‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 43 sur 92 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Tiens! Tevoilàdéjà, Olga? As-tu fait quelque chose?

Olga.

Rien, c'est un sale jour aujourd'hui ; il va nous arriver quelque chose de désagréable, c'est certain.

Marthe.

Tout le monde a donc l'esprit tourné vers la tristesse! Si ça continue, la réunion de ce soir ne sera pas gaie.

Olga.

Ne t'effraie pas trop! C'est plutôt une affaire personnelle entre moi et la malchance ; ce matin, j'ai mis un bas à l'envers.

Marthe.

Ah! c'est ça?

Olga.

Et j'ai pensé tout de suite que rien ne marcherait droit aujourd'hui.

Fabel.

Si tes craintes ne viennent que de là.

Olga.

Comment! Q ue de là? Rien n'est plus précis que ces avertissements. J'aurai au moins mes trois gros ennuis, d'ici minuit.

Allons donc !

C'est de la superstition ; tu veux rire?

Olga.

Moi rire! Mais c'est en train déjà. Ecoutez plutôt. Je suis partie ce matin pour aller peindre une prairie, que j'avais remarquée là-bas derrière le bois, tout près de la maison de Raph ; une prairie d'un vert tendre, un vert de terrain humide, avec des meules de foin presque rousses. Eh! bien, quand j'y sais arrivée les meules n'y étaient plus. N'est-ce pas une vraie déveine?

Fabel.

Si fait, si fait; mais enlin c'est la saison : on rentre les foins.

Olga.

Oh! ce n'est pas tout! Comme je voulais

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