GOUVERNEMENT GÉNÉRAL
(Je L'ALGÉRIE
«< Mon cher Collègue,
« Le général de La Rue vous a fait une proposition, qoe j> viens appuyer de toutes mes forces. Il s*agit de la nomination de Léon Roches, interprète en chef de Tarmce, au poste de général à Tanger. C'est, me direz -vous, une énormité, qui he rait toutes les règles hiérarchiques de la diplomatie. Je que la dignité et les intérêts de la France exigent que nous aywi^i à la cour du Maroc, un agent spécialement initié aux hommes aux choses de l'Islamisme^ afin qu'il tire tout le parti possiUe victoires que nous avons rempoilées sur ces peuples fanatiques.
« Si vous connaissiez Léon Roches, comme je le connais,
iriez pas, un instant, à lui confier le poste de Tanger. •— Il un tel prestige sur les Arabes, que j'ai vu, maintes fois, des ions entières, ramenées par lui seul à la soumission. — C'est :1e et écrit Tarabe, comme un lettré musulman ; qu'il a l'aspect * 'y qu'il égale l'habilité des meilleurs cavaliers arabes, et que rage est devenu proverbial parmi eux. J'ajoute que son esprit
son cœur généreux et prompt au dévouement, le rendent nt ; c'est, en outre, un excellent Français, vous trouvez que le grade de consul général soit d'abord vé, donnez-lui le grade inférieur ; mais qu'il soit chargé, seul, ^senter la France au Maroc.
^aul savoir prendre les ftœnmes^ propres à la chose^ là où ils
faire fléchir Us règles hiérarchiques devant un grand intérêt
ant à moi, en consentant à me priver des services de mon Loches, je fais, certes, un acte de désintéressement.
9 Maréchal Duoeaud (1). »
lettre si précise du maréchal ne manqua pas de proson eflfet sur un esprit aussi élevé que celui de t. Aussi Roches était-il, en 1846, nommé secréde légation à Tanger, auprès de M. de Chasteau, sadeur de France à Maroc, dont il allait bientôt dele gendre. Dans cette nouvelle position, il prenait rande part au rapatriement des Hachem et des Béni- , émigrés au Maroc, ainsi qu'à la soumission d^ Abd-el-Kader.
1848| Roches gérait la mission du Maroc, en qualité xgé d'affaires.
ocument communiqué par M. Roches.
£n 1849; il se retrouvait auprès du maréchal Bugeaod^ son digne et bien-aimé chef^ et restait à son chevet^ durant la maladie cholérique qui allait ravir à son pays cet illustre soldat .
£n 1849; Roches était nommé consul général à Trieste.
Juin 1852; consul général à Tripoli de Barbarie.
Juillet 1855; consul général chargé d'a&ires h Tonis. Êr:
Octobre 1863; consul général chargé d'affaires au JapoD; lr% avec le titre de ministre plénipotentiaire.
Mai 1868; ministre plénipotentiaire.
Mai 1870; admis à la retraite.
Léon Roches est chevalier de la Légion-d'honneoT; di6 fa^ août 1843.
Officier; en août 1845.
Commandeur, le 15 août 1858.
Officier de Danebrog (Danemark) .
Id. de l'Etoile polaire de Suède.
Id. de St-Jean de Jérusalem.
Commandeur de St-Grégoire-le-Grand .
Id . de Léopold de Belgique • Id . du Sauveur de Grèce.
Grand officier de St-Maurice et Lazare, dltalie.
Grand cordon du Nichan de Tunis.
Grand cordon de Tordre de rAhad-Constitution i* Tunis ( Roches est le seul européen ayant cette décoratioBi qui n'a été accordée, jusqu'à ce jour, qu'à cinq personnages musulmans).
Décore par l'émir Abd-el-Kader de la Richa ( plume) pour le siège d' Aïn-Madhi .
La colonie frwçaise de Tunis lui a^ en outre^ donné une [>ée d'honneur avec poignée d'or enrichie de diamants^ îleiidide œuvre d'art^ pour protection accordée lors du louvement fanatique de septembre 1857.
Tous ceux qui connaissaient Tancien interprète en chef oches pouvaient prévoir les brillants succès qu'il aurait^ n jour^ dans sa carrière diplomatique. Les Arabes de l'Âlirie, bien que trente ans se soient écoulés depuis^ conrvent de lui un précieux et amical souvenir. C'était, 3ent-ils, un charmew dliommes par son caractère ou- 3rt et sympathique.
La fiuâlité avec laquelle il improvisait un discours en oigue arabe tenait^ en effet, du prodige ; sa parole harlonieuse, chaude, colorée, persuasive, lui gagnait tous 38 cœurs^ en même temps qu'elle inspirait le respect.
M. Léon Roches est aujourd'hui ministre plénipoteniaire en retraite, en France.
THEY (Jean-Jacques)
Né à Malte, le 18 décembre 1786.
Prisonnier, il remplit auprès du bey de Constantinc les mctions de médecin pendant longues années . Au moment où T armée française venait de débarquer à di-Ferruch, They, qui avait suivi le bey de Constantinc couru au secours du pacha d'Alger, parvint à s'évader, alla offirir ses services au général de Bourmont, qui mploya immédiatement comme guide-interprète.
Confirmé àaas ses fontions le 1" août 1830, le | en chef le détacha au serrice de la douane du port d où, par sa connaissance des langues française, iti maltaise et arabe, il devait rendre de très-gTan vices.
En 1833, They était mis à la disposition du d'Uzer, commandant à Bône .
ËD 1835, il était nommé chirarfpen- major dt auxiliaire de Turcs et d'Arabes, organisé à Bône, vision de l'expédition de Constantine, par lebe; souf.
En 1836, après avoir fiût la première expédi Constantine, pendant laquelle il avait servi de jj nos troupes, il demanda et obtint d'être nommé llei aux spahis de Bône, et détaché, en cette qualité, officier d'ordonnance, auprès du général Trézel. I en 1842, il rentrait dans le corps des interprètes, pt employé auprès du général commandant à Bône, \ qu'il occupa jusqu'à la fin de ses jours.
BAXU { Salvatob-Anqel-Raphabl)
Né il Quarto (Sardaigne, royaume d'Italie), le ! tembre 1815 ;
Intorprète auxiliaire, à Bône, en 1841.
La vie de Baxu servirait certainement de canevn joli roman, et rappellerait l'existence de certains | nages du xvii' siècle, qui, courant les aventures au
lare coins du monde^ allaient offrir leurs services n'importe où, et qu'elle que fût la cause à soutenir, pourvu qu'il y eût à donner ou à recevoir des coups d'estoc et de taille. Telle qu'il me Ta racontée lui-même, je vais la rapporter ici^ aussi bien que possible, tout en regrettant de ne pouvoir donner à ce récit l'animation et cette couleur orientale du geste, du regard et de la parole, qui en feraient e charme et l'attrait :
« En 1817, mon père, ne prospérant pas dans ses affai- €8 commerciales, se décida à quitter Quarto pour se endre à Carbonara, petite ville du littoral de la Sardai- ;ne, où il espérait plus de succès . Il était marchand de barbon . Notre famille se composait de cinq enfants . Ma aère, étant restée pendant un an sans nouvelles de son nari^ se décida à aller le rejoindre ; mais, l'autorité locale ni ayant refusé le passeport nécessaire, elle n'en persista MIS moins, et s'embarqua, de nuit, avec tous ses enfants, iiir une simple chaloupe, sans voiles, dirigée à l'aviron par m seul homme, qui avait bien voulu se charger de conluire clandestinement la famille émigrante.
» L'embarcation ayant pris le large, et le point du jour irrivé, nous nous trouvâmes en vue de trois grandes sanlales (tartanes barbaresques), montées par des corsaires bunisiens, qui se dirigèrent aussitôt sur nous . La résistance ti'était pas possible ; le patron, aidé de mon frère aîné, benta bien, à force de rames, d'échapper par la fuite, puis tnême de résister foUement ; mais il fallut se résigner et le laisser capturer. Bref, nous fûmes tous pris et installés i bord de l'un des corsaires, sans avoir été maltraités, et
on cingla vers la côte tunisienne^ où nous débarquâmei bientôt^ dans un endroit inhabité^ proche la petite ville de Porto-Farina^. k quelques lieues à Touest de Tunis. Oo nous fit camper dans une grotte^ contre les rocs du rivage^ et^ le lendemain^ le raïs nous conduisit à Forto-Farina, où le vice- consul sarde^ ayant appris notre capture, en rendit compte à son consul général, à Tunis, qui nous rédama comme ses nationaux. Nous fûmes donc, tout d'abord, arraches des mains du pirate, et le vice-consul nous fit conduire à Tunis, au consulat général. Nous nous croyions sauvés. Mais, sur la réclamation du raïs, Hussein, alors bey régnant, nous revendiqua comme ses prisonniers, et, malgré la résistance du consul général, on nous conduisit u son palais. Il nous fallut subir les conséquences de ce rapt ; le canon de la France n'avait pas encore retenti sur la Kasba d'Alger, pour annoncer à ces forbans barbaresques que Tère de l'humanité était enfin arrivée dans ces parages, depuis des siècles inhospitaliers. Au moment de cet événement, nous étions âgés : mon fi^ère aîné, Antoine, d'environ 18 ans ; ma sœur, Francisca, de 13 à 14 ans; Raymond, de 9 ans; j'avais 3 ou 4 ans, et mon plus jeune frère était encore au berceau.
