Arch, de Toulouse, BB 1, fo 7; AA 45, n
5. Ibid., BB 1, fes 33, 35, 37 vo; 11 mars, 23 et 25 avr. 1376.
l'impôt est alors devenu un mal chronique. Le jugeant inévitable, elles tâchent de l’atténuer et, s’il se peut, d’en tirer profit. C’est seulement en conseil que leur volonté aura quelque poids, qu’elles pourront avec avantage choisir telle taxe ou taille, en discuter le chiffre, en régler la répartition, obtenir des satisfactions en échange. Elles commencent donc à s'attacher à leur assemblée comme au plus précieux privilège, à défaut duquel tous les autres seraient caducs. Elles soutiennent les usages et les maximes qui font de l'assemblée générale la condition nécessaire de l’établissement de l'impôt.
De son côté le duc d'Anjou, vers 1376, se met à la traiter en obstacle. À ce moment l’impôt est entré dans les mœurs, la perception organisée ; le duc s’est saisi peu à peu de la machine administrative que les communes avaient montée : pour puiser à volonté dans la bourse des contribuables, il n’a plus qu’à se passer de l’assemblée et de son consentement. Les Anglais vaincus ne conservent qu’un morceau de la Guyenne : chez eux va monter sur le trône un roi mineur, Richard II, qui plus tard fera sa paix, puis s’alliera avec Charles VI. Pendant près de quarante ans, la monarchie française aura peu à redouter de ses « anciens ennemis », En conséquence, le lieutenant général ne garde plus envers les communes les mêmes ménagements ; il ne veut plus être astreint à négocier avec l'assemblée, ni souffrir les pertes de temps, les restrictions, les conditions qu’elle lui impose. Entre eux s'ouvre une querelle qui va durer de 1376 à 1418 : longue période, au cours de laquelle les communautés ont pris pleine conscience de leur droit; elles ont pu d'autant mieux en apprécier les avantages, qu’à trois reprises elles ont cessé presque entièrement d’en jouir. à
Seconde période (1376-1418). — Les conseillers du duc d'Anjou lèvent des subsides que nulle assemblée n’a votés : peut-être ? francs et demi par feu en mars-avril 1876 1, 1 fr. par feu et par mois à partir d'octobre 1378 2. Ils consultent quelques-unes des communes principales, d'ordinaire isolément; les autres ne le sont point. Pas une n’ose résister, à commencer par Toulouse. Elles se contentent de réserver à l’occasion les droits de l’assemblée générale 3; mais ces droits sont