DOLÉANCES ET PRIVILÈGES
La puissance des États vient du droit de pétition et de remontrances qu’ils ont exercé en raison même des demandes que le roi leur adressait. Aux vassaux sommés par le suzerain de Jui donner aide et conseil il appartenait naturellement d'indiquer ce qu’ils jugeaient le plus utile à lui, à sa terre et au peuple de sa terre. En 1275 les prélats, les nobles et les communes de la sénéchaussée de Carcassonne, réunis et consultés par le sénéchal sur l’exportation dü blé, entourèrent leur avis de « conditions et protestations » qu’il ne voulut pas admettre !. Quand il s’est agi d’un impôt, ceux qui devaient le payer ont tenu davantage encore à ne l’accorder, ensemble ou séparément, que sous certaines conditions. À propos du subside de lost de Flandres, de 1304, les nobles, les communautés avaient rédigé des articles, qui furent par eux présentés aux commissaires royaux ; ces articles, peu nombreux, se rapportaient exclusivement à l’imposition et au paiement du subside. On voit ici nettement les doléances sortir de l'octroi : elles n’en sont, pour ainsi parler, que la formule détaillée?. Mais l’octroi donnait aussi aux vassaux une 0CCasion de rappeler leurs griefs, d’en solliciter le redressement et parfois de l’imposer; ils en ont profité pour faire reconnaître ou étendre leurs privilèges : ainsi les