PRÉFACE. XV
ceux des Arrêts de la Cour, commençant les uns et les autres en 1444. Avec l’obligeant concours de M. Roques, sous-archiviste, je crois avoir retiré de ces énormes volumes tout ce qu'ils pouvaient me donner. [Il y faut joindre les Arrêts, complétant sur plusieurs points les originaux, que Puget et Malenfant ont copiés au xvu° siècle, et deux registres d’appointements, très curieux, de 1424-25 et 1426-27.
Des Archives de Toulouse, si bien classées maintenant, J'ai üré une telle quantité de documents de toutes sortes que Je ne puis les énumérer. Il convient pourtant d’insister sur les Comptes des trésoriers de la ville et sur les Délibérations du conseil, les uns peu nombreux, mais anciens, — 13 registres pour un siècle (1330-1434), — les autres s'étendant, malgré des lacunes, sur de longues périodes, de 1374 à 1380, de 1414 à 1439 et de 1524 à 1559 (BB 1 à 71). Les monuments de cette catégorie, représentée largement dans plusieurs autres dépôts, sont parmi les plus précieux que nous possédions pour l’histoire de Languedoc. Ils permettent d’y introduire une préeision absolue. Ils en atténuent la nudité et la sécheresse : défauts inhérents à l’histoire d’une contrée où les chroniques sont très rares, d’une“excessive pauvreté, et dont la poésie originale s’est éteinte après la croisade. Faute de littérature, c’est dans les délibérations des conseils de ville que l’on discerne le plus clairement les modifications de l’esprit des hommes, les états d’âme successifs par lesquels la société méridionale s’est pliée aux formes nouvelles qu’elle créait ou recevait. Par elles nous pénétrons profon-