Mém. de la Soc. de Carcassonne, t. I, pp
-5. Layettes, n° 62. — Cf, cout. citées de Prayssas, de Clermont-Dessus.
6. Zbid., nom d’un des bourgeois : Gaubert Faur, « senher de Bela Artiga ». — Devals, ist. de Montauban, p. 120. 2
lier ; mais ils l’obtenaient aisément, avec la qualité dont elle était l’insigne'. Les deux classes étaient souvent unies. Dans la plupart des chartes de coutumes elles figurent côte à côte. L’acte est fait pour elles, non pour les serfs. Il résulte de leur commun effort; car elles sont restées longtemps la seule force vive, l’unique élément de résistance que le seioneur rencontrât devant lui.
Les bourgeois n'étaient pas exempts de « servitudes » : cens, albergues, questes ou tailles, obligation de prendre part aux chevauchées, de faire moudre le grain, cuire le pain au moulin et au four banal?, etc. Le seigneur qui tirait profit d'eux et de leur tenure les considérait comme « siens ». Mais ils étaient aptes à posséder ; leur propriété était garantie, et la queste forcée ne les atteignait pas. Ils avaient le droit d’ester en justice, d’aliéner, d'engager, de transmettre leurs biens par testament. Ils pouvaient émigrer, quitter la seigneurie. Voilà des libertés essentielles, dont le défaut est la marque du servage. Elles ont permis aux bourgeois d’en acquérir d’autres et de les répandre autour d’eux. Capables de s’enrichir, ils ont pu acheter des privilèges ; libres d’émigrer, ils sont venus habiter les terres des seigneurs qui leur faisaient les conditions les plus favorables. De là cette concurrence, ouverte entre les seigneurs, activée par ses propres effets, en vertu de laquelle se multiplient les chartes de coutumes. Les seigneuries purement rurales, et d’où la bourgeoisie était exclue, sort celles où le servage a le plus longtemps duré, tandis que dans les cités, dans les villes de châteaux, auprès des bourgeois et à leur contact s’élevaient de nouvelles couches d’hommes libres, artisans, ouvriers agricoles, le « peuple », les « gens du commun 3 ».