‹ Les Institutions Politiques et Administratives du Pays de LanguedocChapitre 224 sur 293 · Zbid., f · texte numérisé non relu

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avez accoustumé, dit-il, faire à nostredit cousin le connétable !. »

En règle générale, les périodes de bien-être dont le pays a joui sous les deux premiers Valois-Angoulême correspondent à celles où Montmorency dirigeait les affaires du royaume. C’est, en effet, parce qu’il gouvernait l'État qu’il a pu devenir si puissant en Languedoc. Comme il était la première personne de l’administration centrale, il a tenu les fils qu’elle avait réunis, et s’en est servi pour faire tout mouvoir à sa guise dans le pays auquel son titre de gouverneur l’avait particulièrement attaché.

Un tel régime était sous certains rapports plus favorable que nuisible aux progrès de la centralisation. Montmorency n’a pas contribué médiocrement à faire accepter des Etats les mesures générales qu’il ne pouvait leur épargner. Souvent il les prie d’accorder « libéralement » ce que le roi leur demande. S'agit-il de l’octroi de 20,000 livres destinées aux fortifications, il leur écrit : « Je mettrai peine de les faire si bien employer que vous n’aurez, Comme je l’espère, regret de les avoir octroyées », — d’un emprunt forcé, celui de 1545, il pourvoit et veille au remboursement?. Grâce à son influence, aux ménagements qu’il emploie, les doléances acrimonieuses et violentes, présage peut être de quelque révolte, que les États faisaient entendre vers 1523, s’adoucissent , s’apaisent, et le pays finit par supporter sans trop de plaintes ni de peine toutes les charges nouvelles que la royauté lui imposait.

D’autre part, les affaires de Languedoc portées à Mont-

morency ont été par cela même débattues en Conseil privé.

1. Jbid., C 2280, fe 163 vo. Le pays ne paraît pas avoir gagné au change. S'il faut en croire les doléances adressées par les États au connétable rentrant en France, il avait été « grandement grevé durant le temps de son absence » (fo 296).

2. Ibid., OC 2279, fos 193, 316 ve; proc.-verb. oct. 1550, sept. 1552, etc.

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Qu’elles y aient afflué de la sorte, les moindres aussi bien que les principales, le fait s'explique en partie par les habitudes que le connétable gouverneur avait prises et fait prendre à ses administrés : mœurs relativement nouvelles, qui se sont profondément implantées et qui depuis ont persisté.

49 GENTRALISATION FINANCIÈRE. — LES TRÉSORIERS-GÉNÉRAUX. — LES AGENTS COMMISSIONNÉS DU CONSEIL D'ÉTAT.

Les grandes institutions, gouverneur et Cours souveraines, par lesquelles la royauté s'était fait autrefois suppléer en Languedoc, survivent donc par divers moyens et résistent tant bien que mal au nouveau régime. Le Conseil d’État, même sous Henri Il, doit compter avec elles. L'organisme central est loin d’avoir accaparé dans le pays tout le gouvernement politique; mais il y possède entièrement l’administration des finances.

A partir de 1440, date à laquelle l'évêque de Laon tombait en disgrâce, tout le revenu de Languedoc a pour ainsi dire été capté au profit du Trésor royal.

Alors se groupent autour du roi les « gens des finances », généraux de Languedoil et Languedoc, trésoriers de France, membres de la Chambre des comptes et d’autres encore. La plupart ont entrée et voix au grand Conseil auquel, dans les questions de leur compétence, ils prêtent des lumières alors peu communes !. Il arrive aussi qu’ils soient séparément réunis, consultés, qu’ils forment un Conseil spécial, expressément où non?. Dans l’un et l’autre cas, en matière de finances, la décision leur appartient.

1. N. Valois, Ze Conseil du roi, ete., in-8°, pp. 148, 156, 170, 172. 2. H. L.,t. XII, pr. n° 63. — Un très grand nombre d'ordonnances des règnes de Louis XI, Charles VIII, etc., sont suivies de la mentivn Un tel, général des

« Par délibération de son grand Conseil! » le roi fixe le montant total de la taille annuelle, ou bien d’une crue, puis les quotes-parts des divers pays et généralités, dont celle de Languedoc. « Messieurs des finances », qui ont préparé cette répartition, dressent ensuite par recette générale un « rôle » ou «état des parties à payer ». Ils mettent en regard de la recette une liste de dépenses auxquelles le receveur devra satisfaire, non sans spécifier les parties qui au besoin pour raient être retranchées, et rester en souffrance ?. Outre l’état annuel, qui le protège au besoin contre les exigences des grands personnages, le receveur général reçoit des mandats de paiement, successivement expédiés par le roi lui-même. Mais qu’il paye au prorata de son rôle ou sur le vu de ces mandats, les choses se passent d’une manière invariable : sur l’ordre du roi, les généraux des finances enjoignent au receveur général, par « décharge » attachée aux lettres royales, de payer sur telle recette particulière telle somme, à telle personne, pour tel objet, après que leur décharge aura été visée par le contrôleur général de Languedoc à.

Le temps n’est plus où les deniers du pays alimentaient la puissance des gouverneurs, celle des ducs d'Anjou, de Berry, celle même du comte de Foix. Si le lieutenant général vient à interrompre l’ordre régulier des « assignations » et fait mettre à sa disposition par les receveurs une somme quelconque, c’est dans un cas grave, d’ailleurs très rare, de

finances, et'autres présents. — Les articles des cahiers de doléances qui concernent les deniers royaux sont renvoyés d'ordinaire « au roi et à messieurs des finances ).

1, I. L.,t. XII, pr. n° 55, 77. — Bibl. Nat., fr. 20 589, no 73 ; 22406, nes 28, 29,

2. Chroniques de Mathieu "4 Escouchy, éd. de la Soc. d’hist. de France, 1863- 1864, 8 vol. in-80, t. III, p. 251. — Bullet. de la Soc. d'hist. de France, 8e série, +. IL, pp. 123, 143. — Bibl. Nat, fr. 20499, fes 77, 77, — Cf. Champollion-Figeac, Doc. hist. inéd., t. II, p. 463.

3. I. L., t. XII, pr. n° 12, 15, 29, 49, etc. — Bibl. Nat., fr. 20496, 20497, passim.

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