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relàchés ou rompus ne se sont renoués entre le Nord et le Midi qu’à la fin du xv° siècle, par l’assemblée de Tours de 1468! et surtout par les grands États de 1484. Or, le royaume à cette époque différait singulièrement de celui de Jean le Bon. Les Etats de Languedoc, solidement établis sur un territoire restreint, tournaient à l'assemblée provinciale ; ceux de Languedoil ne se réunissaient plus, et la royauté, maîtresse de ses destinées, hostile aux États généraux, était disposée à se passer de leur concours.
La sécession qui s’est produite au xiv® siècle n’était nullement un acte de volonté réfléchie de la part du pouvoir royal, mais l’œuvre des circonstances. On ne voit aucune preuve que les rois aient cherché par ce moyen à diviser pour régner. Ils ont réuni des assemblées générales aussi longtemps qu'ils ont pu. Quand Philippe VI, en 1345, fait convoquer par son fils les Méridionaux chez eux, voici comment il motive sa décision : « Cels des seneschiaussies de nostre royaume plus briefvement et à moins de treval et de cous et de frais pourront estre assemblez par devant vous que par devant nous. » En effet le danger pressant ne permet guère de les mander plusieurs mois d'avance, de façon qu’ils aient le temps d’arriver devant le roi. Les Anglais maîtres de Bordeaux, libres de s’avancer le long de la Dordogne, interceptent les passages et rendent très hasardeuses ct très lentes les relations, déjà difficiles, du Midi avec le Nord. Enfin, la guerre a deux théâtres; elle menace à la fois les grandes plaines qui s'étendent de la Saintonge à la Manche, et les vallées qui s’allongent vers le sud, dans la direction de Cahors, d’Auch, d'Albi, de Toulouse et de Narbonne. Obligés de faire face à l’ennemi de deux côtés, les rois se sont réservé la conduite des affaires dans le Nord, dans la région principale. Quant à l’autre, ils y délèguent un lieutenant