. Les noms actuels des mawaqit ne correspondent plus d'ailleurs à ceux des textes traditionnels. C'est là que le pèlerin doit accomplir les rites qui le sacra* lisent.
On a dit précédemment que les cérémonies de la Prière sont encadrées par des rites de sacralisation {i/irâm] et de désacfalisation [tahlil) ; sous une forme abstraite, le fidèle entre en relations avec la divinité. Dans le hajj ou la 'omra, c'est matériellement que le pèlerin s'approche de la « maispn d'Allah », de la Ka'ba : il se met réellement en présence de la divinité. Le rite de passage, la sacralisation, IHhràm, le changement de personnalité prend donc une forme plus •concrète que dans la prière, et la prononciation d'une formule ne suffit plus. Le pèlerin doit, ou plutôt devrait, car la règle a admis des accommodements, revêtir un costume sacré composé de vêtements archaïques : une bande d'étoffe autour des reins tom« bant au-dessus du genou, l'ùâr, et une autre sur les épaules, le rida ; aux pieds, des semelles de cuir retenues par des courroies de même matière (na'Z) : ce fut le costume classique d'Abraham, le «père de l'Islam» ; c'est encore celui de beaucoup d'habitants des confins méditerranéens et des déserts de l'Arabie.
^ LES INSTITRmONS MUSULMANES
Après «ne «courte prière de 'deux rakcCôA^ 4e pèleTÎT> 'CJupwiitt son intention (miyya) de faive ie ipèlerinage, 'et atlîpB sur lui l'irtlention divine par une formule.: ikubb^hiL, ya vabbi, ia'bheîha.nne F^om pourrait tcaduire ainsi : a Me voici à toi, ômon ldaîtrei'mé'Voicî'àt<»i, >» — Le pèlerin doit, ^ena exprimainft son intention, ^ré-^ 'Oîser»la forme qu'il va donner areix •cérénrooies ^11 se prépare à accomplir; c'est-à-dire déterminer s'il fera le hajj^ei Ha 'omra ou -les deux ensemble. Vifr&et -ocKusisire à faire ïx»n et Tatitre, mais à deux époques ^iiiOréreotes ^et ^tout à lait séparément; dans le '^rcu%^ .»prèsi]ies oéréflQonies de la 'emira. om 'accomplit oei-les «du hajj, sans aucune interraption entme les deux en- Bem^bles rituels; dans le tamù^tau\ on fait ti)iit d abord la 'omra, dont ou se désacr»Hse à la Mekke, et le* sept du mois de zou Thijja, on reprend à la Mekke, riftrâmipour le hajjj sans sortir du territoire sacré. Pratiquement le qiràn edt le pèlerinage des gen» très pieux qui arrivent à la Mekkepeude temps avant le 'début du 'bajj ; Vifràd celui des fidèles quiarri'vent à la dernière 'heure ; le i^ama^lou', celui du musulman •voyageur ou'coinmerçant qui fait la 'omra en arrivant •àla'Mekke, assez longtemps avant la date du hajj\
•Revêtu 'de ïihràm^ le pèlerin consacre à Allah la victime ^u'ïl conduit au sacrifice de Mina ; il (manifeste cette >oo»nsécration par un si^ne visible, qui est <une survivance de rAraibie^ntéislamÂque Le bédonin >moderne, comme celui du temps passé, comme beaunooup d'hommes dans tous les pays, marque les bètes de son troupeau 'd'un signe particulier, appelé wasm ; "Bes ancêtres apposaient des 'marques spéciales -smr 'fat pesm ou à Toreille des ^animaux exceptionnelB ifriTerts auK «divinités et Hbér-és (désormais du jong ded'ibemme C'est oe vieux rite 'que »iit'le pèlerin en i Pendant. la bosse du chameau qù'ili^a.'sam'iier là AâleAi et en entourant le cou d'^Foe victime ibovîne paor iiiii«
LE CULTE m
coîlienr if.aqlvd) composé de «deux Baodales reli-ées patr tmlioD de cuÎT-ou de fibres de palmier, «ca souvemir sansdoate du temps où il se présentait devant la maison d'Allah nu des pieds à la tête.
