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LE CONSEIL D'ÉTAT. — PROGRÈS DE SON AUTORITÉ EN LANGUEDOC

Une monarchie qui tend à devenir absolue s’accommode de la séparation des pouvoirs, non de la dispersion de Pautorité souveraine. L’une lui rend l’administration plus facile, l'autre va contre son principe, en vertu duquel un acte souverain doit émaner de la personne royale.

Les gouverneurs de Languedoc, quoiqu'ils ne fussent pas tout à fait souverains en théorie, le furent longtemps dans la pratique. Les Cours, telles que Parlement de Toulouse, Cour des aides et Chambre des comptes de Montpellier étaient souveraines et de droit et de fait. Les uns et les autres siégeaient fort loin des lieux où d'ordinaire le roi séjournait. Séparés du gouvernement central, en partie soustraits à son influence, ils subissaient d'autant plus facilement celle du pays — doté d’une organisation si personnelle et si vivante — qu’ils avaient à administrer. Lorsque le Parlement de Toulouse prétendait identifier et confondre avec la sienne propre l'autorité du monarque, c'était en vertu d’une sorte de fiction, et la fiction devenait insoutenable lorsqu'il libellait au nom du roi des arrêts directement contraires aux décisions royales.

Plus il y eut dans le royaume de gouverneurs, de Parlements et d’autres Cours, plus on vit le pouvoir souverain réagir, afin de recouvrer l’unité qui était dans sa nature.

I reflua de ces institutions lointaines vers le Conseil d’État qui se tenait auprès du roi. Seul, ce corps fut vraiment souverain, parce qu'il recevait du monarque lui-même ou de ses agents immédiats l’inspiration, le mouvement.

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