Q LES INTÉRÊTS MARITIMES FRANÇAIS
nents, je venais d'énoncer un commencement de barbarisme.
« Pour une nation, en effet, poursuivis-je, rien n'est plus beau, plus noble et plus précieux que de diffuser au dehors sa pensée, son art, et de les voir devenir des éléments directifs chez d'autres peuples. Rien non plus n'est plus propre à assurer le niveau des relations internationales. Mais si l'action se borne à ce domaine seul, aussi intense, aussi supérieure soit-elle, elle est inopérante, car, dans les relations internationales modernes et surtout quand il s'agit de pays neufs, seuls valent les courants économiques. Là où le courant économique est absent, les rapports de peuple à peuple sont superficiels, sans consistance, sans solidité de liens et sans résultats.
« Vous oubliez que lorsque vous vous adressez, dans les pays d'outre-mer, aux sphères intellectuelles, vous touchez une toute petite fraction de la population, c'est-à-dire une infime élite condensée en un, et, bien rarement, deux points urbains du même pays. Vous négligez les sphères commerciales, agricoles, industrielles, maritimes qui, elles, ne s'occupent dans ces contrées de vie rude et combative, ni d'art, ni de littérature, ni de philosophie. Vous négligez aussi bien la masse énorme des consommateurs, lesquels ne connaissent, eux, les pays d'outremer et n'apprécient leur puissance que suivant la proportion plus ou moins grande, plus accessible à leurs facultés, d'achats ou de vente des produits, présentés par telle ou telle nation.
« Cette erreur que vous commettez dans l'or-
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dre île la pensée, notre exportation la commet dans la pratique, en cherchant toujours et presque partout à vendre le produit « cher et de bon goût », suivant la formule qui nous est propre ; mais en oubliant, qu'outre-mer, l'acheteur du produit cher est le personnage rare et isolé comparé à la masse, et que ce que nous considérons comme le « bon goût » n'est, le plus souvent, pas son goût à lui. Enonciation dont je trouvai la sanction en visitant l'établissement d'un de nos compatriotes du Brésil.
« Ma maison, me disait ce négociant, homme « infiniment avisé et pratique, se divise en plu- « sieurs compartiments. Ici, j'ai le produit eou- « rant pour la masse. Ailleurs, vous voyez des « objets d'art d'un goût abominable et que je « ne puis regarder moi-même sans souffrance. « Je les tiens cependant car ils correspondent « aux préférences d'une partie de ma clientèle. « Et enfin, ajouta-l-il, par ici vous verrez tout « ce que l'art français produit de mieux, de plus « beau, de plus pur, et aussi, il faut bien l'ajoute ter, de plus coûteux.
« Car, conclut-il, je suis arrivé à former ici une « sélection à notre éducation, à notre goût. .le « compte augmenter celle clientèle, mais comme «c elle ne suffirait pas à alimenter mes affaires, « si je considère ce compartimenl comme le plus « intéressant pour moi personnellement, il est, « en fait, secondaire au point de vue de ma maison. »
« Voilà qui est raisonné, sensé, judicieui el pratique. Eh bien ! ce que me disait ce n cinnt avec tant d'à-propos et de bon sens esl en
quelque sorte un apologue et s'applique aussi bien au domaine de la propagande. Nous devons exercer une propagande s'adressant aux milieux cultivés et intellectuels des pays chez qui nous voulons conserver notre rang et notre influence. Mais cette propagande est seulement une fraction de l'ensemble. Et, dussé-je encourir certaines foudres, j'ajouterai : une minime fraction.
« Celle-ci ne vaudra au point de vue des intérêts, même intellectuels, de notre pays et par répercussion, que si dans le domaine économique et maritime, notre effort, nos résultats, nos succès sont en harmonie avec ce que nous aurons fait et obtenu dans le domaine intellectuel ou artistique. »
Et je citai à mon auditoire ce fait très curieux que, dans Tordre scientifique, les Allemands étaient arrivés à nous supplanter à peu près intégralement, même en des centres où l'éducation et les sympathies étaient nettement françaises, où le personnel dirigeant était venu s'instruire dans nos universités. Nos ennemis étaient parvenus à ce résultat par la supériorité de leurs méthodes matérielles.