» Le bey décida qu'Antoine serait placé parmi les mameluks de sa maison, et Francesca, qui était passablement jolie, entrerait au harem. Raymond et moi, nous fûmes ('gaiement confiés au harem, pour être élevés et éduqués selon la religion musulmane.
» Quant à ma mère, à mon frère à la mamelle et au patron de la chaloupe, on leur accorda gracieusement la jouissance d'une maison de campagne, nommée Morna-
goia^ proche le Bardo^ et ma mère avait T autorisation de ▼enir nous visiter tous les mois. Lorsqu'elle sut que Baymond et moi étions élevés dans la religion musulmane^ eUe se désola et se plaignit au bey ; mais ce dernier la eonsola^ en lui disant qu'il nous considérait et nous traitait comme ses propres enfants/ ce qui était exact : car nous étions élevés avec ses enfants et d'autres^ fils des meilleures familles. Nous fûmes successivement retirés du harem^ et notre instruction^ dans les principes du Koran^ se continuâ. Nous avions pour compagnon d'études Yousouf^ devenu^ depuis^ célèbre en Algérie et général au service de la France (i). Mon fi*ère Raymond reçut le nom musulman d'Ali; moi^ de mon côté^ je fus nommé Salah. On nous incorpora^ tous deux^ dans les mameluks : mon firère^ dans ceux attachés à Mohammed^ Tun des fils du bey ; et moi^ dans ceux d'un autre de ces fils^ Si Saddok^ le b^ régnant actuellement.
» Enfin/ huit ans après notre capture, ma mère, mon frère Biné, ma sœur^ mon jeune frère et le patron de la dialoupe, tous restés chrétiens^ furent autorisés^ par le bey^ à retourner dans leur patrie, et rentrèrent^ en effets en Italie • Raymond et moi restâmes, retenus à Tunis, en raison de notre qualité de jeunes musulmans. Dès leur retour en Italie, les anciens captifs furent emprisonnés, sous la prévention d'avoir vendu les deux enfants ; mais, après information^ ils furent rendus à la liberté.
» Nous avons raconté plus haut les aventures amourrases^ dans le harem, de Yousouf et de Raymond Baxu .
(1) Voir, ci-dessus, la biographie de Yousouf.
* Apr&s U fmte de YoaMof, Raymond mon frère soigea aoni à s'évider ; mais il ne voulait pas me laînt ezpoflé à la vengeaiioe du b^. H ne me fit point d'aboi la oonfidenoede son projet^ et combina notre faite poc le temps où le b^ devait s'abaenter de Tonis pour aDer prendre les eaux à Hammam' Lif^ établissement tiierail à quelques kilomètres de la ville.
» Le joor même du départ du bejr^ noua nous tronviiKs tous deux faire partie de la brillante eaoorte qui acot»pagnait ce prince. Mon frère m'aborda^ et^ une fob a route^ nous ralentîmes insensiblement Tallure de nos Abvaux, de manière à ne pas éveiller l'attention ; et, Tescorte passée^ nous allâmes au galop chez le consul de France^ nous mettre sous sa protection . Pour moi^ arrivé enfant à Tunis, élevé en bon^ même en fanatique musulman, il ne me restait aucun souvenir de mon origine européenne, et j'étais réellement attaché et dévoué au bey, mon maître. Le langage de mon fi^re avait donc lieu de me surprendre, et, tout d'abord, je refrisai net de le suivre; mais, sur son observation que déjà sans doute on s'était aperçu de notre ftiite et qu'on nous poursuivait pour porter nos têtes au bey, je réfléchis, j'eus peur, et je dédanû h mon frère que je le suivrai partout.
» Mon frère entretint le consul de France 'dans un langage ([ui m'était inconnu ; mais je compris cependant que (H^ fonctionnaire refrisait de nous accueiUir parce que nous n'étions pas sujets fr^ançais. Quoi qu'il en soit, le consul, aidé de son collègue d'Italie, nous facilita les moyens de noUR embaniuer sur un bâtiment sarde, faisant voile vers les oôtcH d'Italie.
» Arrivés dans notre patrie^ nous fûmes conduits à in^ et présentés au roi, qui dédda que nous serions envoyés pour apprendre la langue italienne et les précités de la religion catholique, au collège de Superga.
» Four moi, j'étais musulman, et musulman des plus fitnatiques. Aussi, lorsque, après quelques jours passés au collège, on nous fit changer de costume, pour nous vêtir à Venropéenne, je reprochai amèrement à mon frère cette transformation, que je considérais comme un sacrilège ; je me croyais un renégat; j'étais fiirieux. Dans ces dispositions, je m'évadai du collège, et me réfugiai à Turin, où me recueillit le comte de Villadermoza, qui, sur mes instances, me fit entrer dans un régiment de cavalerie. J'étais alors âgé de 22 ans. Je fris envoyé à Fignerol où je restai jusqu'en 1838. L'année suivante, je quittai le service et me rendis en Algérie où mes connfdssances en langue arabe me firent admettre aux spahis de Bône, en qualité d'interprète-auxiliaire de l'armée.
» En 1846, lors de la réorganisation des spahis, j'étais maintenu dans le corps avec le grade de sous-lieutenant. Cité à différentes reprises, à l'ordre, dans les nombreuses expéditions auxquelles je pris part, j'étais nommé chevalier de la Légion-d'honnèur, le 9 mai 1854, et, en même temps, naturalisé français, par décret impérial . »
En 1856, le sous-lieutenant Baxu donnait sa démission, retournait en Italie pour régler diverses affaires de famille, et nous le voyons reparaître peu après à Tunis, où on lui faisait espérer le grade de colonel dans la cavalerie du bey .
N'ayant pas obtenu ce qu'il espérait, il se rendait
«npièi du cbeikh Bonina^ chef puissant des Mthmed, î qui il allait offirir ses senioes.
Le cheikh Rouma s'âsut jadis révolté contre k it gence de Tripoli^ et avait été interné à Ck>n8taatinof^ pendant onze années. Ayant aifin recouvré sa Ubarté, fl état revenn dans ses mcMitagnes avec Tintoition secrète, mû bien arrêtée, d'eiqialser complètement les Turcs de k Tkv pditaine. 11 travailla habilement les esprits des p(^Nditions tant arabes que berbères, et, lorsqu'il les vit prêta à se soulever, il proclama rinsnrrection. « C'est à ce moment, dit Baxu, que je me dirigeai vers œ personnige. J'allai d'abord à Souza. Là, je m'organisai pour un kmg voyage dans 1 intérieur; je m'halûllai complètement en Arabe; je me munis d'un revolver à six coups ; je mis des provisions dans une peau de bouc, et^ n'ayuit que des données vagues sur le lieu où se trouvait alors le personnage auprès duquel je me rendais, je partis à pied^ k sac sur le dos, me dirigeant vers le Djerid .
» Je devais dissimuler, avec soin, ma qualité d'Européen : il y allait pour moi de la vie.
A Après les quatre ou cinq premiers jours de mardie, j'atteignais la ville sainte de Eairouan, et je m'y arrêtai, pour tacher de trouver un compagnon de route ; mais, n'ea ayant découvert aucun à ma connaissance, je me joignis, sans être connu, à une caravane étrangère, qui se dirigeait du même côté que moi . Nous étions en plein désert, et je marchais dans le sable brûlant depuis le point du jour jusqu à la nuit.
» Au bout de neuf nouvelles journées de marche, fort pénibles, j'arrivai à Gafsa, puis, le lendemain, à Touzer, où
je trouvai la colonne tnniBienne; chargée du recouvrement de rimpôt^ commandée par Si Saddok, frère du bey^ Bt mon ancien maître pendant mon en&nœ. A la colonne se trouvait un vieil ami à moi^ que j'entretins secrètement et à qui je dévoilai mes projets. Précisément il connsdssait le gendre de Bouma^ qui habitait Guebeli^ ville du Nefzaoua^ et il me remit^ pour lui^ une lettre pressante^ par laqudle il l'engageait à me faire parvenir près de son beau^ père.
» Aussitôt en possession de cette lettre^ je retournai dans la mosquée de Sidi Abd-el-Kader^ où j'avais couché^ et j'entendis des agents de Si Saddok s'informer d'un certain voyageur inconnu^ venu de Tunis. C'était évidem* ment moi que Ton recherchait. Comme la mosquée était en ruine^ je m'échappai par une brèche^ et je m'éloignai en toute hâte dans la direction où je présumais que se trouvait le Ne£saoua^ vers l'est.
]> Je traversai un lac salé^ desséché^ qui avait une éten^ due d'au moins vingt-cinq lieues ; j'étais presque sans pro^ visions. Le soir^ au coucher du soleil^ me trouvant en vue d'une petite bourgade en ruines^ j'aperçus^ en avant de moi et venant à ma rencontre^ six cavaliers^ et je changeai prudemment de direction pour les éviter. Je m'assis un peu à l'écart pour les laisser passer. Ils se dirigèrent néanmoins vers moi et m'abordèrent. -— Le salut d'usage échangé^ ils me demandèrent^ d'un ton d'autorité^ qui l'étais^ d'où je venais et où j'allais. — Je répondis avec assurance^ tout en caressant la crosse de mon revolver^ que j'étais marocain^ que je venais de la Mecque, et que je m'en retournais dans mon pays . L'un d'eux alors préten-
dit que je mentais^ que je devais être un déserteur dek colonne du bey du camp. Je niai^ et invoquai mon aeoË 1 i étranger. Un autre cavalier observa que je disus ym,^ \ i qu'il Mait me laisser. Us s'éloignèrent; alors je r^risn route.
