‹ Les Institutions Politiques et Administratives du Pays de LanguedocChapitre 18 sur 293 · Devals, ist. de Montauban, p. 117. Cf. pr. ne · texte numérisé non relu

Devals, ist. de Montauban, p. 117. Cf. pr. ne

s'appelait « seigneur », avait un bien, parfois assez grand pour qu’une « force » y fût construite, et des hommes auxquels 1l rendait la justice. Ils tenaient la terre aux conditions les plus diverses, même à charge d’acapte, d’albergue : la noblesse était une condition personnelle, dont le mode de tenure ne dépendait point. Il était rare que leur droit fût exclusif, leur juridiction entière. Chez eux le seigneur principal gardait la haute justice, outre des redevances ; il commettait aussi des exactions, et leur donnait l’habitude de se liguer ensemble contre lui !.

Mais on sait que dans beaucoup de seigneuries les seigneurs se comptaient par douzaines. Les liens vassaliques se compliquaient d’autant ; ils se croisaient de telle sorte qu’il n’y avait plus, pour ainsi dire, de vassaux ni de suzerains. Tous se trouvaient placés à peu près sur le même plan. A l’intérieur de la seigneurie comme au dehors, la hiérarchie des terres et des personnes nobles restait souvent peu marquée, incertaine, la subordination des unes aux autres étant d'autant plus faible que les coseigneurs étaient plus nombreux ?.

La petite noblesse résidait sur ses terres, mais aussi dans le castel. Tout vassal noble y tenait domicile. En 1338 on pouvait voir, à demi-ruinées, les maisons que jadis avaient habitées les chevaliers vassaux des vicomtes de Lautrec. Elles étaient situées en dehors de la « motte » où se dressaient les tours et le corps du logis seigneurial, mais dans la double enceinte du château. Celui-ci dès cette époque

1. Cout. de Caubiac (1191), de Montferran-Savès (1233) en Gascogne (Rev. de Gascogne, 1881, p. 423 ; 1882, p. 185). — Cout. citée de Lautrec, de 1256. — Cf. la cout. des chevaliers du Narbonnais, de 1232 (77. L.,t. VIII, pr. no 299), celles de Fezenzac, art. 3. 4, de Fézenzaguet, art. 2 (Monlezun, Op. cît., t. VI, pp. 1, 31), etc.

2. Une charte de 1211 énumère cinquante seigneurs agissant &« pro se et pro omnibus aliis dominis et militibus de Rabastenquis. »(Æ L.,t. VAE, pr. n°156.) Il y a de nombreux exemples de faits analogues.

était abandonné pour la ville étendue à la base du puy qui le portait !. D’autres subsistèrent, devinrent villes hautes et gardèrent leur population noble. Les chevaliers se groupaient aussi dans les châteaux attenant aux cités. En 1181 le Castelviel d'Albi en comptait vingt-deux, dont trois « seigneurs du Castelviel 2? ». Parmi ceux qui dépendaient d’un État ayant une cité pour capitale, beaucoup avaient maison dans la cité même ou dans le quartier que possédait leur suzerain 3. Bref, la classe noble ne vivait pas dispersée à la surface des seigneuries. On la trouvait en nombre auprès des bourgeois dans la plupart des centres habités.

Les bourgeois, burgenses, étaient les habitants des villes murées, par opposition au peuple des campagnes, et même à celui des faubourgs ouverts ou « barris » situés sous les murs, aux barriantih. Mais le mot avait une autre signification plus précise : il impliquait certaines conditions de fortune et de liberté, liées ensemble et nullement communes à tous ceux qui logeaient à l’intérieur des murs. Plus tard, lorsque ces libertés seront étendues à des gens de médiocre fortune, le sens indiqué se dédoublera. On appellera bourgeois Ceux qui participent, sous serment, aux obligations et privilèges de la ville, mais aussi, de façon restreinte, les hommes « qui vivent de leurs revenus, qui n’exercent aucun

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