‹ Les institutions musulmanesChapitre 17 sur 27 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le Culte.

Le Jeûne. — Ramadfaan. — La rupture du jeûne. — L'aumône légale : sa répartition. — La guerre sainte ou Jihad.

L*Arabie antéislamique a laissé des exemples d^abstentioDS de certains aliments, soit comme conséquences de tabous religieux, soit par suite de vœux individuels ; mais elle a ignoré les jeûnes rituels, tels que les avaient institués le JudaïsmQ et le ch];istianisme. C'est au judaïsme que Mohammed emprunta le jeûne de 'Achourày qu'il prescrivit au début de son séjour à Médine, c'est-à-dire à Tépoque où il espérait l'adhésion des juifs, et qui imitait l'abstinence juive de Tichri, Quand Mohammed eut renoncé à l'appui des juifs médinois, le jeûne musuldian se transforma, soiis rinûuencedu quadragésime chrétien > en une abstinence d'un mois lunaire, le ramadhan, qui, dans Tancien calendrier arabe à corrections solaires, tombait en été^ mais qui

à Tépoque de rorganisation du jeûne avait déjà sensiblement rétrogradé vers l'hiver.

Depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, exactement en prenant pour limite le moment où Ton peut distinguer un fil blanc d'un fil noir, ou, suivant une autre interprétation, une ligne lumineuse à Thorizon sur Tensemble sombre du ciel, le fidèle est astreint à une abstinence complète de nourriture, boisson, tabac, parfums, etc., et à l'abstention de relati(»ns sexuelles. — Mais, durant la nuit, toutes ces interdictions tombent, et les fidèles, énervés par une longue privation, profitent le mieux possible des libertés reconquises 'Il est inutile d'insister-^-ur les résultats déprimants d'un tel régime, qu^nd il est imposé particulièrement à des hommes qui travaillent pendant le jour : tous les Européens qui ont été en relations suivies avec le monde musulman savent quelles >ont le5> conséquences phj^siques et mentales du jeûne de pamadh«in.

Le début du mois de ramadhan, comme celui de tout autre mois, est déterminé par l'apparition de la nouvelle lune : le commencement du Jeûne, et aussi sa fin, dépendent donc d'une observatk>n astronemique, que ne remplace aucuAe fiction établie .d'avance. L^tat de l'atmosphère, sans , parler d'un jetard astronomique qu'on pourrait prévoir, send parfois impossible ou difficile cette observation directe. On peut s'en remettre à l'affirmation de deux témoiàs dignes de foi; mais, dans la ville, >c'est l'autorité religieuse, en général le cadi, qui fixe Topinien : les circonstances locales {peuvent amènera ae sujet des conflits entre des personnalités également influentes. Le jeûne peut donc durer ^ingt^mit, mia^ neuf, ou au maximum trente jours.

Les moments où commence et cesse le jeûne sont, dans les villes, annoncés chaque matin et<ïkague soir

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yar Tapp^rition ià'mi drcq^eau fvert taa «âornimt des joainerets \dB6 mosqu-éeset :par tin coup <ide xta&oa.

.^Apirèsderfiigaal^ .&oir, il aBt d'usage de « roixqtre

ie jeûne » par \iin ii^asilé^er appelé fdth&ur, t&t de lartoifier la iBuit peartiue ^cnière collation dite <de «îraube »/^aAdur). lUn cpiear :spéoial (appelé mouvaqqit au mousahfdr anaonce, dans les ^illea, rheure extrême où ce repas est possible.

Le jeûne n'est obliga^toire que pour les adultes en

•pleine posseârsion de leaRS<|uali^és.phy&ique&etmentales. 'àqilybàlirh. En sont donc exemptés notan^n>ent

•les malades, les vieillards -impotents, les femmes eBceintesou Aourrices ; on en dispense,. pour d?autres

TakonS; les «voyageur. Mais ces vdiapenses ne sont point déÂnitives, et dès que les conditions maté-

irielies le lui /permettent, le Mêle doit accomplir le

jestoe pendant un imois quelconque ou faire une

.aumôiie «xpiatoke {fidya). — La YiolaUon volontaire du tabou sexael la >pour sanctijon (kaffàra) râffran-

-diissemenitiduii eselave, ou un Jeûne de Â&asi mois,

'i(Mi'lanaurrtiufe4e:S(iixante pauvres.

