CHAPITRE IV
L'ADMINISTRATION PENDANT LA GUERRE DE CENT ANS (sue). LES FINANCES.
La sénéchaussée est restée longtemps l'unité financière. Au milieu du xiv* siècle ce sont les sénéchaux, les trésoriers des sénéchaussées, les receveurs ordinaires, bref les officiers du domaine, qui imposent les subsides et qui les perçoivent !. Ils ne suffisent pas à la tâche; ils sont flanqués ordinairement de commissaires spéciaux, assistés d’agents très nombreux qu’ils subdélèguent. Mais il n’y a pas encore pour les finances « extraordinaires » de service séparé; il n'existe pas non plus d'organisation financière groupant les sénéchaussées et correspondant au pays de Languedoc.
C’est en 1350 que l’un et l’autre ont apparu, d’ailleurs à l’état d’ébauches. Cette année-là et les suivantes, le prieur de Saint-Martin-des-Champs, sous le nom de réformateur, était principal conseiller et administrateur général des finances dans le pays, Nicolas Odde, receveur général des deniers royaux ?.
Pour confirmer ces résultats, il a fallu les désastres du règne de Jean le Bon. Les ressources extraordinaires prennent alors tant d'importance qu’il n’est plus possible de ne pas y préposer une administration distincte, tandis que la séparation croissante entre le Nord et le Midi, l’union qui se resserre entre les sénéchaussées exigent que cette administration s’étende à tout le pays et lui soit particulière.
1. A. L., t. X, pr. nos 411 (mai 1348), 442 (1854), etc. 2. Ibid., pr. n° 420. — Ord.;t; IV, p. 273. — Arch. de Toulouse, AA 36, n° 15.
Elle a eu deux sources, en raison des deux séries d’impôts extraordinaires que le pays a supportés : l’une est l’administration des subsides octroyés par les assemblées d’États, et l’autre celle des aides.