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LA SOCIÉTÉ MUSULMANE

(rhomme à la mule), Bou Âmâma (rhomme au turban) el Aswad (le noir), etc., — ou bien une épithète, nisba : eç Çabbagh (le teinturier), el Baghdadi (le Bagh()adien), el Madani (le Médinois), etc. — Les filles reçoivent les noms des femmes de la famille du Prophète, Khadidjà, Fatima^ Aïcha, Zaïnab, etc., soit sous leur forme origioelle^ soit en diminutif: ou bien des épithètes, des noms de fleurs, etc. : Mabrouka (bénie), Mahbouba (aimée), Charifa (noble), Mamia, Zina, etc. '

Le jeune enfant appartient entièrement aux femmes : quand elle peut, la mère le nourrit pendant deux ans. Dans toutes les classes de la société, il est lobjet d*une grande tendresse et de soins attentifs. Sa mère s'inquiète, avant toutes chdses, de le protéger contre le mauvais œil : c'est pour qu'il échappe au regard du djinn malfaisant, que bien des familles aisées le laissent d'ordinaire sale et mal vêtu. Une parole louangeuse qui vante imprudemment sa santé ou sa grâce constitue pour lui un danger grave, et dès qu'elle a été prononcée, il faut en conjurer l'effet par un geste ou une parole propitiatoire.

La circoncision [khitàn) est un rite très strictement observé dans tout le monde musulman, bien qu'elle ne soit point prescrite par le Coran. Elle est pratiquée soit le septième jour, soit le quarantième, soit dans la septième année, c'est-à-dire au début de la seconde période de la vie. Les cérémonies qui l'accompagnent varient d'un pays à l'autre. On peut noter qu'elles sont souvent semblables à des épisodes des cérémonies du mariage : ce sont, les uns et les autres, des « rites de passage ».

L'éducation de Tenfant varie avec les régions et les milieux : on n'indiquera ici que les traits principaux de l'instruction musulmane. — L'école (maktab, kouttâb, msid, etc.) a pour seul programme l'enseigne-

mentidu Copan, étud€ purement mécanique, àîaqaelle reaf»nt est soumis vers sa septième année. Sur une plandbeHe de bois {louha)^ revêtu© d'un enduH 'de craie, il s'efforce de Teproduire un passage du Coran qui lai a été donné pour modèle et qu*il apprend ensuite par cœur, sans que personne cherche à loi en faire comprendre le sens, ce qui d'ailleurs dépasseraitson jeune entendement : il en apprend en moins attentivement le rythme et rintonation. Quand le texte remplissant une tablette a été fixé dans la mémoire, on TefFace et on le remplace par un autre. <Ju»nd une partie du Coran, hizb ou jaz\ a été apprise par l'élève, sa famille donne une fête an maître et aux autres élèves; une cérémonie plus importante khaima) est célébrée, quand le jeune homme a appris te Coran tout entier et est ainsi devenu hafizh, — Les résultats de cet enseignement suranné varient selon Fouverture d'esprit du maître et son instruction générale : il peut en eifet, chemin faisant, enseigner à l'enfant de la grammaire arabe, des éléments d'arithmétique et d'histoire religieuse, etc. Mais la base essentielle reste Tétude machinale <du livre saint, qui persiste même dans les pays, comme TÉ^ypte, où l'enseignement a fait de rapides progrès.

Au-dessus, c'est l'enseignement de la mosquée, de la madrassa ou de la zàouia^ c'est-à-dire l'étude des a sciences arabes » Çilm, plur 'ouloum), le comunentaire du Coran {tafsir), \a tradition {hadith), la jurisprudence ifiqh), leurs sources {ouçoul ad din et auçoul al fiqh), la graminaire (nakou)^ la lexcographie (/owr/èa), la rhétorique (bayan), la littérature {aêtaë).

C'est la madrassa qui est l'étaiblissemeirt d'enseignement supérieur : au cours de 'rhistorre musulmane on voit souvent le souverain ou les grands perso>&nages fonder une madrassa {medressfeh, au maghrerb medersû), prévoir le n^oonbpe et la nature «âe ses ei^ndi»

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gnements, celui des professeurs et dés étudiants, et constituer des foodabions de livres ha'bous {wouqouf), pour Tentretien •perpétué! de leur création. Mais «omme ceux des mosquées, ces habrous ont élé dilapidés et les madrassa sont en ruines.

