‹ Les Institutions Politiques et Administratives du Pays de LanguedocChapitre 87 sur 293 · PL LE LE · texte numérisé non relu

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sentiment de leur solidarité hors de la présence du seigneur; ils savaient se réunir et s'entendre, soit contre Jui, soit les uns contre les autres'. En matière de justice, les convocations étaient sans doute fréquentes : il semble que dans l’Agenais, même sous le principat d’Alfonse de Poitiers, elles fussent périodiques?. La cour d’Agenais fixait la coutume; elle avait seule pouvoir pour trancher les questions de paix ou de guerres,

Aucune cour ne sortait de la terre, du pays, de la sénéchaussée où elle avait pris naissance : celle de Lomagne siégeait à Miradoux, et non ailleurs, celle d'Armagnac à Nogaro, etc. Si le même suzerain réunissait sous son pouvoir plusieurs comtés ou vicomtés, il tenait ou faisait tenir autant de cours séparées : ainsi, au xu° siècle, le comte de Carcassonne, vicomte de Béziers et vicomte d’Albigeois#.

Mais ici, entre la Garonne et le Rhône, la croisade et la conquête ont brisé les grands territoires et bouleversé les relations féodales. Les usages existants ont subi le contrecoup de ces changements politiques ; ils n’ont pas péri cependant : c’est ainsi que Raimond VII, en 1233, réunissait autour de lui, pour faire un statut contre les hérétiques, les deux ou les trois ordres de tout le comté de Toulouse, tel que le traité de Meaux venait de le délimiter.

A l’est, dans la région cédée au roi de France, à Carcas-

1. Monlezun, Op. cit., t. VI, p. 16 : « Universitas baronum, militum, domicellorum et aliorum nobilium curie… comitatus Fezensiaci. » — Magen et Tholin, Chartes, n° 58,

2. IH. L.,t. VII, Enquêét., c. 419, et surtout Boutaric, Saint Louis, pp. 212, 413.

3. Cout. d'Agen, art. 2. L’ennemi du seigneur est d’abord sommé « de far dreghs a esgart del senhor et de sa cort..., laqual cort deu estre dels baros e dels cayvoers d'Agenes e dels cosselhs e dels proshomes de la ciutat d'Agen e dels borcs d’Agenes. »

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