« A nos publications scientifiques pleines de savoir et de mesure, mais présentées sur du papier à chandelles et sous une forme d'impression piteuse, continuai-je, ils opposaient de splendides éditions luxueusement éditées, bourrées d'illustrations le plus souvent polychromes. De plus, ils s'étaient spécialisés dans la fabrication de l'outillage de laboratoires, si bien qu'il m'advint de visiter d'admirables institutions scien-
tifiques, — car il en est là-bas : il suffll d'è\ oquer le souvenir de l'institut Oswaldo Cruz à Rio de Janeiro, l'institut Vital Brasil, près de Sao- Paulo, pour constater avec regret que rien d'approchant n'existe chez nous, — sans rencontrer un seul instrument français.
« Savez-vous ce qui est arrivé ?G'est que peu à peu, en dépit des relations de ces savants d'outre-mer avec les nôtres, des sympathies morales, de la concordance des doctrines existant entre les milieux scientifiques de là-bas et ceux de France, l'évolution s'est faite vers Berlin, vers Stuttgart, vers Foutre-Rhin ; et le luxueux et remarquable Bulletin édité par l'institut Oswaldo Cruz, ce regretté et si grand savant qui était lui-même un francophile ardent, était en deux langues : la langue nationale, le portugais, et... l'allemand !
« Je ne crois pas qu'il existe de preuve plus nette, plus patente, plus irréfutable, que là où la doctrine, où Faction intellectuelle n'est pas soutenue par l'action matérielle, la seconde, défaillante, finit par entraîner à sa suite la première. »
Mon éminent auditoire m'écoula avec courtoisie ; mais j'eus l'impression très nette que j'étais considéré à ce moment comme un « épicier », — ce mot étant pris dans son acception péjorative, — comme un pauvre diable perdu dans un milieu dont la haute intellectu alité m'échappait .
Je n'insistai pas, tout en demeurant décidé à défendre mon dire chaque fois que les occasions B*eD présenteraient, parce que convaincu qu'elle est la base de notre action extérieure.
Dans le domaine économique lui-même, toute intervention qui n'est pas basée sur des méthodes judicieuses, pratiques, au niveau des procédés commerciaux des rivaux, est d'avance vouée à l'échec, dans une mesure exactement égale à ces infériorités comparées et quelle que soit la valeur intrinsèque des produits offerts.
Si ces produits sont d'une qualité supérieure aux capacités d'achat de la clientèle visée, ils ne se vendent pas .-Vérité tellement primaire qu'on a quelque scrupule à l'énoncer; nécessaire à dire cependant tant elle fut constamment oubliée ches nous, où nous nous sommes obstinés à vouloir écouler dans le monde notre production telle que nous la concevons, en quelque genre que ce soit, au lieu de nous ingénier, comme l'ont fait nos rivaux, à transformer cette production suivant chaque marché où nous nous proposions de l'écouler. Assertion, aussi, qui s'étend non moins aux méthodes commerciales ellesmêmes en ce qui touche les modes de livraison, de paiement, de placement, de propagande commerciale, et, point essentiel auquel tend tout ce qui précède : d'action maritime.
Il me faut, en effet, aborder ici encore, en ces données primordiales, le problème du parallélisme, de la solidarité de l'action entre la marine et l'économie générale ; et, dussé-je m'en excuser, répéter une fois de plus un certain nombre de principes si souvent affirmés, mais qu'il faut énoncer encore cependant, tant ils demeurent méconnus à ce jour du gros de l'opinion française :
Si la propagande intellectuelle est une phase
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secondaire des interventions générales en pays étrangers, si elle est inexistante quand elle ne. s'appuie pas d'une façon absolue, intégrale, sur l'action économique poussée à son maximum, celle-ci elle-même s'effondre, soit brusquement, soit progressivement si elle n'a point pour appui, pour base même l'action maritime.