» Arrivé dans la petite ville en ruines et qui avait ïm d'être inhabitée^ je cherchai, et je finis par découvrir, dus une espèce de cave, deux juife^ à Tair misérable^ qui tnvaillaient des bijoux arabes. Je leur demandai n j'étûs loin de Guebeli ; ils me répondirent que j'en étais à nue journée de marche seulement, mais que la route en étût des plus dangereuses^ à cause des pillards nomades qm rinfestaient. Je œuchai là^ et, le lendemain, me remis en marche avec deux galettes que m'avaient vendues les juifs. Le soir même, j'étais à Guebeli, sans accidents, malgré les sinistres prévisions de la veille. Je me présaitii de suite chez le gendre de ttouma ; je lui remis ma lettre, il la lut, me fit entrer dans sa maison, et je lui expliquai entièrement le but de mon voyagé, et le priai d'expédier un message à son beau-père, afin qu'il m'envoyât nne escorte pour me rendre auprès de lui . Comme cet homme ne savait pas bien écrire, il sortit afin de chercher un taleb pour fSûre sa lettre, après avoir mis, devant moi, quelques poignées de dattes pour ma nourriture. A peine était-i) parti, que sa négresse entra dans la chambre où je me trouvais , me baisa respectueusement la main, et me demanda si c'était bien moi Mohammed, — Non, répondis-je, je m'appelle El-Hadj Salah. — Cependant, ré- \>Uqua-t-elle, ma maîtresse a cru que vous étiez son frère.
« A peine achevait-elle ces paroles, que sa maîtresse.
la propre femme de mon hôte, la fille de Bouma^ se précipite dans la pièce^ me saute au cou, m'embrasse en me traitant de frère. Je nie ; mais eUe persiste et continue ses caresses.
» Pendant cette scène étrange, le mari rentre, et sa femme le met au courant. J'ai beau protester ; il faut, bon gré, mal gré^ que je sois Mohammed, fils de Itouma, qui revient de captivité de Constantinople. Ce singulier quiproquo fait oublier le but que je me proposais, et, au lieu d'écrire à Bouma dans le sens que je désirais, on lui apprend que son fils est là, et on rengage à lui envoyer des vêtements et une escorte, afin qu'il puisse arriver auprès de son père dans un état digne de son rang .
» Déjà, dans la ville de Guebeli, avait circulé le bruit de la rentrée du prétendu fils de Bouma, et les vêtements, les cadeaux de toute nature pleuvaient, pour lui^ dans la maison où je me trouvais.
» Quelques jours après^ un matin, pendant que j'étais encore couché, la femme de mon hôte se précipite dans ma chambre^ et me prévient que 25 cavaliers de Bouma, son père, viennent d'arriver et m'attendent pour me servir d'escorte. Ils m'apportent de riches vêtements^ et amènent^ pour mon usage, un cheval magnifiquement hamadié, le tout^ avec la conviction que j'étais le fils de leur maître.
ji A peine étais-je levé, que les cavaliers font irruption dans ma chambre et, après, m^ avoir baisé la main respectueusement^ me pressent de revêtir les habits qu'ils m'apportent et de les suivre, pour rejoindre Bouma^ qui m'attaid à la tête des populations nombreuses qu'il commande .
» Je persistai à refiiser les vêtementS; mais j'acoeptu le cheval^ et nous partîmes. A peine hors de la ville^les cavaliers de mon escorte commencèrent la fantasia en avant de moi^ pour me faire honneur ; les deux cfaeâ se placèrent à mes côtés^ et^ m' ayant expliqué que je n'avais plus rien à craindre^ me pressèrent de leur avouer que j'étais bien le fils de leur maître. Je protestai de nouveau que non^ mais que je lui étais recommandé par un ami. Outrés alors^ ils me menacèrent de me tuer^ si je ne leur disais la vérité. Je persistai encore^ en leur disant de fiùre de moi ce que bon leur semblerait^ résolu^ en tous les cas^ à leur vendre chèrement ma vie .
TU Après avoir marché pendant un jour et une partie de la nuit^ nous campâmes au pied d'une montagne pont reposer. Les deux chefs couch^ent à côté de moi . Pendant cette halte^ je réfléchis sur le danger dont j'ébds menacé; j'aurais bien voulu fuir^ mais je n'en trouvais pas le moyen. Je m'arrêtai au parti d'expédier à Rouma, par deux cavaliers rapides^ la lettre dontj'étais porteur pour lui^ et je continuai ma route^ quelques heures après^ avec r escorte.
» Au point du jour ; nous pénétrâmes dans un étroit défilé, entre des rochers à pic, d'une très-grande hauteur, et bientôt j'aperçus, venant à notre rencontre, deux cavaliers lancés à fond de train. Ils m'(^)portaient de nouveau, de la part de Kouma, des vêtements ; ils mirait pied à terre en me pressant de les revêtir, prétendant qae je ne pouvais me présenter avec mes habits^ {dus que modestes, à la fête d'arrivée qui m'était préparée. Je refusai une dernière fois.
» Bientôt hors du défilé, dont le parcours avait duré plusieurs heures, je débouchai tout-à-coup dans une prairie immense, couverte d'Arabes avec des drapeaux flottants. On me dit que c'était l'armée de Koiima, et on m'indiqua le groupe au milieu duquel se trouvait ce dernier. Aussitôt je lançai mon cheval, ventre à terre, dans cette direction, et j'abordai Bouma. Nous mimes pied à terre en même temps, et nous nous embrassâmes.
» Rouma était un vieillard d'une soixantaine d'années, de taille moyenne, d'une figure laide et commune. Rien chez lui n'annonçait l'énergie d'un homme qui veut conquérir un trône, si toutefois on peut appeler de ce nom le pachalik de Tripoli de Barbarie .
x) Nous nous retirâmes à l'écart, et nous nous assîmes sur un rocher pour conférer. 11 me demanda tout d'abord pourquoi je m'étais fait passer pour son fils. Je lui expliquai le plus clairement et le plus succinctement possible la méprise de sa fille, qui avait donné lieu à ce bruit, et les eflforts infructueux que j'avais faits pour l'empêcher de l'accréditer. Les populations, habitants et guerriers, nous entouraient à dislance, pleines d'enthousiasme.
» Après nous être entretenus ainsi particulièrement du bat de mon voyage, Rouma, remarquant qu'il existait toujours, parmi les siens, une certaine effervescence contre moi^ se leva, et expliqua à ses officiers les plus proches que je n'étais pas son fils, mais l'ami d'un de ses amis, qui lui était envoyé, et qu'il entendait qu'on me respectât.
» Il me fit conduire alors par une escorte d'honneur aous sa propre tente, dans un compartiment séparé^ et il resta avec son entourage. La population qui obéissait à
Bouma^ était la tribu puissante des Beoi Zià, qui se trouvait alors en guerre avec d^autres tribus voisines, notamment avec les Hamama . Chacun des belligérants pouvût mettre sur pied de 1 >500 à 2^000 cavaliers, et autant de fantassins.
D Au moment où j'arrivai auprès de Rouma, quelquesuns des che& sous ses ordres^mus sans doute par la jalousie, et craignant apparemment de se voir supplantés par moi, lui insinuèrent qu'ils croyaient bien m'avoir vu parmi leurs ennemis et que je pouvais bien être un traître ou un espion .
» Rouma sans ajouter complètement foi, à ces rumeurs, se tint néanmoins sur ses gardes, à mon égard. J'étais m suspicion, je le sentais, et me trouvais dans une très-&usse position. Chaque nuit, une vingtaine de nègres de la garde de Rouma veillaient autour de moi.
» Des engagements avaient lieu fréquemment entre les tribus ennemies et Rouma prenait part à ces combats; je lui avais demandé à marcher avec lui, mais il s'y était refiisé. Je restais donc à la tente, et cette situation me semblait intolérable. J'avais soif d'émotioii, et je désirais vivement montrer ce que je pouvais faire. . . .
» Enfin, après sept ou huit jours d'expectative, Rouma à qui cet état de choses pesait autant qu'à moi, entra dans le compartiment de la tente qui m'abritait, et vint prendre le café avec moi. J'en profitai pour provoquer une explication. Je lui dis que j'étais impatient de me mettre à Toeuvre et de marcher sur Tripoli.
» Ce ftit alors qu'il m'apprit les bruits qui avûent couru sur mon compte parmi les siens . Outré de colère contre
les misérables auteurs de ces bruits calomnieux^ j'insistai pour lui fournir sur-le-champ la preuve de ma sincérité^ et lui proposai de marcher^ dès le lendemain, contre les Hamama. U y consentit.
n Le lendemain donc^ vers midi^ informé par un signal donné par les bergers de troupeaux de chameaux^ que Tennemi se montrait vers Touest^ je me mis à la tête d'un millier de cavaliers de Rouma^ et^ apprenant précisément que les Hamama venaient de capturer environ 2^000 chameaux des Béni Zid, j'enlevai vigoureusement ma troupe, que j'avais organisée en pelotons, et me précipitai avec impétuosité sur Tennemi. Après trois heures de combat, je repris et ramenai triomphalement la totalité du troupeau. Nous avions tué ou blessé à Tetoiemi plus de cent hommes, su(>cès dû à notre ordre d'attaque par peletons, ce qui l'avait démoralisé tout d'abord . — Nos pertes étaient insignifiantes.