L'accomplissement du Jeûne est soumis, eomme toute autre obligation de Tlslam, à Tintention inù/^-a),

.Les mosquées -s^Qat. par tieulièrement fréquentées ^pendBntde mois de ramadhan. Le^soir, après la [prière

.de T'ieAâ, Lesfîdèles se réunissent en, groupes et, sous la direction d'un imam, font une prière d'au moins viagt rakalài^ dont chaque groupe dje 4:{uatre est

.gi^arépar une pause : d*où sonniom de çalàt et tarà^ wih. Elle est accompagnée die récitations du Coran et d'entretiens pi^ux qui. peuvent durer jusqu'il Taurore. Des auteurs, Ibn Jobair par exemple, ont décrit ces cérémonies, coupées de collations, que les fidèles vont prendre chez eux ou se font apporter à la mosquée.

La tcadttion veut que le jeûne ait été institué en samadhan, parce que c'est durant ce mois ^ue « des*

cendit » sur terre la révélation, tanzil (Cor. % 181), plus précisément dans la nuit du destin, laïlai al qadar (Cor. 97, 1-3], où, selon la croyance populaire, se fixent les destinées humaines pour toute Tannée qui suivra. La date de la nuit du destin n'est paç précisée : on honore donc par des Prières, des invocations, des récitations coraniques, les nuits des jours impairs, du 21 au 27 ram^dhan.

La « rupture » du jeûne, qui a lieu le premier du mois de chouvywaU est célébrée par une fête, 'id al fithr^ appelée au Maghreb la petite fête, eVid eç çerhir» Comme la « grande fête » du dix du zhou Ihijja. la fête de la rupture du jeûne comprend une Prière solennelle, dite çalài aVid^ composée de deux raka'àt avec de nombreux takbir, et de deux khotba.

C'est ce jour-là que doit être observée Tobligation de Taumône légale de la rupture du jeûne {zakàt al fithr), qu'il ne faut pas confondre avec la zakàt proprement dite^ dont on parlera dans le chapitre suivant Chaque chef de famille doit, pour chaque individu placé sous son autorité, donner aux pauvres un sa'a ou. quatre moudd de la nourriture habituelle du pays.

La fête est l'occasion de réjouissances domestiques, qui durent trois jours : on met des vêtements neufs; on s'aborde avec des félicitations et des embrassements.

Le jeûne de ramadhan est Tune des institutions les plus vivantes de l'Islam : les villes musulmanes Tobservent strictement et Topinion publique juge sévèrement les individus qui cherchent à y échapper en secret.

Pour les Arabes, comme pour les Juifs, les biens de ce monde sont un don du génie du mal et prépa-

nblBSsaafffoncfiSiilinBabLesideillaiitre y^.; TOKLlsiby

i£iyie77Qlontaâofiainxit:à âllah 'uneipaiftfdes'hians.qufil lui m, accordéB, /if uâl' « pumOe »i, fp&r .eëtabaïutoa poF- IîbI, useuix qaiiil -^conaerve. G'<e6t le ^eus cbeps imate zakât ^t paii^agasqui idésigoenten >«irabe Kaumôaieiiat parrticulièremefit 13aam6De légale, iasiituée parde fioran.^t organisée par 1« Prophète ^et. par ses^ucxseB- «eurs.

lAJzakàt .esttiiiiiimpôt rellgieux^qui esttpréiavéiBur les différences catégories de biens suivait, des vègtefi Xxrécises, et dont ie produit eetaffeoté à -éi^veBSies classes de dépenses. <.£lJe. porte survies produits ide ta terre, sur le bétail, sur les niétaux précieux (or.«l; argBBt) et sur les marchandises. Oes valeurs iHe sont impoeabl^es jqufe tsi elles dépassent -on certain 2 minimum appelé nuâh^ qui est dtiféreat pour chac&ne df'eiles L'impÀt «st payé en > nature. Surtoeiqui idépasse >le nisàb^Àe fidèle doit doniver, pojir ices p]?oiiaits -du sol (reéréaks et- fruits), ^un ^dixième de La récolte- annuelle, "et un* via^ème'seulemenls'ilineila obtenu qu'après des travaux 'eoûteux /dUm*igation. Pour de bétail, 'le nombre "et <la nature uies i>étes à Uvrerfi^rieat sui^vant le nomb^reiôt la ^natufe des animaux composant.le troupeau. Il impopte de nremaripier qne Tiiïipdt; frappe -se ukment eaux qui nnt passé une ^année enti^è^au pâturage sans être ntilisés -pour xpzelque trairailiqne ce soit: ilUmpèt ârappe euiefiSàt ISangmgntatioQ'.de oapital ^résuitantdu.oroît des tpoupeaisx imenaployés.