Désormais sacralisé, le pèlerin est frappé de divers tabous personnels qui sont la conséquence des oéré- Tuonies qu'il vient d'accomplir en prenant Yvhmm'^i qui sont tout à fait indépendantes des interdictions territOTiales de chasse, etc., dont on^parlé plus haut. '— Il doit s'abstenir de relations sexuelles et renoncer à tout ce qui est considéré 'conifmc en étant la préparation et l'occasion, par exemple aux parfums, aux ■froi'les odorantes, aux bijoux, «etc. Il ne doit couper ou arfacher aucu<n poil de son -corps ou cheveux de sa 'tète, ou un ongle de ses mains ou de ses pieds. Cette •seconde interdiction est une préparation au sacrifice de îa chevelure 'et des ongles représentatifs delà personne elfle-méme ; il »e serait pas absurde de penser que la première fut jadis un stage vers un aot^ solennel de relations sexuelles, de prostitutaorn 'Sacrée.
(Le<fî^ièle entre à la Mekke par une route que lui trace l'exemple du Propiiète. Dès son arrivée, il se Tend à la mosquée, où il fait les tourn ées d'arrivée {lawàf el qoudaum). Il entre ^à la mosquée par Bab «es 'Saiam, en posant d'abord le pied droit surie seuil. Il -se dirige, à travers la x^yvr, vers la Ka'ba et vers la pierre noire; siia^ule ne l'en empêche point, il Ja (baise, « ce qui lui (»svaser<i une volupté célesitie » ; sinon, ill la touchera de sa main droite on dm rbout de son -bâton, qu^il portera ensuite à ses lèvres; puis, xie gaucftie à droite, le fidèle 'toame sept fois autour de la 'Kalm, les trois premières avec une allure sautiUjin^tie •que la traéition, lois jonrspréoccupée d'effacer le souvenir des rîtes antéislamrques les plDS'évidcmits, a attribué assez sottement à une fansSa^onnaée ûm Prophèie. —
Aurdébut de chaque tournée le fidèle touche la pierre noire : il touche aussi, auprès de Tangle yéménite, le point où Ton a signalé déjà le souvenir o'une pierre ancienne. Peut-être aussi touchait-on jadis les angles de Tédiflce : la tradition veut que les angles iraqien et syrien soient négligés parce qu'ils n'étaient pas aux extrémités de la Kaba primitive qui s'étendait jusqu'au hijr. — Les sept tours achevés, le fidèle fait une Prière de deux rakà'àt derrière le maqàm Ibrahim,
Le pèlerin pourra faire compter ces tournées parmi les cérémonies de la 'omra ou du hajj qu'il se propose d'accomplir : car le rite du iawàfesi celui par lequel commence chacun de ces actes solennels. Ils comportent aussi le sa'y^ c'est-à-dire la course entre les deiix petits hauts lieux d'Eç Çafa et El Mçrwa, qui doit être accomplie immédiatement après le iaivâf. Le pèlerin sort de la mosquée par Bab eç Çafa, monte au premier sanctuaire, puis se rend au second, en suivant le mas' a qu'il parcourt, entre les deux, bornes voisines des angles de la mosquée, à une allure dégagée qui rappelle celle des trois premiers tours du tawàf et qui se rattache au même rite antéislamique. Le fidèle a fait ainsi Tun des sept trajets du sa*y : il revient sur ses pas et recommence sa course jusqu'au septième trajet qui aboutit à El Merwa. — Des versets du Coran et des formules pieuses, dont la citation déborderait le cadre de ce petit livre, sont répétées par les fidèles au cours du tawàf et du sa^y.
Quand il a terminé ces deux cérémonies, le pèlerin qui fait seulement la 'omra {mouHamir) ei celui qui accomplit la 'omra et le hajj en iamatVou\ se désacralise en se faisant raser la têtei II échappe dès lors à tous les tabous personnels que lui imposait l'iArâm et il peut se livrer, dans la Ville Sainte, à tous les plaisirs faciles qui y sont organisés à son intention. Il lui est recommandé de fréquenter assidûment la mosquée,
de contempler la maison d'Allah et de répéter les tournées surérogatoires autour de la Ka'ba, comme de visiter les lieux historiques qui rappellent les pre* miers temps de Flslam. r— Le pèlerin en qiràn reste à la M<'kke sans se désacraliser.