On l'a dit et redit : Le pavillon suit la marchandise. Rien n'est plus vrai, plus irréfutable. Et là où le pavillon cesse de dominer, il y a régression. Si le pavillon disparaît, il y a ou disparition, ou réduction du mouvement économique à ce qu'on pourrait appeler le « point de refus minimum » : c'est-à-dire la limitation des échanges à l'extrême limite de ce qui ne peut ne
pas être.
Que de fois ceux qu'intéressent ces question-, auxquelles est intimement lié le développement de notre pays et son sort même à venir, n'ontils pas été stupéfaits et navrés de voir des hommes, par ailleurs émincnts, nier ces vérités et considérer l'action maritime comme jouant dans la vie nationale un rôle non essentiel !
Certains, parmi lesquels un Président du Conseil, ne craignirent pas de nier les nécessités de la marine pour la France ! Aussi fausse apparaisse-t-elle à qui sait, leur argumentation était à la fois spécieuse et séduisante à qui ignore :
« Notre marine, disaient-ils, se maintient seu- « lement grâce aux sacriiiecs qu'elle coûte au « pays. Si l'étranger est un plus avantageux '(. transporteur de notre production, confions lui « celle-ci ; nous économiserons les charges que <.< comporte pour nous le maintien d'une ma-
« rine nationale. Nous conserverons seulement « la fraction de celle-ci rigoureusement néces- « saire à nos besoins impérieux ; ou celle qui, « exclusivement commerciale, peut vivre et pro- « fiter sans rien demander au pays. »
Quand on se représente qu'en 1914, 76 pour cent de notre trafic général dans nos propres eaux métropolitaines s'effectuait, je l'ai dit, sous pavillon étranger ; quand on considère que, dans les 24 pour cent restants figuraient les lignes « impériales » subventionnées, le pavillon privilégié et la flotte indispensable de service, on voit quelle était la part restant à l'industrie maritime libre !
On conçoit aussi bien ce qui serait resté de notre pavillon, jadis si glorieusement représenté sur les grandes routes maritimes, et parfois prépotent, si une telle doctrine avait été appliquée.
On doit, au contraire, considérer que la situation de notre marine marchande, en 1914, représentait à ce moment le point maximum de régression. Nous possédions alors une flotte commerciale totalisant 2.300.000 tonnes, ce qui justifie le dire du Haut-Commissaire à la Marine Marchande, que la flotte nécessaire à la France doit osciller désormais entre 6 et 8 millions de tonnes.
Par « flotte nécessaire à la France »,il ne faut point entendre la perspective d'entamer la lutte contre nos rivaux de demain, amis ou alliés d'hier, et peut-être aussi contre ce qui subsistera de la puissance maritime de nos ennemis. Non : Il s'agit de doter notre pays de l'instrument maritime indispensable à sa vie écono-
mique extérieure. Il importe, en un mol, que cesse cette lamentable et humiliante régression à laquelle nous avons assisté depuis 1870 ; régression relative, c'est entendu et j'y insiste, car elle réside tout entière, non pas dans la diminution intrinsèque de notre (lotte de commerce, mais dans la lenteur de ses progrès comparés à l'expansion constante et dominante de nos concurrents, en un ordre où tout est subordonné à l'action comparée de la compétition internationale.
De quel prix aurons-nous alors payé celte hérésie d'avoir ignoré le principe : « La marchandise suit le pavillon ». Cette ignorance aura fait de nous d'éternels Sisyphes commerciaux, tentant un effort, ouvrant des débouchés, créant des courants, et se les voyant ravir par autrui au fur et à mesure que le but se rapproche, faute de posséder les moyens nécessaires pour poursuivre l'action vers le point culminant et définitif.