» Mon retour, après cet exploit, dissipa tous les doutes de Bouma, qui m* accueillit à bras ouverts et me combla de félicitations. Enfin la glace était rompue entre nous. Je continuai cette \^e de combats et d'agitation auprès de Rouma, pendant deux mois environ, sans autre récompense que l'espoir de marcher à la conquête qui avait été le seul mobile de mon voyage .
» Enfin, d'accord avec Rouma, je quittais son camp, au mois d'avril 1856, toujours déguisé en Arabe, pour me rendre à Tripoli, afin de visiter la place et ses abords, et d'en combiner l'attaque et la prise. Je fis une reconnaissance minutieuse, et, grâce à mon costume et à la pureté de mon langage, je n'éveillai aucun soupçon. Le résultat
de mes investigations ne laissait aucun doute sur la possibilité de la réussite de notre projet^ sans artiUerie^ et avec les seuls moyens dont nous disposions. Kien n'était plus possible que de s'introduire, à la faveur de la nuit, dans la ville, qui n'était gardée que par 2,000 hommes. Mais, comme on va le voir, cet événement, qui pouvait me faire une situation brillante, ne devait pas s'accomplir, faute de résolution de la part de Rouma, qui n'était point digne de jouer le premier rôle, et que j'aurais bien pu réduire au second et même annihiler. Mon arrière-pensée, la ville prise, était de me déclarer bey, et de me mettre immédiatement sous le protectorat des puissances européennes .
» Après quinze jours passés à Tripoli, je retournai auprès de Romna ; mais, à mon grand étonnement, je le trouvai hésitant, irrésolu . Bref, il finit par remettre l'expédition après la récolte, c'est-à-dire deux mois plus tard.
» Pour mon compte, découragé par ce manque de résolution, je partis pour Gabès, en engageant Rouma à m'écrire dans cette ville, lorsqu'il serait décidé à marcher, lui promettant de revenir aussitôt me remettre à sa disposition .
» On sait que, plus tard, Rouma, attaqué par une colonne turque, perdit la vie et sa tête resta exposée plusieurs jours à la porte de Tripoli.
» De Gabès j'allai à Tunis, puis m'embarquai pour l'Egypte. N'ayant pas réusssi à me faire employer dans l'armée du vice -roi — sans ressources, et enfin, conmie il fallait vivre, je me décidai à me faire... médecin. Dans ce
but j'achetai une brochure Raspail, avec quelques médicaments selon la méthode^ et je me suis mis en campagne^ parcourant villes et villages sur les bords du Nil, d'Alexandrie au Caire. Je réussis ainsi à gagner quelque argent. J'allai tenter la fortune en Syrie et en Turquie, mais je regrettai l'Algérie, et il me tardait d'y retourner.
» En 1859, j'étais à Constantine, et, n'ayant pu obtenir, en raison de ma démission, d'être réintégré dans mon ancien régiment de spahis, je sollicitai un emploi dans l'administration civile. Je fus nommé adjoint d'un bureau arabe départemental. »
Pendant la guerre franco-prussienne, Baxu se présentait l'un des premiers pour marcher dans l'un des corps en formation après nos désastres . Nommé sous-lieutenant au 3* chasseurs d'Afrique, il faisait partie de l'armée de la Loire, où il obtenait bientôt les galons de lieutenant. Blessé grièvement à la tête dans une rencontre de cavalerie, il était évacué, et renvoyé en Algérie, puis licencié à la fin de la guerre. Fendant quelques années encore, Baxu a servi dans l'adminis^ation civile avec son ancien emploi. 11 vit aujourd'hui retiré à la campagne, aux environs de Constantine.
LOMBARD (Eugène)
Né à Tunis en 1817 ;
Engagé volontaire aux spahis de Bône, en 1835. — Brigadier; maréchal de logis. Interprète militaire de 3* classe.
le 1** avril 1839. Cité, pour sa belle conduite^ an combat des Nebaïl ; blessé à la main^ et cheval taé sous lui. Démissionnaire.
TABONI
Interprète militaire auprès du commandant supérieur de Bougie.
Le 4 août 1836^ le cheik kabyle Amezian Oulid on Rabah, suivi de quelques cavaliers, se présentait aux avant-postes, dans la plaine \ie Bougie, et envoyait un message au commandant Salomon de Musis^ annonçant qu'il désirait voir finir la guerre, et conférer sur les conditions de la paix.
Le commandant de Musis, accompagné de son interprète Taboni, du capitaine Blangini et de deux soldats sans armes, se rendit au rendez-vous.
La conférence avait commencé au mieux ; les paroles les plus bienveillantes, les protestations les plus chaleureuses, les poignées de main avaient été échangées. Rien ne faisait prévoir Thorrible guet-apens d'Où- Rabah .
Amezian donna le signal. Un cavalier, armé d'un tromblon chargé de dix balles, le même à qui, un instant auparavant, le commandant, à cause de sa bonne mine guerrière avait donné cinq francs, se glisse derrière M. Salomon, se penche sur son cheval, appuie son tromblon sur la malheureuse victime, et fit feu .
Le commandant tombe ; trois autres coups de feu dans le ventre l'achèvent.
L'interprète Taboni est entouré aussi : il a la poitrine brisée par la décharge d'un autre tromblon^ lançant huit balles, tiré à bout-portant .
Blangini, heureusement à pied, est manqué au milieu des coups de feu ; mais il est terrassé et contusionné. Les assassins s'enfuient au galop, emmenant les chevaux de leurs victimes, comme trophée de leur infâme trahison .
THEUMA (Louis)
Né à Malte, le 13 janvier 1811, naturalisé Français ; Interprète temporaire le 21 avril 1836 ;
Id. auxiliaire, le 30 septembre 1836 ;
Id. 3»« classe, le 13 mars 1845 ;
Id. 2«* classe, le 6 février 1850 ;
Id. 1" classe, le 21 décembre 1853 ; Chevalier de la Légion-d'honneur, le 9 mai 1865 ; Eetraité, le 16 mars 1867 ;
A assisté aux expéditions faites dans la province d'Oran, de 1836 à 1860;
A publié quelques études historiques sur la province d'Oran.
DARMON (Amran) Né à Oran en juillet 1815 ; .
Interprète temporaire, le 19 juin 1836 ;
Id. auxiliaire, le 17 mars 1837 ;
Id. 3* classe, le 1" avril 1840 ;
Id. 2* classe, le 13 mars 1845 ;
Id. 1" classe, le 16 janvier 1852 ; Chevalier de la Légion- d'honneur, le 22 décembre 18 Retraité, le 8 janvier 1870.
URBAIN (Ismael-Thomas)
Né le 31 décembre 1812 à Cayenne ;
Homme de lettres ;
Interprète militaire de 2^ classe, le 21 mars 1837 ; Id . de 1" classe, le 1*' avril 1839 ;
Id. principal, le 29 juin 1843 ;
Attaché à la division de Constantine et auprès du d' Aumale, pendant l'expédition qui se termina par la p de la smala d'AM-el-Kader, puis au ministère di guerre, affaires de l'Algérie ;
Conseiller du Gouvernement à Alger ;
Chevalier de la Légion-d'honneur, en 1844 ;
Officier id en 1865 ;
A publié de nombreux travaux historiques sur T Alge
Aujourd'hui en retraite.
MARGUERITTE ( Jean- Auguste ) Né à Manheulles (Meuse), le 15 janvier 1823 ;
1837. Interprète militaire^ à Blida, à Bouffarik et au imp de la plaine ;
1838. 1" janvier. S'engage aux gendarmes maures, en lalité de gendarme-interprète .
En 1842, lors du licenciement des gendarmes maures, rps dans lequel il avait le grade de sous-lieutenant, Mareritte s'engagea aux spahis réguliers, et, n'ayant encore e les galons de maréchal- des-logis, fut nommé chef du reau arabe de Miliana.
n avait déjà été l'objet de plusieurs citations à l'ordre l'armée, pour la bravoure qu'il avait montrée dans les ubats d'£l-Affroun, du Chelif, à Miliana et au bois de lareza ; aussi, reçut-il la croix de chevalier de la Légion lonneur, le 6 août 1843.
Nommé sous-lieutenant, le 23 juin 1844, il était placé Téniet-el-Hâad, avec mission d'organiser ce cercle, faisait plusieurs expéditions à la poursuite de Bou aza.
Chef d'escadrons, le 4 juillet 1855 ; Officier de la Légion d'honneur, le 7 août 1859 ; Lieutenant-colonel, le 18 janvier 1860; Colonel du 3« chasseurs d'Afrique, au Mexique, le 2 ilet 1863;
Commandeur, le 1 1 juillet 1 864 ; Général de brigade, le 21 décembre 1866. ^ maréchal Forey, rendant compte des opérations mi- ^es au Mexique, écrivait à propos de Marguerite :
' Oq ne sait plus en quels termes faire son (^loge. »
Margueritte, après avoir commandé le cercle de La-
gfaonat^ pnis la subdivision d* Alger^ partit pour Fnut quand la guerre franco-prussienne éclata. I ^
En 1870^ il a été tué^ général de division^ à Sédu, a I d I chargeant les Prussiens à la tête des chasseurs d'Afr 1 mi que. I ce
MOULLÉ (Louis-Cyprikn;
NéàPari8,le6avrill814;
Interprète auxiliaire^ nommé par le général Bapatèl,ei 1836;
Détaché dans les camps de la Mitidja^ 1836*1837;
Sous-lieutenant aux gendarmes maures^ le 15 déœnbre 1839;
Licencié, le 31 juillet 1842;
Engagé volontaire aux chasseurs d'Afiique, le 28 novembre 1842;
Sous-lieutenant de spahis, le 3 juillet 1843;
Lieutenant id. 16 octobre 1849;
Capitaine id. Il janvier 1853.