Le pèlerinage {hajj) commence le sept du mois de zhoul hijja^dx une khotba^MQ prononce dans la mosquée, du haut de la chaire accolée au mur de laKa'ba, le cadi hanéfite ou un personnage délégué par lui. Cette khotba^ qui suit immédiatement la çalàt ez zhohr, donne aux pèlerins des conseils et une sorte de programme des cérémonies auxquelles ils vont participer.
Le lendemain huit est appelé jour de Tâbreuvement [yaoum eiiarwiya]y parce que, dit-on, le pèlerin doit faire provision d'eau pour lui et pour sa monture. La foule des pèlerins, à pied, achevai, à chameau, cohue bariolée que dominent les palanquins et que précèdent les cortèges officiels des deux mahmal^ le syrien^ et Tégyptien, se rend à Arafa, distante de quatre heures de course à chameau, en passant par Mina, longue rue enfilant une vallée dé4iudée et stérile, et bordée de constructions qui ne sont utilisées qu'à Tépoque du hajj. ATimitalion du Prophète, le pèlerin fait à Mina la prière du zhohr et y passe encore les premières heures de la nuit du 9 ; mais il n'y a point là de temps obligatoire.
La cérémonie de la journée du 9 à Arafa est le point culminant du hajj et son moment essentiel : pour celui qui n'a pas fait le wouqouf de Arafa, le pèlerinage est nul. La pratique religieuse, soucieuse d'épargner ce malheur au pèlerin qu'ont pu retarder les empêchements imprévus de la route, a admis que le pèlerin qui serait présent à Arafa à un moment quelconque entre le coucher du soleil du 9 et l'aurore du 10, serait considéré fictivement comme ayant accom-
9à LES INSTITU1I0NS MUSULMANES
pli le wauq'ouf de Ârafa ; niais ce retard entralae y<»bligaAiôQ de saoriâeu une victime expiatoire*
Arafa, où sont célébrées les cérémdDies é\xmouqou(y de la « station » devant Allah, est isme petite plaioa entourée d'un côté par des coUincs en hémicycle, au oenti e desquelles, sur des amoncellements de rochers arides> se dres.-e le mont saciré, lejabal er rahma^. le a mont de la miséricorde ». Sous les califes abbaasides> on s'était préoccupé d amener de Teau potable dans cette encein e étouffant"^, où s'entassent parfois^ pendant unejou>née entière, sous un soleil torride,, soiiËante ou quatre-vingt mille iodividus avec des animaux, des tentes, des provisions, tous les besoina et Le déchet d'une huma&ité affaiblie déjà par ua long voyage et énervée par les émotions religieuses; mais riu curie administrative, qui est Tunje des lois db r Orient, a rapidement atteint des constructions qui semblent avoir été jadis excellentes, et les musulmans instruits sont les premieirs à protester contre une insouciance dont les conséquenjces menacent la santé publique.
G est dans Taprès^-midi du 9, après le déclin du soleil, que commence le wouqoufdeArAtai, la cérémonie essentielle du hajj Le i èlerin se (c tieot debout» [waqafa] devaat Allah Des formules pieuses sont réel* tées sous la direction dun imam qui prononce una khotba solennelle. Tune des quatre khotba rituelles du hajj, — Dès que le soleil est couché, se développe uae. cérémonie très intéressante, doat Torig^ne et la si^nrûcation sont inidécises. Les pèlerins se rendent dans une autre vallée^ appelée Mozdalifa et située entre Arafa et Mina, que domine une.hautt^ur appelée Qouzah, haut lieu vénéré de Kaatéislamisme, et où ils doivent passer la nuit du/ 10 et faire ua rapide wouqouf avant laurore de ce jour.. Mais, bien qae les théologiens cherchent à réagir contire cetba coutume, la
UE CHLTfi 9a
taflTche ecdbitttr Aimfiau et MtozdaLLfa,. au^ cout^her du soïml du 9; est ua«( fuite ép«rdtte>,. utt« flot c^ui d'écoulé {if'c^ dfia)y Qù chaquei annéa dese pèkffiaa trottveiijt la mort. —> Le* mouqouf de MiOadalifa est suivi, ctsmm» celîiide iiFafa, d'iiae « fuke »{ifàdha) qufr ramène.les pèlerios à Mûia au lever, du soleil G es4i là qu'ont lietL las decnièrea Gérémonies- eu. hajjè, le 10 de zàrau Vhij^a..
