‹ Les institutions musulmanesChapitre 23 sur 27 · LA I.ITTÉRATURE ET LES ARTS · texte numérisé non relu

LA I.ITTÉRATURE ET LES ARTS

Prophète, avaient donné à leur poésie une forme définitive et parfaite. La poésie arabe anté-islamique a conservé toute sa renommée ; elle est toujours lue et étudiée en Orient et en Occident, et les érudits ajoutent des gloses à celles de leurs prédécesseurs. Les traductions qui en ont été faites en langues européennes sont ou des infidèles qui ont perdu tout contact avec le texte, ou des instruments d'étude, fort utiles aux arabisants, mais qui font bâiller les lettrés. Les citadins arabes avouent aujourd'hui, quand ils sont sincères, qu'ils trouvent seulement un plaisir d'archaïsme et de vanité à lire les poésies des Bédouins du VI* siècle, dont ils n'ont plus exactement ni la langue ni les mœurs. La qaçida, avec ses clichés sur le campement abandonné, les angoisses de Tamour, les charmes de la maîtresse du poète, les mérites de sa chamelle ou de sa jument, la gloire de sa tribu, l'infamie de ses ennemis, est restée la forme classique de la composition poétique, après que la vie des cités conquises avait développé chez les anciens Bédouins des goûts nouveaux de luxe et de jouissances. La poésie arabe se dégageait par son propre eflFort des anciennes formules surannées quand elle s'est rencontrée avec la poésie persane : les deux tendances se sont mêlées pour former la poésie arabo-persane qui écrite soit en arabe, soit en persan, garde pour les Orientaux tout son charme, et qui a produit des œuvres que l'Occident moderne peut réellement comprendre et goûter.

L*ancienne poésie antéislamique, essentiellement païenne^ et condamnée par le Prophète lui-même, a eu l'étrange fortune de devenir une auxiliaire des études religieuses : pour préciser le sens d'un mot arabe dans un verset coranique ou dans un hadith, les commentateurs citent volontiers un vers ancieu comme « témoignage » {chàhid). Quant à la poésie

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Les ouvrages de géographie offreort un mélange de données précise» empruntées à la science grecque, de renseignements exacts fournis par les^ voyageurs^ et de contes récoltés sur ks rivages des mers orien«* taies ; on les a longtemps considérés avec une sorte de dédain attendri et souriaat; ils a^yportent eepeiidant les documents les plus précieux pour Tbistoire de TÂsie et de l'Afrique septentrionale et pour l'étude de la navigation et du commerce.

La littérature scientifique dos Arabes a eu sur le développement intellectuel de TOccident une influence considérable. Elle a transmis aux Ëcole&earo^ péennes une grande partie des travaux de la Grèce qui leur étaient alors directement inaceessibles. Dès la période oméyyade, les musulmans instruits se sont initiés à la pensée grecque, souvent par Tinteriaédiaire du syriaque : mais c'est surtout à Tépoque des premiers Abbassides, notamment sous El Mamoun, que l'étude et la traduction systématique de la Mtté* rature scientifique et philosophique de la Grèce se généralisèrent. Sans doute ce n'était pas toujours à ses sources les plus pures que Ton allait puiser; pourtant elles vivifièrent la soeiété perso*arabe qui, au x^ siècle, rassemblait à Bagdad les restes épars des civilisations de TOrient.

Mathématiques, astronomie, physique, alchimie, médecine et sciences naturelles furent, pendant trois ou quatre siècles, activement étudiées» dans les observatoires, les écoles et les laboratoires. Les progrès que les sciences y réalisèrent furent faibles; n^is ces centres de grande culture conservèrent et entretinrent des études qui étaient inconnues à TOccident, et le mouvement, se répandant en Espagne, gagna le midi de la France et Tltalie, et de là le reste de TEu* rope. 11 faut avouer d'ailleurs que dans le groupe des hommes, relativement fort nombreo^K., qjui s'adoimè^

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