‹ Les Institutions Politiques et Administratives du Pays de LanguedocChapitre 90 sur 293 · LE · texte numérisé non relu

LE

A æU ;

six dans le Midi!. Nul doute qu'en réalité elles n'aient été plus fréquentes. Durant cette période le gouvernement a levé de nombreux subsides : les textes qui s’y rapportent, à peu d'exceptions près, ne laissent voir que des personnes fé0odales, des communautés surtout, traitant, chacune de son côté, avec les agents royaux; mais ces traités particuliers n'ont peut-être pas exclu, dans chaque sénéchaussée, des réunions auxquelles on attachait peu d'importance?, et dont la trace, pour cette cause, s’est effacée aisément. Il est Certain que les communes avaient déjà l'habitude, non seulement de communiquer ensemble à propos de chaque subside, mais aussi d'être réunies. En 1341 les consuls de Nimes, s’adressant aux commissaires qui imposaient la gabelle, leur

. disaient : « Avant de rien faire, vous auriez dû convoquer

les communautés de la sénéchaussée et ouir les allégations qu'elles avaient à produire sur la commodité et l’incommodité du peuple. » Quatorze assemblées en quarante ans ne suffiraient pas à rendre raison de la cohésion croissante, dont on relève tant d'indices, entre les membres de chaque ordre.

L’impôt royal est la cause de ce progrès. Il a mis les personnes féodales dans la nécessité de s'entendre, en assemblée ou autrement. Payer telle ou telle somme, de telle ou telle façon, était pour elles une affaire beaucoup plus grave

que celles dont le sénéchal, en sa cour, les invitait à déli-

bérer. Leurs intérêts les plus pressants étant en jeu. elles

1. Ces six assemblées sont celles de cinq sénéchaussées à Toulouse, déc. 1318, des sénéchaussées de Quercy, 1319 (Ora, t. I, p. 696), de Carcassonne, 1323 (A. L., t. IX, p. 419), de Toulouse, déc. 1328 (ibid., t. X, pr. n° 255), de Quercy, 1336 (Lacoste, t. III, p. 86), de Bigorre, 1340. (Davezac-Macaya, Essais hist. sur le Bigorre, 1823, 2 vol. in-8°, t. IT, p. 79.)

2. Dont exemple très net, de 1348, relatif à la sénéchaussée de Beaucaire, dans Ménard, t. Il, pr. n° 79. — Ce qui ajoute à la difficulté de saisir ces assemblées fugitives, c'est que les délibérations et les comptes municipaux, qui rendent de si grands services à l’histoire des États, font défaut pour cette époque.

Page 1