A^rrivés. aa pied de la pente ea«aiipèe ('aça^oi) q.ui <leâeend à Mina,, les pèlerins se tfou'vent, au com.-^ iUBneement de la poute q^ bovdentles coqs bpucti ans > <le la cité temporaire, devarat une istèle de pâjerre; pré"» cédée d'uee surte de bassia; c'est Idijawatat el'aqabaj où. les pèlerins jettent solennellement les sept petil^s pierres* qu'il» oa>t ramassées à> Mozdalifa, gestet qm ils a^conupagnient de la. prononeiation de la foirmule du iakbir : BismiÀlahi, Allahou akbnr! « Aui ut^m d'Allah r Allah esIL gra>ad !» — La siguifkation de> ae ? itev (|ul est observé, sous, des £(>irmes. diverses*, dans; tout rOrientsénoil tique eb ea Afrique du Nocdv 6^ qui ades^ analogues ailleurs encore, n'est pas asseia oeette poiur qu'oa puiss^m parler en q*fcelq.ue» Tignes. La tradi^ tion musulml^e, d'ailleurs,, ne s'embarcaâse^ poiivft d'explications complexes : Abraham, tenté en. cet endroi't par Sataa> s'est libéi'é de sa poursuite ea lui jetaot sept pierres, et Le rite aetoeL n'esrt a|ue l'imita^ tion du geste pieux de Tancêtve de rislâ(mt« La stèle s'appelle daas La* laagjua populai^re^ a le* grand Saitaa » {eak Chmtan el kaJm],
C'est alors que 1b pèlerin sacrifie la viatiaie qu'il a <5iMisacrée^ soit en prenant TiArâwi, soit au. cours da hajj. La tête de la victime est plaeée dams la dérection de la Ka ba i elle, est égorgée par soa propriétaire au par l'un d'eux,, si,, comoie cela se produit Iréquem."m«B)t„elle est comm/une à plusieurs pèlerins. Lachaiv est maugjée eu pa«ti» par eux, et le reste esè distribué au2i pautvres^ veausi de la Miekke dans c6Kbu6 ;. fuel-
ques morceaux séchés au soleil sont emportés par les pèlerius ; mais la plus grande partie du corps de ranimai est abandonnée sur le sol, à peine enterré, et de cet amas de charognes se dégage, malgré la sécheresse du climat, une terrible et dangereuse infection ; or, pendant quelques jours encore, il reste des habitants à Mina. — Il est probable qu'avant Tlslam, le sacrifice avait lieu en un point déterminé de la vallée ; la Sounna a réagi contre les anciens usages en déclarant qu'il était valable sur tout le territoire de Mina. De ce sacrifice, le 10 du mois de zhou Vhijja prend le nom de « jour de regorgement » {yaoum en nahW).
Bien que ce sacrifice ne soit point Télément le plus important du hajj et que le wouqouf de Arafa en soit aujourd'hui le fait capital, c'est le jour de Mina qui est commémoré dans tout le monde musulman.
Chaque chef de famille sacrifie le iO de zhou l'hijja dn animal, en général un mouton, qu'il égorge après avoir placé sa tête dans la direction de la Mekke et dont il distribue la chair aux pauvres. C'est la « fête des victimes, Hd el ad'ha^ ou des offrandes, 'id el qourhariy appelée au Maghreb la « grande fête » {eV id el kebir).