jLesjiKétauxiptécieux'et les mardiaudises ne sont frappés par Timpôt que si, pendant une lannée, <ils •fiOBtirestés ''anx jmains du même propriétarre ^ets'ils nJoi](t/pasf{i6Pvi dlnstrament d'échan^. < Cette sesktrciionten dispense donc toutes les .yaleurs)ifui ne^BOsit pas simplexneiit cthésaurisées, 'C'est-Jà-^dirB . la gvande

majorité des marchandises et des matières d'or et d'argent. Il faut d'ailleurs rappeler ici que, d'autre part, la loi musulmane interdit le prêt à intérêt, le loyer du capital argent. Mais en exemptant de la zakàt les valeurs qui ne sont pas restées pendant une année entière aux mains d'un même propriétaire, la loi ouvrait la porte à une fraude qui a été largement pratiquée : un juriste célèbre de Bagdad, à Tépoque abbassi<ie, le cadi Youssef, mort en 910, dès qu'arrivait la fin de Tannée, transférait la propriété de ses valeurs à son fils, qui les lui restituait avant la fin de la seconde année, et ainsi de suite : il évitait ainsi de payer jamais Idizakàt. Mais que n'a-ton point raconté descadis!

L'impôt était récolté en nature par un collecteur {'àmil] qui le fixait et le prélevait lui-même, ou par l'intermédiaire de ses agents, sur les produits de la terre, et qui, pour les autres valeurs, le recueillait en s'en remettant à la déclaration des contribuables. L'administration de la çadaqa avait donc à assurer, non seulement le prélèvement exact de l'impôt et, comme on va le voir, son emploi légal, mais encore à en réaliser le transport dans les dépôts où elle de- * vait veiller à leur conservation : des enclos officiels, qui avaient conservé le nom des enceintes réservées de l'ancien temps {hima), enfermaient les chameaux de la çadaqa que les particuliers venaient y acheter ; les grains s'amoncelaient dans les silos de lazakât. Quand se faisais la répartition entre les diverses catégories de bénéficiaires, celle-ci n'avait lieu en nature que pour une part : les autres valeurs avaient été converties en argent.

Cette répartition était faite entre les catégories suivantes : d'abord les pauvres et les nécessiteux (fouqarà et masàkin); puis les collecteurs de l'impôt Çoumalà} ; ensuite « ceux dont on voulait se concilier

les cœurs » {al mouallafou qouloubouhoum); catégorie qui a disparu, mais qui était importante au début de rislam, à Tépoque où Mohammed avait besoin d'un fonds spécial pour acheter les mauvaises volontés coréichites. Une quatrième caisse favorisait, par des subventions, les esclaves qui achetaient la liberté à leurs maîtres ; une cinquième payait les dettes contractées pour une cause pieuse. La sixième subvenait, en principe» à Tinstruction des volontaires de la guerre sainte et aux autres dépenses militaires de la lutte contre les infidèles ; elle acquittait enfin les dépenses qu'exigeait Tentretien de toute institution atile à la communauté musulmane, fondée « dans la Yoie d'Allah » (fi sabili llahi . Enfin un dernier fonds venait en aide aux voyageurs pauvres.

Un impôt unique, dont la septième partie seulement était réservée pour les dépenses de l'Etat, constitue un régime un peu archaïque, qui devait se transformer depuis Torigine de Tlsiam ; mais avec des noms divers et sous des formes variées, la zakàt a persisté : elle est Tun des piliers de l'islamisme et et elle ne pourrait disparaître que devant une laïcisation du droit musulman.