•Les madrassa sont construites sur «un même modèle, avec les variantes qu'ont introduites les diverses écoles de Tarchiteciture dite musulmane. C'est un rectwîgle de bâtiments qui entourent une cour, ayant au centre le bassin et le jet d'eau traditionnel ; sur les galeries ajourées qui entourent cette cour centrale, les chambres des étudiants ouvrent fenêtre et porte, les murs extérieurs de Tédifice n'étant, en général, percés que d'étroites ouvertures. Sur l'un des côtés du rectangle, d'ordinaire au milieu de Taile opposée à rentrée de l'édifice, s'élève, au rez- 'de-'Chaussée, une vaste salle, ornée de fines décorations de faïence et de stuc, avec un mihrab orienté; c'est 'la « chambre de prière », qui sert à la fois de mosquée et de salle de cours ; les professeurs, assis kurdes coussins ou sur un siège élevé {koursi), y enseignent, entourés de leur «cercle » [halqa) d'étudiants, accroupis sur ies nattes.

Bans les mosquées des professeurs isolés, qui sont ré'tribués soit sur les habous de la mosquée, soit par TE tat moderne, soît par les étudiants, donnent avec le méme^ apparefil, des enseignements qui varieirt suivant le\irs aptitudes Dans certaines grandes villes, Tune des mosquées a groupé, peu à peu, t?ous les enseignements des sciences musulmanes et s'est transtormée en nne véritable madrassa à laquelle on a donné, en Europe, le nom d'université : c'est à quoi, correspond la /ami' al Azhar au Caire «t la Qarawiyin à ^Fez,

L'^nseignerment de la "zàouîa et du couvent {khanjgfà) a vm 'Cai«actère spécialement mystique, puisqu'il est

donné à l'ombre du soufisme : c'est avant tout Tinitiation à des riles secrets, à la tariqa, d'une secte ^oufie. Il comprend cependant Tétude mécanique du Coran, et parfois quelques éléments des sciences musulmanes.

Sous rinfluence européenne, renseignement musulman tend à se transformer et à adopter les méthodes occidentales : dans l'Inde, en Perse, en Syrie, en Egypte, en Turquie, au Maghreb. Mais les réformes ont eu souvent pour seule conséquence de remplacer l'élude d*un manuel ancien par celle d'un manuel récent.

L'enseignement féminin a été très négligé par l'Islam, et les femmes qui savent du Coran, qui lisent et écrivent y sont rares.

Cependant, dans les familles des grands personnages, les femmes ont toujours acquis une certaine culture de l'esprit qui, de nos jours, en Egypte et en Turquie, a pris une forme toute européenne. A l'époque classique — celle des califes de Bagdad — les femmes cultivées sont, comme dans la Grèce ancienne^ des esclaves ou des affranchies qui non .seulement savent chanter, danser et jouer des instruments de musique, mais ont souvent reçu une éducation littéraire fort étendue. On en trouve maint exemple dans le Livre des Chansons [Kiiàb al Aghàni)^ et Tawaddôud la savante est un récit célèbre, des Mille et une Nuits.

L'allusion qui vient d'être faite aux esclaves, montre qu'il y a lieu de donnier quelques indications sur l'esclavage, qui a fourni des éléments importants à la vie familiale et sociale des musulmans.

L'Arabie an téislamique connaissait l'esclavage : on devenait esclave quand on ne payait point ses dettes; des gens vendaient leurs enfants en temps de disette; on achetait des nègres en Afrique. L'Islam a conservé

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Tesclayage, mais il a supprimé les deux premières causes qu'on yieat d'indiquer; les esclaves sont ou les enfants d'individus déjà captifs, ou des prisonniers de guerre qui ne se sont point convertis à l'Islam. Un musulman libre ne saurait devenir l'esclave d'un autre musulman.

L'esclavage a Joué un rôle important dans la vie sociale du monde musulman : tous les ouvrages de la littérature arabe classique mettent en scène des esclaves et des affrancbis : ils sent un élément essentiel de la vie sociale. Leur situation matérielle et morale n'est point l'abîme d'horreurs auquel les récits des souffrances des esclaves chrétiens en pays barbaresques ont accoutumé le lecteur européen : ceux-ci datent d'un temps où les « nécessités » de, la navigation et les usages d'une piraterie réciproque avaient conduit à Todieux régime des bagnes. Sans doute la traite des nègres destinés à peupler les marchés de rOrient et la fabrication des eunuques à l'usage des riches musulmans sont des faits contraires à toute civilisation. Mais le régime courant des esclaves en pays d'Islam n'a rien eu de particulièrement fâcheux ; et l'esclavage n'a été normalement odieux que durant quelques périodes de l'histoire romaine, et à Tépoque moderne, dans les colonies européennes, en terre chrétienne. L'esclavage est toujours vivant dans les pays musulmans où une autorité européenne ne s'exerce point d'une manière complète : le commerce des esclaves reste pratiqué, plus ou moins ouvertement, dans les villes musulmanes, à la Mekke par exemple.

Il est incontestable que c'est une institution dont les dernières traces doivent disparaître; mais il est utile de rappeler les effets qu'a produits ailleurs sa suppression brutale; d'autre part les sociétés américano-européennes ne réalisent point peut-être un idéal suffisant d'ordre et de justice pour qu'en pour-

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dmsBast resclauvs^ musulmaa, ellea^SKMeat suce» de se iBnir aiic le torrain du diroit..