Après avoir accompli le sacri^e, le pèlerin se remet aux mains de l'un des innoml)rables barbiers, professionnels ou improvisés, qui peuplent Mina ce jour-là. Il se fait raser la tête et se coupe les ongles ; ces déchets de sa personne sont soigneusement enterrés. Dès lors, il est en partie désacralisé : il est dans le tahalloul eç çarhir ; mais il reste frappé du tabou sexuel et de ses conséquences : interdiction des parfums, etc. Et comme si cet effet essentiel de sacralisation avait un rapport inconnu avec la Ka'ba, il n'est effacé et le pèlerin n'est entièrement désacralisé, ne jouit du tahalloul el kabir^ qu'après avoir accompli à la maison d'Allah des tournées dites tawàf
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el ifàdhoK, dàam nommées pacce qu'eU^es sont accon^ plirâ après une « fuite: »<, uQ.e course raptde de Bfena^ ai la Mekke. Il doit les faire suivre d'un aa^y entre Eç Çafa et el Merwa^ sHL ne Ta point ax^GomplL aut^ début du kajj^ c!est-à*-diffe s'il a fait 'omroi et hajj,
La coutume moderne adrmet que le pèlerin a, dès^ iDrSv terminté" ks< cérémofoies du pèlerinagjB; {manàsikM h'cg'jyet qu'il peut, ou retourner chez [\Ài ou rester à la Ikîekke, où il a le choKbx de se dii^ertir, de se livrer à dé: pileuses pratiques on de s*adoAne« au comcDierce. Mais teUe n'est poiimb la règLe établie par TuiKuiimité des docteurs de FIslam. La loi veut que le pèleria revienne à Mina'et y passe trois jours>. les on^e, douze et treize dezhou Ihijju, que la.trad[ition appelJe- at/î/âm et hœckriq^ par- allnsioii, dit-^n,, aux morceaux de. la viande des victimes que les pèlerins font sécber aa soteil. Chaque jour^ ceux-ci doivent se rendre à jamrai d 'aq,aba et à deux autires stations analogues, situées* lune au centre, 1 ajubtre à ^extrémité de Mdna, el jamrat el wauslha, et el jamrai el oulaj.et ils jettent à chacune d'elles et chaque joui?^ sept piearres avec le même céré^ moa«aL que le premier jour.
Dés(H*mais, le pèlierin (aZÀàjy, avec désinence turque' hajjï), a accompli tooâ Les rites obligatoires : la coutume lui recommanda de faire à la Ka'ba des « touf n Bées, d'adieu », de boire et d'emporter de leau de 2emzem, etc. La masse des pèlerins s'écoule après quelques jours de séjour à la Mekke.
De& Européens onA assisté aux cérémonies du fuajj «t les oat décrites ;. on en a des relations mnsulm-anes, et il est facile de s'entsetenir avec des fidèles qui les MÉ accomplies; on peut donc se faire ume idée assez A«tte du souvenir qu'elles laissent dans leur esprit. — Dans la vie iréelle du pèlerinage, le mouqôuf de Arafa «oosecDa la place. prépondérante; q^ue lui assigne la \%k
musulmane; tous les témoins sont d*accord pour exprimer, sous une forme plus ou moins heureuse, Timpression profonde qu'a faite dans leur cœur et sur leurs sens Tentassement prodigieux de dizaines de milliers d'hommes (Caïd beA Chérif dil six cent mille!), Tâme tendue avec le regard vers le jabal er rahma, écoutant ou s'efforçant d'écouter avec une attention passionnée les paroles du khaVib qui tient la place occupée jadis par le Prophète et qui en est un instant Tincarnation vivante; foule se grisant elle-même de ses cris répétés : Labbéika ya Rabbij Labbéikat^ poussée au dernier point de l'exaspération nerveuse par la faim, la soif, la fatigue, Témotion, la splendeur de la lumière et la brûlure du soleil. ^ Certaines cérémonies de la Ka'ba, la prière de midi ou celle du soir dans la mosquée de la Mekke, semblent avoir laissé des impressions très vives, mais plus rapides et moins pures; il y a des bousculades brutales et laides autour de la Ka'ba, et puis Tambiance est un peu gâtée par les Mekkois. — Le trajet de Arafa à Mina, en ifàdha, est surtout le souvenir d'une bataille pour passer, d'un écrasement, d'un danger constant auquel les hommes conspirent avec la natures : les Bédouins sont toujours les pillards assassins de l'Antéislam. — A Mina, regorgement ne peut plaire qu'aux pèlerins qui n'ont point l'odorat sensible^ mais un goût prononcé pour le sang versé. Le jet des pierres s'accomplit dans une furieuse et dangereuse poussée.
A la Mekke, la grandeur de la vie religieuse est ternie par la population, dont la profession essentielle est l'exploitation des lieux saints.
Qu'on lise Burckhardt, Burton, Snouck, Batanouni ou Ben Chérif, ce qui domine leurs souvenirs, c'est l'âpreté des Mekkois, les sourires et les roueries qu ils prodiguent pour gagner en quelques jours leur subr
sistance de Tannée entière : guides du hajj [fawwàfin], loueurs de montures» loueurs de maisons et de chambres, vendeurs d'eau de Zemzem et de morceaux de la kiswà^ femmes faciles, barbiers, gardiens de maisons historiques, marchands de tout rang et de toutes choses ont vite fait de vider la sacoche des pèlerins. Il faudrait, d'ailleurs, une étrange ignorance du caractère des populations qui vivent de l'ombre des grands sanctuaires de rhumanité,pour reprocher aux Mekkois leurs mœurs mercantiles et pour y voir une faute propre de Tlslam!