11 ne faut point confondre Taumône légale [zakàt] dont on vient d'indiquer rapidement les principes généraux avec Taumône que les musulmans doivent pratiquer à la rupture du jeûoe [zakàt el fitr) et dont on a parlé précédemment (p. lOèj.

La communauté musulmane a le devoir de combattre les infidèles, mais ce devoir n'incombe à tous les musulmans que s'il s'agit de défendre contre eux la terre d'Islam menacée d'invasion : hors de ce cas, la guerre sainte ijihàd) n'est une obligation que pour

^1£) LES INSTirUIIONS ! MUSULMANES

'Xieaic kfes . gttecxNfe«r6 idDat . laVpRéâeiuie aux. arotées &Êt méeessaire ipour Jftssunsr Jba wtclom. iëa mn imât, île j[iAâ(/;ne jcoKiBbibuteqiâB pourites.muaulmaDS uQ>de«Dir di]tdi.vii3lfiiel9€ioi&iBe!laiprièpe, le^jeùne, etc., naaie ane oitli^tion £Qlrto(stivfi''0a ée « :Siaiâsaûce » {ifarék ul kifàya). Dlaidnseipant, leseuinaites neciomptenti^eÂuttY en :géi»éNd; le \jihvd (parmi des ki pienras aogulaiTes <» delUsladOQ ^icrftâniâ(/ /^n.).

Bien :ipi^/ilrSoit 'fondé &ax des hadiths, > Le i^fiAôâ^, âorus osa fovme .dasrâfite, iie date ifue tde i'^dq^e «d^B conquêtes, c^esU^dine des premiers temps du eaUfat. Des ivecsats du Coran :Qt des liadiLhs authentiques relatif s à cette instibution. prévoient seuLemeni Tattaque après .une .période de défensive : cefi lexiBB datent d'une époque où le Prophète, après une 6«e&pagne de .propagande ;pacii]4{ue, a*était pas assez puissant pour imposer sa doctrine par La fc^oe Btioe rf^ courait à *1 -argument des iairm^ que -si Itinaoiion jdevenait trop neitemeat um /aveu de faiblesse, ih^ jihàd classique est donc une •création post-^opisé- .tique. ^

La.gu^erre samie est obligatoicC' GOua.ti« les {populations du dàr el harb (territoire de ^puerre) qai^avoisiae ammédiateaatsnt iQdœrel islûm. Les càefs de Tanmée muâulomne doivent s aasjxrer tout 4'ahQni ique ces peuples ont été instrxiits udes doctrines iite rislam et qu'ils les repoussent en connaissance de cause : dès lors, il faut les comlxattce. S'ils se soumettent sans se convertir et s'ils sont vaincus « pacifiquement » [çoultian]^ on leur accorderaun traité, qui respectera plus ou moins largement leurs personnes, leurs biens, leur religion, leurs coutumes^^en échange d'une .taoce (jûya, khamj)'éQnl on repsaclera dans jun autre 'chapitre. S'ils Tésistent et :fi'ils #oot écrasés « parioEce » {'anwtUam)^ iis^tombent avec leurs biens aux mains des vainqueurs ; les femmes et les enfants

deviennent esclaves; il est permis de tuer les hommes, si on ne peut ou ne veut les asservir. Des instructions sont données pour restreindre les destructions qui n'ont point d*intérèt militaire; il y a là un souci de conservation sociale, qui est à la fois généreux et habile et dont il faut noter Tapparition avec d'autant plus d'intérêt qu'il est en contradiction 'flagrante avec la coutume de tous les « primitifs » qui songent avant tout à « manger » Tennemi.

Les quatre cinquiènles du butin sont partagés entre les combattants, le cavalier ayant double part; le reste était, à Médine, attribué au Prophète, qui. continuant les traditions généreuses des chefs des tribus antéislamiques, le partageait entre les nçiembres de sa famille, puis entre les orphelins, les pauvres et les voyageurs. Plus tari(i, les légistes ont précisé la répartition de ce quint du butin, en attribuant une part à chacune des catégories qu'on vient d'énumérer et en en réservant une cinquième pour Timam, chef de la communauté musulmane.

Mourir dans le jihad doit être Tespoir suprême du musulman : le châhid (plur. chouhadà), cest-à-dire « celui qui témoigne » de sa foi (comp. grec mariuros, et fr. martyr), doit, suivant la tradition, goûter dès sa mort une part des joies du paradis, aux confins duquel il habite, sous la forme d*un oiseau, des arbres au feuillage touffu, chargés de fruits délicieux.