Moullé, de même que son camarade Margueritte, parlait la langue arabe d'une manière remarquable, et c'est pour cela, qu'étant simple spahis, il fut détaché à Cherchel, en qualité de chef de bureau arabe, par ordre du maréchal Bugeaud, qui voulait, avant tout, utiliser les aptitudes qu'il avait sous la main . C'est en remplissant ces fonctions que MouUé gagna successivement tous ses grades, de brigadier jusqu'à capitaine.
Cinq fois il fht dté à l'ordre de rarmée, pour sa belle
nduite devant rennemi . Il recevait la croix de la I^égion [ionneur,le 8 avril 1841, étant encore aux gendarmes siures. Il est mort capitaine commandant supérieur du rde de Cherchel, en décembre 1855.
AUBIN (Fabien)
Né à Tunis, le 21 mars 1814;
Attaché au consulat, en qualité de secrétaire à la chan-
Ilerie;
Venu à Marseille, en 1829, et employé à Tagençe des
bires étrangères, comme secrétaire-interprète^ de 1832
Interprète auxiliaire à Alger, le 15 août 1836;
En 1838, il passe aux spahis, avec le grade d'officier au
^ indigène, attaché au bureau arabe, auprès du capi-
ine d^AUon ville ;
Mort en activité de seiTÎce, vers 1845.
DE BONNEMAIN (François-Louis)
Né à Bastia (Corse), le 18 octobre 1817. Le père de Bonnemain, intendant militaire, débarquait Alger^ avec toute sa famille, peu après la prise de cette lie. Il n'y avait alors aucune école à Alger^ à Tâge par-
foîs si difficile où l'enfant a besoin d'une constante et énov gique direction pour développer dans son cœur tons ki sentiments honnêtes et Tamour da devoir. Le jeune it^ Bonnemain se trouva en quelque sorte livré à ses propM ' instincts^ c'est-à-dire sans autre guide que la droitan naturelle dont la Providence l'avait doué. L'un de ses plus beaux mérites est, sans contredit, d'être sorti victoriea-] sèment de cette première épreuve, d'avoir su éviter tow 1 les écueils semés sur sa route, contre lesquels aurût iné> i vitablement échoué une âme moins fortement trempée qiie ] la sienne.
Son imagination vive et capricieuse fut séduite par k] spectacle émouvant dont Alger présentait alors le bleau. Après une lutte sans trêve, les tribus de la plaini] commençaient enfin à se calmer ; les habitants de la tidja entraient en relations avec nous ; la guerre sembl devoir faire place à la paix.
La vie arabe exerça alors sur Bonnemain une attradion étrange: il fréquenta assidûment les indigènes; le maure de Birmandreïs fiit sa première école ; c'est sar' les J)ancs de ce café qu'il s'initia à la langue du pays qa'ï devait posséder plus tard d'une manière si remarquable.
Un jour, un groupe de cavaliers Hadjoutes, à la tête' desquels était leur cheikh El Bachir, passait devant le café de Birmandreïs, s'en retournant vers ses campemente habituels. Le jeune Bonnemain entraîné par son caractère aventureux, suivit les cavaliers •
Le fameux Ben-AUal accueillit le jeune chrétien sons sa tente, l'adopta, lui donna le nom de Moustapha, sons le-
el les Arabes Pont toujours connu depuis et le traita sormais à régal de son fils.
Mais les Hadjoutes^ gens remuants et belliqueux^ ne tarrent pas à reprendre leur vie vagabonde, et à rompre les lations qu'ils avaient avec nous.
Le jeune de Bonnemain se trouva donc entraîné, par la rce des circonstances dans un tourbillon duquel il lui t pour le moment, impossible de sortir. A peine adolescent, il partageables fatigues et les périls iseshôtes^ et c'est au milieu de gens qui ne se complaisent l'à Taspect de vastes horizons et d'espaces libres à parurir, que Moustapha commença à vivre. C'est au milieu \ dangers de toute nature, d'alertes continuelles, que se Kveloppa cette organisation impétueuse que tous admirent plus tard, il devint un cavalier intrépide ; nul obsde ne l'arrêtait : « Tout ce que les Centaines pouvaient Ire avec leur douile cœys, soumis à une seule dme^ nnemain le faisait. » Cet éloge^ de la part d'un de nos ■nds écrivains les plus féconds, n'a rien d'exagéré (i). tducation primitive et virile que reçut aindi Bonnemain luapour toujours sur son caractère impressionnable. lœi resta-t-il imbu d'idées parfois naïves et incrédules, de rtains préjugés indigènes, dont il ne se départit ja-
Cependant les Hadjoutes, dont on ne pouvait tolérer qp longtemps l'humeur vagabonde et hostile, furent orsuivis à outrance par nos colonnes, et ne tardèrent B à faire de nouvelles ouvertures de soumission.
1) Alexandre Dumas, dans le Véloce^ où il raconte son voyage à DStantine et sa rencontre avec de Bonnemain.
fois si difficile où l'en&nt a besoin d'une oonst gique direction pour développer dans son c sentiments honnêtes et l'amour da devoir. ] Bonnemain se trouva en quelque sorte livré f instincts, c'est-à-dire sans autre guide qm naturelle dont la Providence l'avait doué. L'u beaux mérites est, sans contredit, d'être so: sèment de cette première épreuve, d'avoir si les écueils semés sur sa route, confa^ lesquel vitablement échoué une âme moins fortement la sienne.
Son imagination vive et capricieuse fut s* spectacle émouvant dont Alger présentait bleau. Après une lutte sans trêve, les tribus commençaient enfin à se calmer ; les habitai tidja entraient en relations avec nous ; la gue devoir faire place à la pais.
La vie arabe exerça alors sur Bonnemain un étrange: il fréquenta assidûment les indigèi maure de Birmandreïs iiit sa première écolt les b^'DCS de ce café qu'il s'initia à la langue d devait posséder plus tard d'une manière quable.
Un jour, un groupe de cavaliers Hadjoute desquels était leur cheikh El Bachir, passai café de Birmandreïs, s'en retournant vers ses c
les Arabes Pont toujours connu depuis et le traita sonnais à Tégal de son fils.
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\Xfe jeune de Bonnemain se trouva donc entraîné, par la
jrce des circonstances dans un tourbillon duquel il lui . t pour le moment, impossible de sortir • ^ A peine adolescent, il partageables fatigues et les périls jseshôtes; et c'est au milieu de gens qui ne se complaisent u'à l'aspect de vastes horizons et d'espaces libres à par- Durir, que Moustapha commença à vivre. C'est au milieu e dangers de toute nature, d'alertes continuelles, que se éveloppa cette organisation impétueuse que tous admiiîent plus tard . U devint un cavalier intrépide ; nul obsicle ne l'arrêtait : « Tout ce que les Centaines pouvaient vire avec leur double coiys, soumis à une seule âme, ynnemain le faisait. » Cet éloge, de la part d'un de nos rands écrivains les plus féconds, n'a rien d'exagéré (i). * éducation primitive et virile que reçut ainsi Bonnemain iflua pour toujours sur son caractère impressionnable. .ussi resta-t-il imbu d'idées parfois naïves et incrédules, de grtains préjugés indigènes, dont il ne se départit jalais.
Cependant les Hadjoutes, dont on ne pouvait tolérer rop longtemps l'humeur vagabonde et hostile, furent poursuivis à outrance par nos colonnes, et ne tardèrent ^as à faire de nouvelles ouvertures de soumission.
(1) Alexandre Dumas, dans le Véloce^ où il raconte son voyage à ^onstaotine et sa rencontre avec de Bonnemain.
tenr de lettres ; une lutte sans merci s'engage alors entre eux. Bonnemain est vainqueur^ s'empare d'une douzaine de missives qu'Abd-el-Eader envoyait aux tribus de k province de Constantine pour les exciter à la révolte.
Après l'expédition des Fortes de Fer^ de Bonnemain M récompensé de ses utiles services par la croix de cheva^ lier de la Légion-d'honneur. Il avait alors 21 ans.
(c Jamais récompense^ me disait-il souvent^ ne me rendit si fier et si heureux. »
A dater de cette époque^ de Bonnemain rentra aox
spahis ayec le grade de maréchal-des-logis. Maintenant m carrière militaire ne nous appartient plus; nous nous bornerons à rappeler qu'il prit part à toutes les expéditions faites dans la province de Constantine^ tant en Eabylie que dans le Sahara^ notamment à la prise de possession de Tougourt par le colonel Des vaux.
£n 1856^ il Ait charge par le gouvernement d'accomplir une mission excessivement délicate^ sinon dangereuse. La route du Souf, c'est-à-dire du Sud de la province de Constantine à GhadamèS; ce port saharien oh affluent tous les produits du Soudan^ était encore inexplorée. Sa qualité d'officier français, le fit d'abord regarder avec méâanœ par des gens peu habitués aux relations européennes. Cependant^ au bout de quelques jours, Bonîiemain avait eu le tact de calmer les esprits, de se faire bien venir de tous les Ghadamésiens, et même des farouches Touaregs,!^ ces forbans du désert. Il recueillit ainsi de nombreux et 1;^ précieux renseignements sur le commerce du pays. Quand If sa caravane quitta Ghadamès, une grande partie des hi- 1 r.
bitants raccompagna bien au-delà de la ville. Ces gens^ d'abord si hostiles^ avaient été ramenés à de meilleurs sentiments : il n'était plus question alors que de la France, de la force et de T équité de son gouvernement, et du désir que tous avaient d'entrer en relations avec nous.