Le pèlerin revient au logis avec Timmense joie d'avoir accompli le plus grand acte de sa religion, avec l'orgueil d'être hàjj parmi d'autres fidèles qui n'ont point droit à ce titre et d'en être, en quelque sorte, ennobli ; avec Tinstinct obscîir de la puissance de l'Islam qui réunit chaque année tant d'hommes de races étranges et de langues incompréhensibles; mais aussi, dans le fond de sa conscience, avec une désillusion complète du pays infernal, brûlant, aveuglant, sans eau, sans ombre, sans vie que Allah a choisi pour bdtir sa demeure, et surtout avec une rancune furieuse envers le Mekkois insinuant et rapace.
L'inobservance des rites du hajj a des conséquences diverses, suivant l'importance de chacun d'eux. On a dit déjà que le pèlerin qui n'a point assisté au wouqouf solennel de Àrafa ou qui^ suivant les solutions les plus favorables, n'a paru h Arafa ni dans la soirée du neuf, ni dans la nuit du dix avant l'aurore de ce jour, a « manqué » le hajj : il doit le recommencer. La rupture du tabou sexuel est aus3i une cause de nullité. En outre, dans ces deux cas, et pour toutes les autres violations des règles qui n'entraînent point la nullité du hajj, il y a lieu à expiation [kaffâra)^ soit sous forme de sacrifice d'une victime, soit sous celle d'aumônes en nature distribuées aux pauvres ou de jour-
né£S de jeune : on ne peut qu'lndkinjer id leprineipeB de ces expiaiions, sana ea expod^^Iea détails.
Le fidèïa a terminé le-pè}erifi«g& : it<a ^gpé-aiiixBÔS' d'Allah des mérites- dont il JuLsieratenti'Ooaiptaaaijoiue: du jugementi.Mais il o'a point aceofl&pli) la: visite dm liaa qui, souvent,. l'attire eiTémeirt le plu» profondesmenly celle du tombeau du. Prophète à Médina., h^an-ganisation des caravanes qui, après le kajj, gagxrest cette ville en trois, quatre et diisi jours^ est rui^ de& grosses préoccupations des Mekkoîs; les tribus voi^ sines y trouvent aussi leur compte.
ËQ entrant à Médine, le fidèle s-appr<oche> noM plii3 d'Allah, mais de son prophète : il n*a point à se sacra-: User : mais iLrhonore d'un respect: qui approche de Tadoration. La coutume a créé^ dès loagiemps, auloar* de Médine un territoire sacré, un horam^ pourlequiel elle a. répété les tabous qui^ autour de la maisoia. d'Allah, protègent le& ammaux,les: plantes et le. StoL lui-même.
La mosquée du Prophète es t. situées dans la partie la. plus ancienne de la ville : brûlée à plusieurs reprisASv ravagée par les inondations, déshonorée par les reshtaurations opérées parles architeotesturcs^ elle paarsât'. être, malgré le luxede ses ornements^ plus tri&teoient privée de grandeur et de beauté que la mosquée dëi^ la. Mekke elle-même Ce n'en est pas moins» avec nna: vanératioj3 pno fonde que le voyageunr se présente snurr le seuil,, traverse les travées principales: et péiiètrfi dans le «' jardiui » {er rhouda) quiiprécèdie, suiv^at. la tradition, le tombeau du Prophétie', et tout prèa de lui, oauxx d'Abou Rekr et d.Omar La maison d'Aa;ch«^ où. mourut! le Prophète et où i.L fui enterré,, aurait^ été. unjtout petit logis, voisin^de la mosquée primitive; c.t> la<mos^ée, grandissant d'àgeen<âge, seserait étendue: autour du. tombeaux sacrée débondant, sur lamaisoni d'Aïahat,SAur ceUe&^d'Abeu Bekr eti d'OfliBir^ etc.^ jivsf»
qu'à former le vaste édifice où peuvent aujourd'hui se presser des milliers de fidèles.