La guerre sainte persiste dans l'écl^ucation musulmane, comme une survivance de Tancieh empire des califes, sans la restauration duquel elle n'est qu'une expression vide. Dans leurs luttes contre les nonmusulmans, des groupes isolés du monde islamique peuvent évoquer le mot jihàd : les politiciens de nations européennes et « très chrétiennes » pour lesquelles tous les moyens sont permis «u service de la force, peuvent essayer de l'utiliser pour leurs fins de

112 LES JHSTITUTiONS 'MUSULMAXES

«onquéle^Jenuit garde.oH presligaasprès des masses. Maisâl n'-y-A plus d'eiQpire.iaasiili&aii,.pl<is de puis- .saot acalife, et rardear > du .prosélytisme a faibli, .eomme la cerlitude de la yictoire et du butio^ tandis que dfautiBs iotéréis prenaient leur .place. .Le fanatisme s'était atténué dès l'époque classique et> quand il se réFeillàit chez des sectaires, par exemple chez les Moutazi)ites ou chez les Àlmobades, eempa^nens d'iba Toumerty c'était surtout pour tourner ses ealèees ^contre lesûiusulmans hérétiques, c'est-è^ire <:ontre ceux qui .ne suivaient point leurs .doctrines réformatrices.

ciTAiprmE VII

I^Mseoi'ètè 'maBu>l2xi«ne

L'intiividu. — 'La lamîlle. — Muriage. — 'Vie 'canjugale. — JiasssonGe. — finfiaiuie, — Uicooncisimi. — Instructioa. — Esala^t^. — AfTsandûssemeat ^Ms>jA.

'On nie sauT&it ^tenter ici l-histoipe des groupes Bociauxqui ont eiïifbFdrssé risl^swn, et de leur dévéloppi^oa^nt. îOn a dit pfpécédiemflient qu'il Ti'«y a ^us de -« communauté musulmane » au sens politique et S9€ial du mot : il y a.aHJourd'lHii des sociét-és musulmanes, qui parlent des langues diverses, qui sont dafférentes par leur passé, par iloùT nature, par leurs mœnra, par leurs tendances, par leurs intérêts. Il faudrait idonc étudier las institutions soiciales d<e6 peuples mttsuhnanvs : et cîest oe qu'il est impxissible de résumer en quelques pages. On «ssai^ra seulement dîindiquer les faits sociaux qui isont communs auK peuples soumis à Tislam et de mesurer ainsi l'influence que l'Islam a exercée sur leur développement.

m LES INSTITUTIONS MUSULMANES

La famille est le groupement primordial et essentiel de la société musulmane. Le mariage fécond est une obligation religieuse, et le célibat une anomalie inacceptable : telle est nettement la doctrine du Prophète. La famille, telle qu'elle existait de son temps, gardait des traces d'une époque où la filiation maternelle jouait un rôle prépondérant; les difficultés de la vie groupaient alors, semble-t-il, plusieurs hommes, sans doute des frères, autour d'une même femme, dont ils protégeaient en commun les maternités. Parfois les mœurs ont maintenu la coutume qui fait rester les femmes dans leur famille et y amène leurs maris. D'autre part, l'ancien usage admettait le mariage à temps. Enfin on peut voir un reste de l'antique matriarcat dans l'autorité conservée au frère de la mère, au khàl. — Mais Mohammed a accepté un autre type familial, qui sans doute était le plus fréquent à son époque, celui de la familia romaine, où le père de famille a une autorité absolue sur les femmes et sur les descendants, même adultes, jusqu'au jour où ceux-ci quittent la tente paternelle et conquièrent leur indépendance. -^ L'union étroite des membres de la famille sous la domination de son chef a des conséquences juridiques qui rappellent les décisions de la loi romaine.

Dans les détails de la vie quotidienne, l'autorité du père de famille est partagée, dans une certaine mesure, par Tune des femmes, en général par la plus ancienne de celles qui ont donné des fils à leur mari. La polygamie et l'esclavage donnaient, et donnent encore en partie, à la famille musulmane une étendue et une importance économique particulière.

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