Et, en effet, comment en serait-il autrement ? Comment, aussi, des esprits éclairés, quoique non spécialistes, ne se sonl-ils jamais rendu compte de ces vérités : Le transporteur connaît la nature et l'importance des ventes par les assurances et le connaissement. Il sait les prix facturés et possède la liste des acheteurs. Au bout d'un certain temps, avec un patriotisme économique tout naturel et dont nous ferions bien pour nous-mêmes de nous pénétrer de plus en plus dans l'avenir, le transporteur étranger est, mécaniquement en quelque sorte, amené à faire bénéficier ses nationaux du mouvement
dont il a été l'instrument pour le compte de tiers. Le consul de la nationalité du transporteur avise ses compatriotes, dans la résidence de destination, des mouvements d'affaires obtenus par le chargeur étranger et concurrent ;donc par nous, en l'espèce. Il sait nos prix ; il sait l'importance de nos échanges ou de nos ventes ; il lance sur le consommateur ses propres compatriotes en mesure d'assurer, au profit de sa nationalité à lui, consul, le détournement du trafic qui nous appartenait jusqu'alors. Il incite au besoin les producteurs de son pays à s'orienter vers tel ou tel article jusqu'à maintenant négligé. Et, un beau jour, les déclanchements se font : Tel pays, tel centre urbain, telle grande firme qui étaient jusqu'alors nos fidèles et bons acheteurs, sollicités sur place, influencés par le fait que notre marchandise n'est jamais adductionnée par d'autre voie que par celle de nos propres concurrents, finissent par se laisser gagner. Ils oublient le chemin de nos usines, de nos comptoirs, ils deviennent clients de nos rivaux : Clients à jamais perdus pour nous et que nous ne rattraperons plus, parce que nous n'avons point pour les conserver les moyens d'action et l'instrument maritime dont bénéficient nos concurrents. Qu'on ne s'y trompe pas : Là est, sinon la seule, tout au moins la plus immédiate raison de la lenteur du développement de notre rayonnement économique extérieur, bien plus que dans l'infériorité de notre production comme de nos méthodes d'exportation, ainsi que l'ont trop souvent affirmé maints esprits trop enclins à l'analyse superficielle des causes.
DANS L* AMÉRIQUE L\ i INE ."i.'l
On a énoncé maints griefs contre nos producteurs. On leur a reproché leur défaut d'initiative, leur timidité, leur mesquinerie de crédit, leur entêtement a ne pas se pénétrer des goûts et des capacités d'achat de la clientèle extérieure, l'insuffisance de leur représentation au dehors, leur répulsion pour les produits bon marche, de grande consommation ; sans omettre leur propension à apporter un amour-propre presque puéril à rester dans le domaine de cette fabrication soignée et chère dont je parlais plus haut.
De tous ces reproches, il est une part de vérité, sans doute. Ils ne sont toutefois ni absolus, ni décisifs.
Nous avons été pendant très longtemps un des pays où la vie, donc la main-d'œuvre, était le meilleur marché. Peut-être le redeviendronsnous après la guerre. Notre situation géographique nous permet de recevoir du monde entier les matières premières nécessaires à notre industrie dans des conditions avantageuses et le plus souvent supérieures. Nous avons l'esprit d'invention et d'assimilation. Le monde français de la production est tout autant et légitimement avide de bénéfices que la concurrence extérieure ; et il ne peut obtenir ceux-ci que par l'expansion fructueuse de ses affaires. Aucune raison essentielle n'apparaît donc pour que notre production, avec des moyen- d'action identiques à ceux de nos rivaux, ne soit pas en bien des compartiments victorieuse des concurrents du dehors ; et, en la pluparl des cas, égale a la leur.
Ayons donc conscience de nos forces, de nos capacités, de la puissance de nos moyens d'action ; mettons au service de tout ceci une doctrine saine, forte, pratique, suivie. Et nous ne tarderons pas à voir fructifier nos efforts si nous savons vouloir.
