Ibid., t. X, pr. n° 89, et note I, p
Dans le courant du xiv® siècle le mot de Languedoc acquiert un sens nouveau. Il désigne avec une netteté croissante une certaine unité administrative!. La ligne de démarcation tracée entre Languedoc et Languedoil devient beaucoup plus précise, car elle ne distingue plus tant deux langues, deux régions naturelles, que deux contrées gouvernées à part et tenant à part leurs États.
Il semble que les personnages appelés, au moins depuis 13242, « lieutenants en Languedoc » n’aient sous la main que les sept sénéchaussées. Mais le champ ouvert à leur action peut s'étendre au delà, en Guyenne, en Gascogne, en Saintonge. Lorsque les lettres royales leur donnent à gouverner ces contrées nommément « et toute la Languedoc », elles ne font qu’'indiquer de façon plus spéciale le terrain sur lequel ïls auront à porter la guerreÿ.
Au milieu du xiv® siècle, la Languedoil administrative s'est agrandie au détriment de la Languedoc. Elle s’est avancée jusqu'à la Dordogne, absorbant un bailliage du Quercy et presque tout le Périgordi. Depuis lors et pendant un siècle, la circonscription dans laquelle gouverneurs,
1. Zbid., t. X, note vi, Sur l’origine du nom de Languedoc, par dom Vaissete ett. XII, note xvI11, pp. 132, 318. Cette dernière note contient quelques inexactitudes.
2. Ord.,t. IV, p. 37. Charles de Valois, « locumtenens in partibus occitanis ).
3. Louvet, Traité en forme d’abrégé de l'histoire d'Aquitaine, Guyenne et Gascogne, 1659, in-4°, IIe partie, pp. 58, 61 (19 juillet 1337, 15 décembre 1338). — I. L., t. X, pr. n° 323, 351, etc. — M. Molinier se trompe certainement quand il soutient contre dom Vaissete (77. Z.,t. XII, note xvIIT, p. 318) que l’Agenaïis et le Bigorre ne dépendaient pas des lieutenants généraux de Languedoc. Ils y jouissaient de la même autorité que dans le reste de leur gouvernement : ainsi Charles de Valois dans l’Agenais, l’évêque de Beauvais en Bigorre (Magen et Tholin, Chartes, n° 154. — Davezac-Macaya, Zssais hist. sur le Bigorre, t. IT, p. 79), Pierre de Palu (ZZ. Z., t!X, pr. ne 337), le duc d'Anjou dans l’une et l’autre sénéchaussée. Plus tard, quand Bouvciquaut est nommé gouverneur, le 4 février 1418, les sénéchaux de Toulouse, Beaucaire, Carcassonne, Rouergue, Quercy, Bigorre et Agenais ont ordre de lui obéir. (Bibl. Nat., Languedoc, 88, f° 123.)
4. Dessales, Op. cit., t. II, pp. 250 et euiv. Le connétable Charles d’Espagne (1351-1352), le maréchal Claude de Chantilly (jusqu’en 1355) sont lieutenants du roi « dans le pays entre Loire et Dordogne ». — Of. Z7. L., t. IX, p. 677.
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