GÉNÉRAUX DES AIDES ET GÉNÉRAUX DES FINANCES
A mesure qu’il accaparait les fonctions, le corps administratif, pour y mieux pourvoir, se compliquait, se divisait.
En septembre 1383, il y avait quatre généraux des aides, nombre qui paraît avoir fréquemment varié!. Peut-être ces fonctionnaires ont-ils été destitués en 1389, comme le duc de Berry ; quant aux fonctions, il est certain qu’elles ont été maintenues. Cette année même et les suivantes des généraux des aides coexistent avec les Conseils de gouvernement, y figurant, mais à part, gardant leur existence propre?. Depuis la fin de 1393 ils vaquent seuls à la gestion des deniers royaux #. Peut-être l’un d’eux en est-il chargé de façon plus particulière : tel devait être le rôle de Pierre de Chevreuse (1389-1393), de Raoul d’Auquetonville (1400), qui avaient la prééminence sur leurs collègues et qui portaient le titre de « gouverneurs généraux de toutes finances aux pays de Languedoc et duché de Guyenne # ». Mais dans ces contrées la gestion des finances n’a pas été séparée de
1. Ménard, t. III, pr. n° 13, p. 53 : Ce sont Ph. de Saint-Père, Raymond Costane, P. Aiïmeri et le châtelain d’Aiguesmortes, G. Malepue (8 oct. 1383). Plus tard, sont appelés généraux des aides, ou peuvent avoir eu ce titre l’évê-
que de Couserans, J. Aujard, Ph. Bone, le sieur de Milharès, qui figurent ensem-
ble ou séparément dans les registres des comptes d’Albi et de Toulouse, de 1386 à 1388.
2. Les gens du Conseil s’intitulent « réformateurs généraux », (envoyés sur le fait de toutes finances », « gouverneurs de Languedoc et de Guyenne ». De ceuxci il faut probablement distinguer les ( généraux des aides de la guerre en Languedoc », auxquels sont adressés des mandements des 17 janv. 1390, 14 mars 1392, 4 janv. 1393 (Arch. de Toulouse, AA 46, nos 93, 103; AA 36, n° 108), du 24 déc. 1389 (Rouquette, Op. cit, pr. n° 46), du 27 janv. 1392 (Arch. d'Albi, CC 91). L'un de ceux-ci, Jacques Raynaud, ( général conseiller sur le fait des aides », n’est nommé parmi les membres d'aucun des Conseils royaux de Languedoc. (Arch. de Toulouse, Comptes, 1391-1392; 11 nov., 26 déc. 1391.)
3. I, L.,t. X, pr. n° 743, col. 1838. — Cf. Ménard, Op. cit., t. III, pr. n° 27.
4 Ord., t. NII, p. 464, n. e. — Ménard, Op. cit., t. III, pr. n° 32, p. 152. — Arch. de Toulouse, AA 36, n°5 124, 129,
la juridiction avant l'ordonnance royale du 7 janvier 1401. L'une alors est attribuée aux « généraux des finances », l’autre à des conseillers de justice, suivant la pratique que l’on suivait en Languedoil depuis 1389 !. Redevenu lieutenant du roi, le duc de Berry trouve cette règle en vigueur et s’y conforme. Le 8 juillet 1401, il nomme trois « généraux conseillers et gouverneurs sur la justice du domaine et des aides », et, d’autre part, des « généraux conseillers sur le fait de toutes finances » dont Morinot, seigneur de Tourzel et d’Alègre, est le principal ?. Les deux institutions sont et restent assez distinctes pour se développer à part. Le duc n’a pas entretenu des généraux de la justice en permanence dans son gouvernement. Au gré des événements politiques, ou pour toute autre raison, il a formé des commissions successives entre lesquelles il laissait s’écouler plusieurs mois ou plusieurs années. La première, celle de 1401, a pris fin en février 14053, la seconde, de juillet 1405, en 1408 (?)#; la troisième dure de juillet 1409 à la fin de Pan 14115; la quatrième, nommée le 23 janvier 1414, se prolonge jusqu’en 1418, aussi longtemps que les aides6.