Dans la rhouda du Prophète, auprès du mihràb où Ton retrouve les tracies de sa chaire, le pilier où il s'adossait, mille souvenirs sacrés» le pèlerin fait une invocation {dou'à) que des dispositions spéciales Tempêchent de transformer en une Prière (çalài) qui serait une insulte à Allah. La disposition des lieux ne permet point de tourner autour du tombeau. Mais aucune précaution ne pouvait enrayer le développement du culte du Prophète, pas plus que celui du culte des saints. Le pèlerin qui n'a pas baisé le grillage de bois (chabbakh) qui entoure le tombeau du Prophète n'a point, dans la conscience des populations, fait un 'pèlerinage complet. Comme à la Mekke^ mille souvenirs pieux retiennent à Médine le visiteur : au cimetière, il visite les tombes des principaux personnages des premiers temps de Tlsiam : Aïcha, Fatima, Othman, etc.
Les pèlerins, dévots et curieux, complètent encore le hajjjpoT un voyage à Jérusalem, sanctifié par la présence de tant de prophètes, notamment par celle de Àïssa (Jésus) ; mais cette visite n'a aucun caractère obligatoire et elle ne jouit pas de la même popularité que celle de Médine. Le but principal est la mosquée d*Omar et le lieu qui recouvre la roche sainte, la çakhra.
Le retour du pèlerin dans son logis est marqué par des cérémonies analogues à celles du départ ; ses amis viennent le féliciter et profiter en quelque sorte des rayons d'effluve sacrée qu'il rapporte avec lui.
Le pèlerinage est la grande cérémonie de la vie musulmane; elle assemble, une fois par an, des représentants des divers groupements du monde musulman; il est donc, pour ainsi dire, rassemblée plénière et aussi la foire de l'Islam. Mais pour s'y rendre la route est souvent longue et dangereuse.
100 LES institutions:. MnSULMANES
Sans doirte, des sou&s, hahitaés- àila.vie deSidiemiÉis et à ses accidents, s'en allai éni.deisKeeniBnt.à la Mekba sôpaiément ou par petîJt'S) groupcsi. Mam la foule' dèB pèlerins, plus pressée eU plus craintive, StOTéunifr»! sait à. date une dans^ d£& centrea d!où lëscacavasaafi^ organisées officielleanesi et puDumues diarmes^ éa. vivres, de monturesr et d: aident, s'a-eh^maaient, sait» cesse grossissantes juaq^p'àlaiVille Sainte. La cai;>avaB« formée au Caire pour le transport de la kiswà de* la. Ka'ba, qu'accompagnait là* litige symboii^iue du Soi^f* verain, le mah'mal, servait de oeintcc dei ralltemant'. aux pèlerins africainSf qui avaient suivi Idâ^uns les pitHteaux maghrébins et les oasis sahariennes, lés autre», la grande voie dul^iger^ du Tchad* du/TibesU et desoasis égyptiennes : certains de ces derniers rejroignareat le* Nil à Khartoum et atteigDaiedït,medda,.Ie port de-la; Mekke, en traversait la mer Rouge. — Lacaravas^f deDamas, prolongea au vi? siècle jusqu'à GonstanH-^> nople et accompagnée depuis cette époque par Lai muk'mal du sultan, suivait une route traditionnalle à Test de la meir Rouge et à travers TÂrabie de Pétra.. Ces deux caravanes ont toujours été dirigées parun. personnage considérable^ appelé amir el hajj, qui. appartient en. général ai la famille dja souverain etea a reçu la délégation. — k Bagdad^ lesi pèlerins de r Asie centrale et de la Perse se joignaient ai ceux de. ricaq et; aussi à ceux de Tlnde venus par terne ; mais comme beaucûikp de ces derniers lè& miâsuimans dai rinsuUnde arrivaient par mer à Ad«ft oaid Djedda.
La navigation] à varpeurek les chemins de^ fer^ o«k,. depuis lai seconde moitié du xixf siècle; m;adi6é eoiioplètement le régime des transports» Le chem:ia,d6 feir de Damas à Médiae, qui aboutira; à La Mekke^a suf^ primé la caravane classique de Syrie. La caravane ; d'Egy^p4e continue à:conduire piar terre le mahmal dM. Kbédi^re; suais les pàlerins qui jadisl!aoeompagnaieiib