ACTE PRE.WIER
cela ne m'amuse guère, ces changements. Autrefois, l'on gardait ses vieux fournisseurs, ses vieux clients et même ses vieux domestiques. Maintenant, non seulement tout est changé, mais encore il faut que tout change continuellement.
Marthe {haussant les épaules).
On n'y peut rien, c'est la vie !
{Elle continue à écrire, Fabel se tourne vers Robert qui a allume une cigarette.)
Fabel.
Il n'y a que toi qui ne changes pas.
Non. pas beaucoup ou trop peut-être, ce qui revient au même.
Fabel.
Tu n'as toujours rien à faire?
Robert.
Que veux-tu que je fasse?
Fabel.
Cherche...
Robert.
C'est ce que je fais, seulement je ne trouve pas.
Fabel.
Tu restes des journées entières à rêvasser, c'est très facile.
Robert.
Non, je t'assure que c'est ennuyant !
Fabel.
Oui, je connais ton genre de réponses stupides! Elles ne te mèneront pas loin. {Silence de Robert.) Si tu avais au moins du goût pour quelque chose; un peu d'ambition.
Robert.
De l'ambition? J'en avais autrefois, mais maintenant je n'en ai plus; le résultat ne vaut pas la peine.
Fabel.
Oui, je sais, la vie est trop bète ! Mais ce n'est pas là l'avis des gens intelligents.
R01^,EKT.
Je n'ai jamais dit que je fusse intelligent.