‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 42 sur 92 · acte deuxième · texte numérisé non relu

acte deuxième

Marthe.

Il y a des gens qui passent leur vie à se faire pardonner.

Fabel.

Ce ne sont pas toujours les plus mauvais. Puis, nous voyons les fautes des autres, mais les nôtres, dis, les voyons-nous?

Marthe.

Il n'a jamais eu rien de sérieux à nous reprocher, je suppose?

Fabel.

Le sait-on jamais? Ne fus-je pas un peu dur pour lui, un peu injuste? L'avons-nous toujours bien compris? L'avons-nous aimé comme il le fallait? Car il faut s'aimer dans la vie, Marthe; c'est à la fin du compte, la seule véritable joie qui existe.

Marthe.

Il aurait pu commencer par nous aimer, lui,

Oh! de son cœur je suis certain. Il avait un esprit inquiet, combatif et agité, mais son cœur était bon, son cœur était doux !

Marthe.

Le beau mérite que d'avoir un bon cœur quand on ennuie tout le monde avec sa mauvaise tète. S'il nous aimait tant que ça, il reviendra.

FABEL.

Je l'espère bien ! Peut-être aurons-nous de ses nouvelles aujourd'hui. George ne va-t-il pas rentrer bientôt?

Marte.

Son train arrive dans dix minutes.

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