‹ Les intellectuels; pièce en trois actesChapitre 81 sur 92 · ACTE TROISIEME i · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME i

Robert.

Que te répondrais-je à présent, si tu me disais que j'ai manqué ma vie !

Fa BEL.

Je ne te dirai pas cela.

Robert.

Parce que toi aussi, tu as dû renoncer à ce qui pour toi était « l'idéal ». On s'adoucit pour avoir la paix, mais quand on est dur, irréductible, c'est bien meilleur ! Quand tu me grondais tu avais raison. Le travail seul produit quelque chose de durable.

Fabel.

J'ai travaillé pour toi.

Robert.

Si cela était je n'en aurais été que plus inutile.

Fabel.

Mais non ! Mais non ! Rien ne fût inutile. Avant ton départ j'ai voulu te retenir, ne sachant pas ce que tu allais devenir. Mais te

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voici de retour, te voici revenu plus calme, plus fort et j'en suis heureux; heureux de te revoir ainsi, car je devine que tu as appris à regarder la vie en face.

Robert.

On passe une moitié de sa vie à apprendre à vivre, dans l'autre on apprend à mourir!

Fa BEL.

Un homme qui meurt est donc un gaillard qui vient d'achever ses études ?

Nous tournons au tragique; voilà encore un défaut de famille : de prendre tout au tragique.

Fabel.

Toi surtout. Ton antipathie pour George par exemple.

Robert.

Ne t'en inquiète pas.

Fabel.

Mais si! Mais si! Regarde-là. {Il désigne la bibliothèque.) Parmi ses livres, — son dernier

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