Les règlea qui végiasenjt l'esclauvage ma&iilffîaatsoiit si voisimes de celles qiuavait adoptées te droit vomam'eD) la même miatièFe q/œ l'on peut souf^oacLer une inûuence tardive de ce dernier. L'esclave Çabd^ fém. àma) est la prospérité du.maître, qui agit par lui, et qui est responsable de ses a<stea. ëb é€haag3 de son travadlvl^ maître doit eu Teselave des me^esks suffisants d'exiâtenoe. L'esclave peut être veudu^ mï& en gage^. légué, etc. ;. mais on, ne doit, point séparâr de sa mière wn\ eafant au-dessous de sept ans. LIesclave remplit les fonctions domestiques,, est valet de ferme., Quvirier dlatelier, commis de marchaiid; les femmes, quand elles- sont jeunes, senties concubines du maître et espèrent une matârnité masculine qui leur assure, a<vec le nom de oumm oulad (mène de fils), u>ne situation stable dans la famille; leur présen^se accroît les intrigues- domestiques et les crimes, que dévelop^ peni déjà si largement la polygamie et les^con^pé.titions jalouses qu-elle fait naître.

L*affranchissement ('Uq) a toujfoucs été fréquent, sous la condition pnéaiahle que Tesdaive se soit converti à l'islam. Il peut être immédiatement réalisé par un acte où la volonté du maître s'exprime neLtement ; mais les effets de cette décision peuvent être retardés sous deux formes distinctes. Tout d'abord ils peuvent L'être jusqu'à la mort du maître : l'acte qui les promet (iadbir) ne change rien à la situation actuellj& de 1 esclave, et peut être révoqué par le maître, sa vie durant. Le second procédé est raifranchissement promis par le maître à l'eisclave qui s'engage à lui payer une indemnité dont les échéances sont fixées à des daXes précises : c'est la kiiàba. L'esclave moukàtab acquiert le droit de commercer pour son propce compte et d'acquérir Les ressources

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cgxi lut permettroni d'acquitter le prix de sa liberté. Le maître (mouJcàiib) perd la. faculté d'aliéner soa esclave, et. il est encouragé à Lui remet! re une partie de aa dette^, par les promesses de la vie future^ (Test d^ailleurs à aider les esclaves k se liibérer ainsi, que doiil] être, employée une part du produit delà zakâ. — L'affîrainciiissâment d'un esclave e&t un actie pieux toujours* méritoifie et parfois prescrit.

Les liens ne sont pas nempus par raffranchisBemeut entre: Fancien mialUre et rai£ra)n.chiy qui portent tous denxle Bi&m de mocouié. Le malitre conserve des droits de sueeession, de tu!telle,.etc.„sur son affranchi qui est en général i^é Socialement, Faâiranchi et la famille qu'il crée restent sous la dépendance de la famille du patiron

La vie du musulman, a été accompagnée, depuis sa naissance, de coutumes et de ritesr dont quelques^ uiis appartiennejit en propre à la religion musulmane, tandis q:ue les autres font partie du vieux fonds ma,gique de toutes les sociétés humaines. Ce sont les mêmes éléments qui vont se disputer ses derniers moments et le suivre dan& la tombe et même au dielà.

A rapproche de la mort, l'entourage du malade doit lui lottirner la tète dans la direction de la qibla (la Mekke) et l'inciter à prononcer la formuJe de la profession de foi musulmane : chahàda, qui Taidera à répondre à L'enquête des deux anges dans le tombeau. — Après la mort, a lieu l'ensevelissement selon des rites précis. Tout d'abord, le lavage du corps ou grande ablution {rkasl) est accompli par deux personnes du même sexe que le défunt et instruit dans les rites;, c'est le rhassàl (plur. rhassàlin ou rhassàla) qui fait ainsi une œuvre pie, dont il lui sera tenu compte au Jour du Jugement; les juristes considèrent donc le salaire donné au vtwAml comme un abus mo*derne {bida')^. — ûes>tampons> parfumés bouchent les

ouvertures du corps, qui, placé sur un escabeau spécial {na'cK)^ est enveloppé dans deux pièces d'étoffe (/:a/an) qui rappellent le costume archaïque du pèlerin, ou plus souvent dans une seulef pièce non cousue : certaines traditions rapportent que c'est en cet appareil que le mort comparaîtra devant Allah. On a dit déjà que des pèlerins emportaient leur futur linceul à la Mekke pour Timprégner de i*eau de Zemzem.

