‹ Les Institutions Politiques et Administratives du Pays de LanguedocChapitre 187 sur 293 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La date de 1440 est assurément l’une des plus remarquables de lhistoire de Languedoc. Autour elle on peut grouper assez aisément des faits qui appartiennent à deux ordres différents, mais qui témoignent d’une même pensée, d’une même évolution politique.

On assiste aux débuts d’une centralisation administrative qui détruit lomnipotence des lieutenants généraux, et qui noue entre le gouvernement royal et la moitié méridionale du royaume des relations beaucoup plus étroites qu’elles n'avaient été depuis un siècle.

Dans le pays, sur place, l’autorité souveraine, au lieu de rester concentrée aux mains du gouverneur, se partage entre plusieurs institutions rivales. Cette division des pouvoirs est un fait nouveau, dont les conséquences, à certains égards facheuses, excitèrent longtemps les plaintes des États : « C’est, disent-ils en 1495, une chose monstrueuse à une monarchie et pays avoir trois'testes et souverainetés 1. » En effet il y a alors en Languedoc, outre le gouverneur ou

ù son lieutenant, un Parlement, une Cour des aides. Fran- * çois I® y mettra de plus une Chambre des comptes.

Deux de ces Cours souveraines, le Parlement et la

Chambre des comptes, sont issues directement, par sCissi-

1. Arch. de l'Hérault, Dol., t. I, p. 258 ; cah. de sept. 1495, art. 28. — C£, Z. L.,

t. cv p. 147, où ce cahier est mentionné sous la date fausse de nov. 1492.

378 bis L'ADMINISTRATION ROYALE.

parité, des Cours de même nom qui fonctionnaient à Paris, auprès du roi. La troisième a pour ancêtres les généraux des aides du duc de Berry; elle provient, en somme, du Conseil du gouverneur. Toutes les trois ont conservé la marque de leur origine. La plus prospère et la plus puissante a été le Parlement de Toulouse.

Page 1