L'Influence du statut maritime sur le régime économique extérieur
Par contre, si le fait que notre pavillon doit dans la plus large proportion être le transporteur de notre production et notre consommation pour ce qui touche les affaires d'outre-mer, pour qu'une semblable et si évidente proposition tienne, il faut qu'elle soit appuyée par plusieurs facteurs essentiels et dont le défaut a souvent pesé sur notre activité maritime :
Le premier est que notre armement a, d'une manière constante et absolue, l'obligation d'offrir au monde français des affaires les mêmes facilités, les mêmes tarifs, les mêmes délais de transport et de livraison, les mêmes sécurités que les firmes agissant dans ce domaine trouvent sur les bateaux étrangers. Sinon, par le jeu naturel des lois de la concurrence, il demeurera à peu près impossible à l'armement français de s'assurer la plus large part souhaitable du fret français. L'évasion de celui-ci et son passage sous pavillon étranger continueront de se produire comme on l'a tant et si déplorablement constaté jusqu'ici.
Aussi bien faut-il que tous ces problèmes <!<>nl
l'urgence et la nécessité n'ont plus à être démontrées mais qui, en vertu de notre propension à ratiociner sans résultat, par cette sorte de répulsion presque maladive pour la réalisation dont nous avons donné tant d'exemples soient tranchés une fois pour toutes :
On a discuté à perte de vue sur les tarifs combinés, devenus entre les mains de nos rivaux, et des Allemands en particulier, un instrument redoutable de concurrence étrangère. Qu'a-t-on fait chez nous en cet ordre d'idées ? Rien.
On a voté la loi de 1912 sur l'autonomie des ports. On a attendu le règlement d'administration publique quatre ans. Quand celui-ci a enfin vu le jour, les grands centres intéressés ont considéré que le règlement^ faussait la loi ; et ils ont unanimement refusé d'appliquer cette dernière.
Voici, en 1919,1a situation: elle n'a pas varié. Aucun de nos ports ne jouit de l'autonomie. Et nos grandes métropoles maritimes, comme d'ailleurs nos ports secondaires, demeurent en l'état : exigus, insuffisants ; ne se prêtant en rien aux conjonctures de l'avenir; sans jonction suffisante avec le rail ; représentant en un mot, dans leur ensemble, un outil inférieur donc handicapant notre développement général. Que l'on applique ou non la loi de 1912, il importe par conséquent et sans délai que cette question de l'autonomie des ports soit tranchée.
Notre régime de navigation intérieure ? La guerre elle-même, malgré ses brutales démonstrations et l'effroyable crise de transports qu'elle
DANS l/ AMÉRIQUE LATINE
nous a amenée de par l'insuffisance du rail, n';i point fait solutionner cette question. Ce grave problème, chez nous, intéresse cependant l'ensemble de notre pays jusqu'en ses grandes régions d'intense production, dans l'hinterland ; celles-ci ne bénéficieront de notre activité extérieure qu'autant que notre réseau fluvial sera, comme notre réseau ferré, poussé à sa capacité maxima, achevé, aménagé et mené à un point de haut et intégral rendement.
Les zones franches ? Cette mesure si simple pourtant, — je ne parle pas des ports francs qui n'ont rien à voir ici — et contre laquelle il n'a, en fait, été point énoncé d'argument valable, rappelle un peu, en nos temps modernes, ces problèmes de didactique sur lesquels les Byzantins aimaient à ratiociner pendant des générations.
Il importe, coûte que coûte et si nous voulons réussir, que nous changions nos méthodes, nos mentalités en matière d'économie générale, que nous devenions enfin un peuple de réalisations, peuple à qui l'ingérence de nos grands Alliés transatlantiques vient de donner 9ur son propre terrain une leçon de choses, rude et, sans doute aussi, un peu humiliante pour notre amourpropre national : mais combien féconde dans son haut enseignement 1
Le temps n'est plus où l'on pouvait se contenter de regretter, pour le bien de notre pays et l'amélioration de son statut, que nos affairés fussent si mollement conduites et si butes à évoluer, que les moindre- résultats demandassent des années d'enquêtes, de contre-enquêtes, de rapports, de sur-rapports, de COUtre-rapports,