Jusqu'au moment de l'inhumation, qui a lieu dans la journée si le décès s'est produit le matin, ou sinon le lendemain dans la matinée, les femmes de la famille font entendre des lamentations traditionnelles walwâl {wilwâl, conf. lat. hululare], durant lesquelles elles se frappent la poitrine et le visage, arrachent symboliquement leurs cheveux, griffent leurs joues, déchirent leurs vêtements. Les femmes du voisinage viennent prttndre part à Taccomplissement de ce rite, qui comprend Téloge du mort : celui-ci est célébré en phrases chantées, courtes et rythmées, prose rimée ou vers, qu'accompagnent des lamentations et des battements de tambourin. La femme, chargée de déclamer Téloge funèbre {nàdiba, naddàba)^ est souvent douée d'un réel talent poétique : comme pour le lavage du corps, l'accomplissement pieux du rite a tourné en profession. — Ces lamentations et Téloge du mort, dont l'Arabie antéislamique offre des modèles illustres dans les poèmes d'Ël Khansa, sont condamnés par des hadiths du Prophète, qui paraissent être authentiques.

Le corps est porté au cimetière sur le tréteau où il a été lavé, et simplement recouvert d'une étoffé; quatre hommes se relaient constamment pour le soutenir sur leurs épaules, car c'est un acte pieux dont ils seront récompensés dans l'autre vie. En tête du cortège, marcherit des personnages « lettrés » et pieux {fouqahà, tolbày ikhwân de confréries, etc.), qui

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diantent la pvofeBsioa; de> foi musulmane) et des'fraig^ nvents de poèmesceiigieux, ih' Bordai df Bll Boueini^ la Bnchiiyâs, etc.. Dan»: eertaisis pays, lee femmes foui pautie dw corkè^ev coDtrairemeot emx pnei»cri plions die'iaiSounnai» et continuent le&lamentatibns pitueiles»

Laimajcmté dés diooteups blâme rentrée du. cadavre dan6 rintérieur de la mo^qoée*; cependant lai coutume persiste dans de nombreuses régions>du monde'musul*laan Dans ce cas, c'estaamilieu de la saite de prière^ que sontaccompiisiles rites qui constituent la* ««puière des morts • » {^alàt cU janâza). PdA^tout où lemorUest ex<slu de la> mo^^quée; cette prière est d^ite soit aw cimetière, soi-t dan& une salle spéciale' atienant) à' la mbsquéev placée démène le miàràbel qu'on appelle baït ai: janàïszi

La tombe est une* niche coii8truit>e de façon* que le corps y repose suv le côté^ droit, la tébe dans^ladfreetio&de la Mekke et les pieds: à^ Topposé-: ce lahée^i précédé; danis le sens de la longueur ou de la lar- ^eur* par^ une s<N*t6 d afïticham'<bpe qui permet de pi^»»r Le nciovTt dans la posture exigéepar* la loi. La tombe est recouTcrte d un petit tertre. Celles des granxi?s personnages sont signalées pan des monument» : les plus importantes sont reoouipertes d^une sorte de chapelle routée en coupole, une qovèba; d'autres sont recouvertes d'un dallage de pierres ou de briques que dominent un ou plusieurs piliers de pierre surmontés, en Turquie notamment, d'un turban de pierre ; le dallage porte une inscription tracée sur une pierre posée à plat ou à deux rampants; ailleurs la tombe est limitée à la tête et aux pieds par une plaque de marbre, dont Tune porte l'inscription funéraire du mort et l'autre des versets du Coran.

Les cérémonies qui suivent l'inhumation varient suivant les régions; elles ont d'ailleurs le caractère de coutumes locales et extérieures à l'Islam. On y

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retrouve des usages bien connus chez d'autres peuples : le repas funèbre à diverses dates, les visites au cimetière avec des rites divers, des sacrifices d'animaux, des aumônes, etc. Il n'y a pas en général de costume de deuil : on trouve pourtant quelquefois Tusage de teindre en bleu certains vêtements ou des parties du corps ou de ne point changer d'habits pendant un certain temps.

Le cimetière est très fréquenté par les musulmans et particulièrement par les femmes. Si beaucoup d'entre eux sont placés dans des endroits arides, d'autres entourent une tombe de saint, qui est voisine d'une source ou d'un arbre sacré. Les agglomérations musulmanes ont donc souvent des cimetières ombragés de frondaisons sombres, où la lumière pénètre en traits éclatants qui éclairent la blancheur des tombes. Les femmes s'y rendent le vendredi et y tiennent cercle de conversation mondaine ; elles y amènent les enfants, et Ton peut y voir courir les notes gaies de leurs vêtements clairs, que répètent parfois au-dessus des arbres les cerfs-volants multicolores. — La mort est acceptée avec résignation : et les vivants qui, hors les rites essentiels, n'affectent point une douleur que dissout la joie de vivre, fréquentent sans trouble les morts auxquels ils ap<» portent un souvenir attendri.

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