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ORGANISATION

DES INTERPRÈTES DE L'ARMÉE D' ALGÉRIE {Journal militaire officiel, année 1854, n* 6)

RAPPORT A L'EBfPEREDR

Paris, le 4 février 1854

J*ai l'honneur de soumettre à la signature de Votre Majesté un projet de décret destiné à organiser, sur des bases définitives et plus

. régulières, le corps des interprètes de Tarmée d'Algérie, dont les penrices, je me plais à leur rendre cette justice^ ont été constamment,

g depuis plusieurs années, à la hauteur de la mission difficile qui leur % été dévolue.

La position de ces agents utiles n'a pas été, jusqu'à ce jour, entourée des garanties qu'il convient d'assurer aux serviteurs de l'État ;

8 il appartenait au gouvernement de Votre Majesté de combler une la-

■1 cune préjudiciable aux intérêts d'un corps qui est l'auxiliaire intelli-

^( gent et dévoué de l'armée d'Algérie et du gouvernement des Arabes.

-;. Tel est. Sire, le but du projet ci-anncxé.

.< Ce projet divise le corps des interprètes en deux catégories distinctes : celle des interprètes titulaires, dont le cadre est fixé, comme

T précédemment, à 40, répartis en quatre classes, et celle des interprètes auxiliaires, répartis eux-mêmes en deux classes, et dont le nombre sera déterminé chaque année, suivant les besoins du service.

Les postes les plus importants sont réservés aux premiers, la position des interprètes auxiliaires ne devant être considérée que comme on stage qui leur permettra de se perfectionner par la pratique.

^ Jusqu'à ce jour, et en présence de la pénurie des candidats ayant reçu une éducation française suffisante et connaissant la langue arabe et les coutumes du pays, mon département s'était vu dans la nécesaité de maintenir l'organisation des interprètes de l'armée d'Algérie

' à l'état d'essai, en quelque sorte, et d'admettre dans ce corps des étrangers- et des indigènes.

Mais actucUemcDt les mômes motifs n'existent plus. Le nombre da personnes, qui se livrent à Y^uâe de la langue arabe, augmeote: d'autre part, beaucoup d'officiers de Farméé se sont initiés à la ca&naissance de l'arabe parlé et peuvent traiter directement avec la indigènes les détails courants du service.

Le concours des interprètes n'est plus indispensable, sur uo certik nombre de points de l'Algério, que pour la traduction des pièces et pour les affaires importantes, où le chef politique a besoin d'avoir pour intermédiaire un agent possédant à fond la langue arabe. Ces drconstances nouvelles permettent de réserver aux seuls Français ou natoralisés français les emplois d'interprètes titulaires, les étrangers et ks indigènes devant continuer à être admis comme interprètes aaxiliaiRi

Les fonctions de rmterprétation, en rendant un agent TintenD^ diaire obligé de mesures politiques ou de plans d'opérations mitaires, exigent naturellement qu'elles ne soient accordées qu'à des nationaux et à des hommes sur la fidélité et la discrt'tion desqods on puisse compter. C'est à ce titre que j'ai cru' devoir proposera Votre Majesté de soumettre les interprètes de Tarmée à un seroetf spécial.

Aux termes du projet, nul ne peut entrer dans le corps des inte^ prêtes de l'armée que par le concours. Ce concours a lieu devant oje commission d'examen dont un arrêté ministériel détermine la composition.

Nul interprète ne peut passer d'un grade à un autre qu'après deox années de service dans le grade inférieur, srur la présentation àt cette commission, et lorsque, d'ailleurs, les notes de l'Inspection générale viennent prouver que le candidat est méritant sous tous lo autres rapports. Cette mesure est une garantie et pour le cx)rps des interprèles et pour le gouvernement, puisqu'on excluant toute faveur elle récompense le seul mérite.

Toutefois, Sire, une exception m'a paru devoir être apportée à oc principe, en faveur des interprètes de l'armée qu'une action d'éclatw des services exceptionnels recommanderaient particulièrement à li bienveillance du gouvernement. Dans ce cas, et sur un rapport spé-

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