Ce résultat était admirable . Il est suffisamment démontré par Taccueil empressé que reçurent, à Ghadamès, d'autres voyageurs français, également envoyés en mission plus tard (colonel Mircher, Duveyrier, etc.)
Le commandant de Bonnemain fîit nommé officier de la Légion-d'lionneur, en 1857. Il avait depuis longtemps le même grade dans Tordre du Nichan de Tunis.
En 1863, il était promu chef d'escadrons. En dehors de son service habituel de régiment, il fut souvent chargé de missions de confiance, et la plupart du temps périlleuses, dont il s'acquitta toujours à la grande satisfaction de ses che&.
Ainsi, pendant l'hiver 1863-64, il resta presque toujours à cheval, entre Tougourt et Ouargla, avec le kaïd Si Ali bey et ses goums, pour surveiller le sud de la province de Constantine, et protéger nos tribus contre toute tentative des rebelles de l'ouest. Si la province ne fut pas atteinte par l'insurrection, c'est grâce à la police sévère et vigilante que, sous la direction du général Desvaux, il contribua à organiser sur ce point. Il ne revenait des régions sahariennes que pour se rendre aussitôt dans les montagnes de la Kabylie, où il se signalait encore par d'éminents services. A cette occasion, le gouverneur écrivait :
» Le chef d'escadron de Bonnemain, dont vous me signalez le concours utile et dévoué, m'est connu depuis longtemps, et j'apprécie tout particulièrement ses brillantes qualités militaires .
Je vous prie de lui témoigner toute ma satisfaction pour les nouveaux services qu'il vient de rendre pendant sa mission en Eabylie.
» M*' Pélissier. »
Combien de fois, par sa parole éloquente et persua^Te, sur laquelle les indigènes avaient la plus entière confiance, Bonnemain n'a-t-il pas ramené; dans le devoir des populations égarées par le fanatisme ou par les intrigues de quelques fauteurs de troubles !
Ce fut un de ces hommes éminemment utiles, dans les établissements nouveaux, comme le nôtre en Algérie, où se trouvent en présence des races qui diffèrent par les nationalités, la religion et le langage. Ces hommes sont, au fond, de véritables missionnaires, qui deviennent, souv«it à leur insu, le trait-d'union entre ces races ; car, mettant de côté tout amour-propre national puéril, ils n'attendent pas que l'inférieur en civilisation, le vaincu de la vâlle vienne au-devant de nous : ils font eux-mêmes les premiers pas, apprenant sa langue, empruntant ses mœurs et ses usages, afin de gagner peu à peu sa confiance, et de pouvoir ainsi lui faire faire quelques pas dans la voie du progrès. C'est le système qui avait si bien réussi à nos pères dans le Canada, et partout où ils se sont trouvés en présence de populations inférieures. C'est tout simplement la pratique instructive de la fraternité^ ou^ ce qui
dit plus encore, c'est au fond la vraie charité chrétienne .
A ce simple mot, sur le côté caractéristique de la carrière africaine de l'ancien interprète Bonnemain, ajoutons un exemple, pris dans sa vie militaire si brillante, et qu'il me soit permis de rappeler ici un souvenir personnel :
En 1858, la tribu du Zouar'a, dans les montagnes, à vingt lieues de Constantine, était en rumeur . Un officier du bureau arabe se rendit sur les lieux ; mais quelques mauvais sujets, comme il s'en trouve partout, le reçurent à coups de Aisils. La garnison de Constantine avait, en ce moment, tout au plus 600 hommes disponibles. On les fit partir sous les ordres du général Lefeb vre .
Cette petite colonne alla au cœur même du pays, et campa à Fedj Baïnen . Le général Gastu, commandant la division, voulant se rendre compte des motifs pour lesquels cette population du Zouar'a, soumise la veille, venait ainsi tout-à-coup à se révolter, nous fit partir, Bonnemain et moi, pour procéder, sur les lieux, à une enquête.
Depuis quelques jours, nous étions à Baïnen : pas un indigène ne se montrait. Les villages étaient abandonnés, et la population, en armes, s'était retranchée dans les bois, prête à faire le coup de feu, si nous marchions contre elle. Fatigués de cette situation, d'autant plus que la colonne était trop faible pour pénétrer dans les forêts, Bonnemain me dit : « Allons donc voir ces Kabyles; puis* ^ qu'ils ne viennent pas, allons les chercher. ».
£n effeti nous montions à cheval aussitôt^ accompagnés seulement de deux ordonnances indigènes, pour tenir, au besoin, les chevaux, et n'ayant aucune arme ni les uns ni les autres . Mais on avait fait le vide autour de nous, et, après trois ou quatre kilomètres dans les bois, nous n'avions pas rencontré âme qui vive. Découragés de nos recherches infructueuses, nous nous arrêtons auprès d'une source, ombragée par un grand frêne . Au bout d'un instant, après avoir fumé nos cigarettes, Bonnemain prenait, dans sa djebira, son djouak (flûte arabe, en roseau), dont, par parenthèse, il jouait à merveille. U entonna des aiis de danse arabe, qui vibrèrent aussitôt au milieu de la solitude de ces bois, pendant que les deux ordonnances et moi accompagnions la cadence en frappant des mains à la manière du pays . Au bout d'un quart d'heure, un Kabyle montrait la tête, derrière un buisson, puis disparaissait. Un instant après, ils étaient deux, puis trois, et ainsi de suite. Bonnemain soufflait toujours dans son instrument. Quand il vit que ses auditeurs étaient assez nombreux, il se mit à rire, et leur adressa de ces plaisanteries qu'il savait si bien dire.
« — Mais venez donc, tas de nigauds I Pourquoi vous cachez- vous comme des singes? Vous voyez bien que nous Sommes sans armes ; nous ne voulons ni vous manger tout crus, ni en travers. Approchez, que nous causions «isemble. »
Les Kabyles vinrent, en effets s'asseoir autour de nous, mais gardant prudemment leurs fusils entre les jambes. Ds nous expliquèrent leur a&ire, ajoutant, à la fin^ qu'on
avait répandu parmi eux le bruit que nous allions nous emparer de leurs femmes^ pour les donner aux soldats^ et qu'eux, les maris, seraient jetés à la mer ou envoyés en esclavage en France, etc.
Bonnemain, toujours riant et plaisantant sur ces absurdités inventées par quelques fauteurs de troubles, promit qu'il ne leur serait rien fait, s'ils amenaient les coupables. Il leur donna sa parole ; on se toucha la main de part et d'autre.
Quelques instants après, nous revenions au camp, avec toute la population derrière nous : les propagateurs de faux bruits étaient livrés, et nous rentrions à Constantine, sans que la colonne eût brûlé une amorce .
Voilà un fait qui semble romanesque; mais ce n'est qu'un exemple des services que rendait journellement Bonnemain.
En 1848, El Hadj Ahmed, le dernier bey de Constantine, après avoir vainement lutté pour relever sa puissance déchue, fit sa soumission au colonel Canrobert, commandant la colonne de l'Aurès. L'ex-bey, dont les malheurs avaient considérablement aigri le caractère, demanda avec instance à n'être approché par aucun des che& arabes — qui l'avaient trompé et trahi, disait-il. — On respecta sa volonté, et il ftit provisoirement installé dans une maison de Biskra. Il demanda encore une &veur, celle d'être mis en relation avec Si Moustapha Bonnemain, dont il avait souvent entendu parler .
Bonnemain se présenta aussitôt : il était costumé en officier de spahis indigène. Son langage, ses manières, en un
mot, sa prestance, trompèrent le bey, au point qu'il entra en colère, et mit le visiteur à la porte, le prenant pour un chef indigène. Il fallut que les ofiSciers français et le colonel Canrobert, surtout, vinssent aflBrmer au bey qu'il était dans Terreur. Bonnemain reparut en riant, reçut des excuses et fut comblé de caresses par El Hadj Ahmed, qui, séduit par son caractère ouvert, voulut n'avoir de relations qu'avec lui, et le conserver comme compagnon de route jusqu'à Constantine.
Pendant trente ans non interrompus de fatigues et de pénibles expéditions, Bonnemain avait conservé ijn tempérament de fer, était toujours d'une vigueur à toute épreuve ; c'était un de ces types exceptionnels, créés par la guerre d'Afrique, et en même temps une nature d'élite dans toute l'acception du mot.
De Bonnemain est mort à La Galle, le 13 janvier 1867, pendant qu'il faisait une inspection des smalas de spahis.
Il avait manifesté la volonté d'être inhumé dans sa propriété d'El-ma-Berd, près de Constantine. Ses obsèques eurent donc lieu, le 18, dans cette ville. Le convoi funèbre, conduit par le général commandant la division, se dirigea de la maison du défunt jusqu'à l'église, puis, de là, sur l'esplanade de la porte Valée, où une foule immense d'Arabes stationnaient. Après les dernières cérémonies catholiques, les corporations religieuses musulmanes des Tidjania et de Sidi Abd-er-Rahman, leurs mokaddem en tête, comme pour témoigner, encore une fois, de leur attacliement pour celui qu'ils avaient su apprécier , prirent le cercueil sur leurs épaules, et, se le passant de l'un à l'autre, le transportèrent jusqu'au camp des Oli-
îers, en psalmodiant les prières et les chants funèbres lusulmans . Là, stationnait une voiture couverte de draeries de deuil, qui, sous l'escorte de deux escadrons de paMs, le colonel en tête, conduisit le corps jusqu'à Elaa-Berd.
