LA LITTERATURE BT LES ARTS
reiit aux études scientifiques, rélément arabe e34 peu important ; ce sont surtout des Persans ^ beaucoup de jui£s, et aussi des « chrétiens », plus ou moins islamisés.
L'astronomie a conservé la terminologie arabopersane aux étoiles dont les observatoire» de TOrient dressèrent les premiers catalogues. La médecine a suivi, pendant j^lusieurs siècles» les théories et les méthodes que les Arabes avaient conservées et développées et elle a adoré deux demi-dieux que la légende a entourés d'un véritable roman, Aristote et Avicenne.
On a indiqué précédemment rinfluence de la Grèce sur le mouvement philosophique de la société arabopersane. En Europe, Tétude de la philosophie « arabe » n'est qu'ébauchée. On peut ici dire seulement qu'elle a composé Tune des plus vastes collections d'ouvrages où aient été étudiés tous les problèmes de la destinée humaine.
La littérature arabe, on Ta dit précédemment, a eu une surface de diffusion très étendue; mais pour mesurer son influence sociale, il faut se souvenir qu'elle s*est développée, comme les littératures occidentales de la même époque, dans des milieux où rio&truction était le privilège d'un nombre très restreint de personnes : la masse était illettrée* La littérature arabe a été, d'une façon générale;, écrite pour de petits cénacles ; elle a donc le pédantisme et l'affectation qui est la marque des œuvres destinées à un groupe d'initiés. Si Ton met à part la poésie qui est plus largement humaine, et la science, dont on vient de préciser la valeur, on peut dire que rien dans la littérature arabe n'a l'ampleur et la fermeté de pensée qui éclairent les gracdes ceuvrcs de i'antir quité classique et de l'Occident.
La vuigarisatioiii de l'imprimerie et les contacts
répétés avec l'Europe moderne, ont répandu dans le monde musulman actuel des pensées de modernisme et des intentions de réforme intellectuelle. Des musulmans s'instruisent dans les écoles européennes; mais sauf quelques esprits supérieurs dont l'influence sera peut-être décisive, ces étudiants y recueillent surtout les connaissances techniques qui s'imposent à réducation pratique d*une bonne partie de la société européenne, ou le verbiage encyclopédique qui est la culture essentielle d'autres milieux. Mais il ne semble pas qu'ils exportent aussi aisément les méthodes et les qualités longuement acquises de l'esprit En tout cas, les littératures modernes de TOrient sont un mélange un peu troublant de copies d œuvres classiques, d'imitations serviles de l'Europe et d'efforts nouveaux encore en ébauches.
Le caractère le plus net de la littérature des Arabes et des Turcs, c'est l'absence d'imagination créatrice. Chez le public français actuel, l'enthousiasme immodéré pour les produits de l'imagination orientale est une mode à laquelle il est sans doute dangereux de ne point se soumettre. La poésie arabe, où cette imagination devrait s'être complètement manifestée, est, dans ses productions originales, plus pauvre que toute autre en sentiments figurés, en images évocatrices de pensées. Sauf quelques sentences sur la mort, sans originalité et sans éclat, répétées après les échos de la Palestine, l'ancienne poésie arabe ne vaut que par la représentation de la vie extérieure, qu'elle exprime avec une ardeur brutale, qui a sa force et son originalité. Les poètes bédouins sont des visuels qui rendent par des mots des formes et des couleurs ; ils transposent, ils n'inventent point, et c'est en cela peut-être qu'ils rejoignent, au moins en principe, les procédés poétiques amaigris de l'Europe moderne. Sans doute la poésie arabe compte des œuvres où