Arch. d'Albi, OC 154, fos
2. Arch. de Toulouse, BB 1, fo 47. Le duc demande 2800 fr. d’or par mois à Toulouse, « ad finem ut non opporteret amplius congregare pro predictis communitates in toto anno, ex eo quod plures expense fiebant in congregationibus faciendis.… et negocia guerre retardabantur. » La ville fait son octroi. (Zbid., AA 45, n° 96; cf. 98.) L'impôt est ensuite étendu aux autres (Arch. d’Albi, CC 83), et sans doute renouvelé en sept, 1379. os
3. Ainsi les capitouls (Arch. de Toulouse, AA 45, n° 96); ainsi quelques communés notables réunies à Toulouse, le 13 mars 1378 (Bibl. Nat, lat, 9176, fo 241):
violés. Les émeutes qui ont éclaté sur ces entrefaites étaient le fait du menu peuple opprimé, écrasé d'impôts 1. Quant aux notables, ils avaient plus de raisons de redouter que d’encourager les séditions populaires. Ils hésitaient depuis longtemps, partagés entre le mécontentement que leur inspirait le duc et la peur de ses vengeances ?. En 1380, la crainte du peuple aidant, le mécontentement l'emporte : ils s'adressent à Charles V (janvier-avril), et leur ambassade obtient, outre le rappel du lieutenant général, la reconnaissance implicite des franchises dont l’assemblée des communes avait été dépouillée 3.
‘ En effet, quelques mois après, en juin, elle se réunissait de nouveau. Puis le roi meurt; la minorité de Charles VI donne le pouvoir à ses oncles. Un moment le gouvernement se relâche. Le pays flotte incertain, comme livré à lui-même, entre les commissaires que Charles V avait envoyés, le comte Gaston de Foix que les communes éspéraient avoir pour capitaine général, enfin le duc de Berry désigné pour gouverneur, à leur grande irritation, qu’elles voudraient écarter, et qui n’est pas encore arrivé en Languedoc. Plus d’impositions ni de subsides : le roi vient de les abolir; mais on n'attend rien de bon du gouverneur qu’il a nommé. En avril et juin 4381, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Béziers, Nimes, les communes principales se rassemblent à Mazères autour du comte de Foix #. En septembre, tout espoir de succès étant perdu, elles forment une « union » nouvelle : on organisera une armée « commune » contre les Compagnies et les Anglais ; en cas de réquisition d’une aide toutes devront « communiquer et se consulter ensemble, afin que les trois sénéchaussées, d’un commun accord, fassent la réponse qu’elles croiront devoir faire 5. » C’était le point capital; mais il en pouvait résulter
Elles n’ont pas l’intention de porter préjudice aux privilèges des autres communes, € specialiter et expresse super congregatione trium senescalliarum, que in talibus et similibus adjutoriis faciendis consueverunt insimul et in uno loco convocari et congregari, et de trium consensu et concordia earumdem talem vel similem succursum facere. » — Les communautés employaient déjà cette formule en 1368. (Z7, L., t. X, pr. n° 548.)
1. Cf. plus haut, p. 169, et Ménard, t. III, pr. n° 7, 8. Emeute à Nimes.
2. Arch. de Toulouse, BB 1, fe: 37 vo, 38. En avr. 1376 les capitouls de Toulouse avaient projeté d'écrire au roi pour se plaindre et de lui envoyer une délégation ;. mais en juillet, s'étant ravisé, le conseil de ville décidait de ne rien faire « sine licencia domini ducis ».
3. Chronique d’Estoriac, dans le Bullet. de la Soc. archéol. de Béziers, 2e sér., k IV, p. 108, et n. 5. Curieuses lettres du roi, du 22 mars 1380. — Bibl. Nat., lat. 9176, fe 26; cah. du 25 avr. 1380, art. 4, 26, 27,
4. Appendices, n° 2, aux dates. — Elles y vont malgré les officiers royaux. : :5, Arch. de Narbonne, AA 176, 177, Texte de l'accord. Toutes ne le concluent
si
de lourdes charges pour les villes qui n'avaient pas soutenu le comte de Foix : celles-ci craignaient que l'union ne les obligeàt à porter leur part des condamnations que d'autres auraient encourues. Elles se gardèrent de donner leur adhésion ft.
Le projet n’a pas eu de suites. Les communes se trouvaient en trop fâcheuse position pour que leurs accords particuliers eussent beaucoup de valeur. Leur tentative de révolte à peine terminée, se déchaine, à l’occasion des premiers subsides, le mouvement des Tuchins, une sorte de jacquerie 2. Une répression s'ensuit, dans laquelle sont confondus à dessein les actes séditieux des villes et les crimes des Tuchins. L’année 1382 dans les Comptes de Toulouse figure sous la rubrique : Anno tribulationis. En 1383-1384, amende de 800,000 fr., payable en quatre ans, imposée à tout le pays, rétablissement des aides, etc.3,
Inaugurée par des châtiments, l'administration du duc de Berry a été très despotique. Ce n’est point qu’elle ait supprimé les assemblées : en huit ans (1381-1389) elle en réunit au moins quinze; mais en certains cas, où la convocation des communes semblerait être de rigueur ,.elle se passe d’y recourir. Le duc n'était pas seulement lieutenant en Languedoc; il dirigeait pour sa part les affaires du royaume. La situation qu’il occupait à Paris à la tête du grand Conseil n’a pas été sans influence sur le régime des impôts dans son propre gouvernement. Quelquefois il lève un fouage particulier au. pays, comme autrefois le duc d'Anjou ; mais plus souvent le fouage représente une quote-part, déterminée à Paris, de la taille que le Conseil a mise sur le royaume; le taux des francs par feu qu’il faut lever pour la parfaire est aussi fixé d'avance. Ce sont là des disposi-
pas, mais seulement &alique earumdem ». — Cf. Bibl. Nat., lat. 9176, fo 49; Arch. d'Albi, BB 16, fo 112.
1. Ainsi Albi. L'accord communiqué le 11 nov. 1381 aux consuls de cette ville « fazia mentio que totz los comus contribuisco en totz los dampnatges fagz o fazedors et emendas que per aquels se cnsegrian ». Il n’y a rien d’aussi net dans le texte précité, approuvé le 21 oct. par le conseil de ville-de Narbonne : peutêtre est-ce une induction que font les consuls; peut-être s'agit-il d’une disposition additionnelle, Quoi qu’il en soit, le conseil d’Albi la rejette absolument; au surplus, il veut que rien ne se fasse que ( de voler et de plazer del rey, nostre senhor, o de son loctenen ». (Zbid., f°s 115, 121.) La plupart de ces textes ont été publiés, par M. Cabié, Evénements relatifs à l’Albigeois pendant la querelle du comte de. Foix et du duc de Berry, 1879, in-40. — Cf. Baudouin, Commencements de la querelle du comte de Foix et du duc de Berry en 1380 et 1381, dans ïies Mémde l’Acad. des sciences, etc., de Toulouse, 7° sér., t. III, p. 360.
2. Après les États de Béziers, de janv.-avr. 1382. (Appendices, n° 2.) — RSA Les insurrections des Tuchins dans les pays de Languedoc vers 1382- 1384, dans, les Ann. du Midi, 1892, pp. 443 et suiv.