CALENDINl (Antoine)
Né le 27 janvier 1826, à Bastia (Corse); Interprète auxiliaire, le 29 décembre 1842 ; S'engage aux spahis, en 1844 ; Actuellement lieutenant-colonel de cavalerie.
BRANDICOURT (Clovis)
Né le 29 juillet 1818, à Malesherbes (Loiret) ; Engagé volontaire au 41% en 1838 ; Prisonnier de guerre d'Abd-el-Kader, à Nédroma; Interprète auxiliaire, le 26 juin 1845;
Id. de 3» classe, le 28 avril 1847 ; Mort le 28 mars 1868.
LÉVY (IsAAc)
Né à Gibraltar, le 22 octobre 1822 ; Interprète auxiliaire, le 8 mai 1843, auprès du colonel Montagnac, à Sidi-Brahim.
Cet interprète, blessé et prisonnier de guerre, le % septembre 18i5, pendant la mémorable retraite opéw après le combat de Sidi-Brahim, fiit forcé de suivre Abdel-Kader dans ses différentes excursions dans la provina d'Alger.
L'émir, poursuivi par la colonne du général Tousouf. et complètement mis en déroute dans la journée du 13 mars 1846, se voyant dans l'impossibilité de conserver son prisonnier, épuisé par la misère et les mauvais traitemeots, donna l'ordre de le tuer.
Lévy fut trouvé, percé de trois coups de feu, sur le champ de bataille de Mengren . Il reçut les soins les plus empressés, mais ils ftirent inutiles ; il mourut le 14 mars, au matin, de ses blessures. On l'enterra au bivouac de Medjcddel, chez les Oulad Naïl, au sud du lac oriental du Zahrez .
SCHOUSBOE (Frédéric-Nicolas.)
Né à Tanger (Maroc), le 15 mai 1810.
Pendant les années 1829 et 1830, Schousboë fut attaché, en qualité d'interprète dessinateur et naturaliste, k la mission scientifique danoise et autrichienne, qui parcourut le
Maroc.
Engagé volontaire à la légion étrangère, le 12 septembre 1837.
Caporal; sergent, 1838.
Nommé interprète militaire auxiliaire, le 13 juin 1838,
aupr&s du colonel Bedeau^ commandant supérieur de Bougie^ dont il était déjà le secrétaire-interprète depuis un an.
Interprète titulaire de 3* classe, le 25 juillet 1840.
Désigné, par le maréchal Valée, pour être mis à la disposition du colonel Bedeau, à Blidah, le 15 décembre 1840;
Auprès du général Bugeaud, gouverneur général de r Algérie, le 15 novembre 1841 (en l'absence du titulaire, M, Roches).
Promu à la 2* classe, et placé auprès du général Bedeau, commandant la subdivision de Tlemcen, le 21 janvier 1842.
Promu à la 1>*« classe, et maintenu à Tlemcen, le 13 septembre 1844.
Promu principal et attaché au gouverneur général de l'Algérie, le 17 février 1848.
Maintenu dans cette position jusqu'à sa mise à la re* traite, le 31 décembre 1871.
A assisté, de 1838 à 1840, aux divers engagements avec les Kabyles des environs de Bougie.
Chargé, en 1841, d'organiser, à Blidah, une milice indigène, dont il prend le commandement pour défendre les blokhaus et la ville, pendant que toutes les troupes partaient en expédition.
1841. — Attaché au général Baraguay-d'Hilliers, allant ravitailler Miliana et Médéa.
Janvier 1842. — Assiste, auprès du général Bedeau, à la seconde afiaire de Sikkak, où Abd-el-Kader se trouvait en personne, avec sa cavalerie régulière, et de nombreux contingents de la frontière du Maroc,
Juin 1842. — Assiste auprès du général Bedeau àTentrevue avec le kaïd d'Oudjda^ et à la remise du prisonnier Sidi Hamza^ marabout d'Etgafaït ;
Avril 1843. — Seconde entrevue du général Bedeau avec le kaïd d'Oudjda. Les contingents marocains^ venns avec le kaïd^ tirent sur les groupes durant Tentrevue, tandis que d'autres vont attaquer le camp finançais.
Mai 1843. — Expédition chez les Djâafira^ par le général Bedeau : affaires des 7 et 12 mai. Prise de Sidi Zitouni^ khalifa de Témir Abd-el-Kader. Pendant que notre cavalerie régulière combattait de son côté^ Schousboë chargea, en tête des goums auxiliaires^ et contribua au succès de la journée.
Janvier 1844. — Deuxième expédition du général Cavaignac^ contre les mêmes populations.
1845. — Chargé d'aller, pendant la nuit, avec 25 goumiers arrêter les marabouts d'Aïn el Hout, qui prêchaient la révolte. 11 les enlève, en plein pays insoumis, et les ramène à Tlemcen, pendant la nuit, attachés sur leurs mulets.
1847. — Envoyé, avec un détachement de spahis, porter de la poudre au kaïd de TOudjda.
Abd-el Saddak, commandant les troupes marocaines, repoussait Témir Abd-el-Kader vers la Moulouïa. Le général Montauban était en observation sur la frontière avec toute notre cavalerie.
Le général de la Moricière était campé à Sidi-el-Ouzini, surveillant les mouvements de Témir.
Alors le kaïd d'Oudjda nous demanda des munitions pour résister contre Abd-el-Kader, qui menaçait de Tat-
taquer. On les lui acccorda^ et Schousboë fut chargé^ par le général de la Moriciëre^ d'aller lui en faire la remise officielle^ au risque de se faire enlever par les cavaliers de rémir.
Hiver de 1847, — Deux expéditions auprès du général de la Moricière, sur la frontière du Maroc, et reddition de rémir Abd-el-Kader. Schousboë, placé en permanence auprès de Témir.
1848. — Envoyé uneseconde fois en mission par le général Cavaignac, auprès du kaïd d'Oudjda, pour régler la question du marché de Lalla Mar'nia.
1845. — Chargé, par le général Cavaignac, de diriger les affaires arabes de la subdivision de Tlemcen, pendant rinsurrection de 1845, et l'expédition contre les Ksours du Sud.
1851. — Auprès du général Pélissier, gouverneur général par intérim, pendant l'expédition contre le Maatka (KabyUe.)
1853. — Auprès du gouverneur général Randon, pendant l'expédition des Babors .
1854. — Expédition de la grande Kabylie, général Randon.
1856. — Expédition des Guechtoula, général Randon;
1857. — Expédition de la Grande-Kabylie, maréchal Randon ;
1859. — Expédition des Béni Snassen (Maroc), général de Martimprey ;
1859. — Envoyé en mission aux îles Zafarines et à Me- [ilia;
1864. — Expédition contre les Flitta (province d'Oran).
Chevalier delà Légion-d'honneur, le 9 novembre l8io;
Officier id. le 9 août 1854 ;
Commandeur de Danebrog (Danemark) ;
Chevalier de Saint-Olaf, de Norwège ;
Officier du Nichan de Tunis ;
Membre fondateur de la Société historique algérienne;
Actuellement en retraite, à Alger .
GOERT (Louis)
Né le 14 mai 1823, à Trêves (Prusse), de parents français.
Interprète militaire auxiliaire, le 17 août 1839; Id. de 3« classe, le 28 juin 1844 ;
Id, de 2* classe, le 19 novembre 1846;
Id, de 1" classe, le 6 février 1850.
Novembre 1839. — Assiste au blocus de Blida, auprès du colonel Gentil ;
1840. — Auprès du général Changarnier, à Blida. Colonne active ;
1841. — Expédition de Médéa, auprès du général Changarnier. Ravitaillement de Miliana;
1842. — Expédition des Béni Menacer, général de Bar;
1843. — id. id. général Changarnier ;
1843. — id. de TOuarensenis, général Changarnier;
1844. — id. des Flissa Oum-el-Lil .
Cité^ par le maréchal Bugeaud^ à Tordre de Tarmée PAfrique^ le 14 mai 1844^ à roccasioû de la campagne cx)ntre les Flissa ;
1844. — BataiUed'Isly;
1845. — Expédition dans la Kabylie du Djurdjura; 1845 et 1846.' - Flitta el Dahra et Riou, colonel Pélis-
sier;
Envoyé en parlementaire à Taffaire des grottes^ Goërt est repoussé à coups de fusil et faillit périr.
1848. — En mission auprès d'Abd-el-Kader, au château de Pau;
1849. — Expédition du sud, contre les Ouled Sidi Cheikh;
Juillet 1860. — Attaché au corps expéditionnaire de Syrie, général d'Hautpoul.
Retraité le 13 novembre 1871 ;
Chevalier de la Légion-d'honneur, le 26 décembre 1852 ;
Décoré de Tordre de Charles III d'Espagne;
Commandeur de Tordre du Nichan de Tunis;
Décoré de Tordre du Medjidié, 5"^ classe.
Actuellement en retraite, à Oran ; inspecteur des chemins de fer.
BALLISTË (ZÉPHmiN)
Né à Martigues (Bouches-du-Rhône), le 19 décembre 1817; Interprète militaire auxiliaire, le 26 juillet 1839;
Id. de 3* classe, le 13 mars 1845 ;
Id. de 2* classe, le 24 janvier 1853 ;
Chevalier de la Légion-d'honneur^ ?8 décembre 1859;
Décédé^ en activité^ à Mostaganem^ le 3 décembre 18SÛ.
Balliste^ après avoir été longtemps détaché dans les camps de la Mitidja^ fréquemment attaqués par les troupes d'Abd-el-Kader, prit part à de nombreuses expéditions, sons les ordres des généraux Changarnier et Bugeaud. U fut blessé d'un coup de feu^ le 10 mai 1840, dans un engagement contre les réguliers. (Ëxpéditioa de Médéa, près du général de Eumigny.)
TUBIANA (Aaron)
Né le 15 mars 1820, à Alger; naturalisé ; Interprète auxiliaire en 1837;
Id. de 3« classe en 1840
Id- deS^ id. 1843
Id. del'* id. 1846
Id. principal, 18 mars 1863 ; A fait toute sa carrière dans les bureaux de Tétat-major d'Alger ou d'Oran .
Chevalier de la Légion-d'honneur le 30 décembre 1858 ; Mort à Oran, le 6 novembre 1870.
HAMAOUY (Joseph)
Né à Damas (Syrie), le 13 août 1814, naturalisé ; Elève en médecine à l'école de Abou-Zabel, Egypte ;
Interprète auxiliaire le 18 décembre 1841 ; Id. de 3* classe le 14 septembre 1844; Id. de 2' id. le 9 décembre 1854 ; Retraité le 23 décembre 1872 ; Chevalier de la Légion-d'honneur le 14 août 1860; Officier du Nichan de Tunis le 15 novembre 1856 ; Hamaouy a assisté de 1841 à 1872 à de nombreuses expéditions dans les provinces d'Alger et de Constantine.
COTELLË (EMILE)
Né le 25 mars 1822, à Paris.
Commis à la trésorerie d'Afrique.
Interprète militaire de 3"* classe, en juillet 1845. Passé dans les consulats en 1846.
.DESTRÈS (Henry)
Né le 16 août 1820 à Ferney ^Ain).
Interprète-auxiliaire, le 14 avril 1841.
Id. de 3- classe, le 3 août 1843.
A fait plusieurs expéditions, étant attaché au général Changamier.
Fasse dans les consulats.
Le baron MAC-GUCKIN de SLANE (Williams)
Né le 12 août 1801, à Belfort (Irlande).
(Naturalise français).
Interprète principal, le 1*' septembre 1846. .
Retraité le 28 mars 1872-
Chevalier delaLégion-d'honneiir, le 24 septembre ISK.
Officier de la Légion-d'honneur, le 26 décembre 1852. Id . de r instruction publique .
Id. de Saints-Maurice et Lazare, de Sardaigne.
Membre de l'institut.
Membre fondateur de la Société historique Alger iennt.
M. le baron de Slane est l'un des orientalistes les pins distingués de France, et on peut ajouter même d'Europe. Chargé actuellement du cours d'arabe à l'École spéciale des L. 0. de Paris.
Élu, en 1862, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il a dû cette distinction à des publications importantes, depuis son édition du Divan d'Amro VKatij avec traductions et notes (Imprimerie Royale, 1837), jusqu'à sa traduction, avec commentaires, des Prolégomènes d'Ibn-Khaldoun, sur l'histoire des Berbères, 1867.
Il faudrait un volume, pour indiquer la liste des ouvrages orientaux, traduits et publiés par lui, tant en français qu'en d'autres langues.
C'est l'illustration scientifique dont s'honore le plus le corps des interprètes de Tarmée.
VIGNARD (Prudent-Marie)
Né le 27 novembre 1817, à Bennes (lUe-et- Vilaine).
Professeur à la chaire de langue arabe de Constantine.
Nommé interprète principal, le 21 novembre 1846, pour être attaché au général commandant la province de Constantine.
A fait toutes les expéditions de 1847 à 1854 :
1847. — Oued-Sahel, général Bedeau.
1849, — Zaatcha, général Herbillon.
1851 . — Kabylie, général de Saint- Arnaud.
1852. — Id. Général de Mac-Mahon.
1853. — Babor, Id.
1854. — Grande Kabylie, Id.
Chevalier de la Légion-d'honneur, le 7 août 1851 .
Nommé consul de France à Zanzibar, en juillet 1854, poste dans lequel il est mort peu de temps après.
Yignard, homme de grand mérite et d'une solide instruction, a publié plusieurs ouvrages sur la langue arabe.
H était membre fondateur de la Société archéologique de Constantine.
MAKTIN (Eugène) (D
Né à Alep (Syrie), de parents français, le 4 mai 1823 ; Interprète auxiliaire, le 31 décembre 1844 ;
(1) Frère de llaterprëte principal.
Interprète de 3" classe, le 30 décembre 1846; Id. de 2* classe, le 20 février 1856 ;
Décoré du Nichan de Tunis, en avril 1864.
Martin avait pris part à de nombreuses expéditions dans la province de Constantine, ce qui l'avait considérablement fatigué. Il était à Batna, au moment où TinsurrectioD éclatait, en 1871, autour de cette ville. Le rude senrice que chacun avait à faire, dans une circonstance aussi périlleuse, altéra encore davantage sa santé délabrée. Mat ce qui lui porta le dernier coup, ce fut d'abord Tangoisse du manque de nouvelles, puis enfin l'annonce de la mon de son fils, tué devant Metz. Ce jeune homme, à peine ugé de 18 ans, était parti, comme volontaire aux chasseurs d'Afrique, lors de la déclaration de guerre francoprussienne .
Martin avait été plusieurs fois proposé pour la décoration : il succombait, au moment où cette distinction honorifique allait, sans nul doute, le récompenser enfin de ses longs et bons services .
PHARAON (Florian)
Né le 21 janvier 1829, à Marseille (fils du premier interprète de ce nom) .
Interprète temporaire, le 19 novembre 1846 ;
Id. auxiliaire de 2* classe, le 23 janvier 1852;
Id. de 1'* classe, mai 1854; Chevalier de la Légion-d'honneur ;
Chevalier du Medjidié, de Turquie;
Commandeur du Nichan, de Tunis ;
Démissionnaire en 1857.
Florian Pharaon était un interprète de3 plus capables et plein d'avenir. Il avait déjà publié plusieurs travaux BOT TAlgérie^ quand il donna sa démission^ au grand regret de tous ses camarades qui avaient apprécié ses qualités. Il est aujourd'hui homme de lettres à Paris.
BROSSELARD (Charles)
Ancien secrétaire des commissariats civils de Blida et de Bougie^ M. Brosselard s'était adonné tout spécialement à rétade des langues indigènes. Sa connaissance de la langue arabe le fit désigner^ par le ministre de la guerre^ cour être chargé de rédiger un dictionnake berbère, qui art publié, en 1844, par l'imprimerie royale. Les quatre JUmées que M • Brosselard consacra à la composition de cet important ouvrage, il les passa, à une époque où il n'était pas encore question de soumission dans les tribus, dans t» villages kabyles, recueillant, parfois au géril même de a Tie, les mots qu'il devait utiliser dans son travail, le •ïeiiiier de ce genre qui ait été composé. En récompense tu dévouement dont il donna tant de preuves en cette circonstance, le gouvernement le nomma interprète.
Interprète principal de l'armée, détaché au ministère de ^ guerre, 30 mai 1846;
Chef du bureau de l'administration civile indigène de k]}on8tantine, le 22 février 1850;
Sous-préfet de Tlemcen, le 16 octobre 1859;
Préfet d'Oran, le 5 septembre 1864 ;
Directeur général des affaires de l'Algérie à Pai'is, le 18 juin 1873;
Officier de la Légion d'honneur;
Officier de l'instruction publique ;
Commandeur de l'ordre de Charles lU d'Espagne;
Membre de la Société asiatique de Paris ;
Membre de la Société archéologique de Constantine et de la Société historique algérienne .
M. Brosselard est encore l'auteur de phisieurs ouvrages historiques et archéologiques très-estimés, notamment d'une Monographie des édifices musulmans de Tlemcen, qui est pleine d'érudition et à citer comme un véritable modèle de genre.
Il vient de publier ejicore, tout récemment, un Mémoire sm^ les tombeaux des émirs des Béni Zeiyan eu de Boabdil, dernier roi de Grenade^ découverts à Tlemcen.
FEDERMANN (Henry)
NéàŒttingen (Bavière), le 10 septembre 1823. (Naturalisé français); Interprète auxiliaire, le 5 mai 1848;
Id. de 3* classe, le 6 février 1850 ;
Id. de 2' classe, le 21 décembre 1853 ;
Id. de V' classe, le 21 janvier 1863;
Id. principal, le 27 janvier 1866 ;
Chevalier de la Légion -d'honneur, le 11 août 1859;
Décédé en activité, le 12 octobre 1872.
Federmann, membre de la Société historique algérienne, a publié plusieurs mémoires, entre autres sa notice sur le Beylikde Ti^^er//, et celle sur \Q^Coutu,mes agricoles indigènes.
JULIENNE (Désiré)
Interprète temporaire en 1852; Id. auxiliaire en 1854 ; Id. titulaire de 3** classe en 1858.
COUZOT
Interprète temporaire en 1854.
Ces deux jeunes gens, Julienne et Couzot, instruits et bien élevés, sont morts prématurément, au début de la carrière, sous les influences meurtrières du climat.
Julienne, membre de la Société historique algérienne, promettait de devenir un travailleur sérieux . Il donna à la Revue africaine^ une excellente notice sur les tribus de Miliana. Il avait fait l'expédition des Zouaoua, en 1854, attaché au général Bosc.