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LES INTERPRÈTES MILITAIRES

A ORAN (Extrait de la France algérienne^ du 8 octobre 1872) .

A la suite des examens qui viennent d'avoir lieu, MM. les interprètes militaires se sont réunis, hier soir, X>our ofirir un punch à trois de leurs camarades, pour lesquels rheure de la retraite a sonné depuis peu .

M . Féraud, interprète principal du gouvernement à Alger, de passage à Oran, où il est venu faire partie de la commission chargée d'examiner les interprètes, assistait à la réception. Il rappelle, en quelques paroles, que dernièrement les interprètes de la division d'Alger manifës^ talent les regrets que leur causait l'absence des collègues des deux autres provinces, M. Clerc, le plus ancien de grade des titulaires de 1'* classe, a répondu à M. Féraud.

Ensuite M. Gourgeot, titulaire de 1'" classe, s'est exprimé en ces termes :

« M. Féraud, notre camarade, notre ami, notre chef, l'écho des éloquentes paroles que vous avez prononcées récemment à la réunion des interprètes de la division d'Alger, est parvenu Jusqu'à nous. Nous TOUS remercions avec effusion d'avoir bien voulu penser à nous et manifester le plaisir que vous auriez ressenti de nous voir prendre part à cette fétc de famille.

Vous allez bientôt retourner auprès de ces messieurs. Veuillez leur dire, en notre nom, combien nous avons été sensibles à leur

marque de bon souvenir; veuillez leur doancr, de noire part, un allt amical, une cordiale ]}oign<îe de main ,

Nous nous aasûcioQs de grand cœur à tout ce qui a i-ld dit, COOcernant Tbomnie de bien, le savant interprtte, qui, apr&s une cw* riiTc nobleinenl i-emplic, a quitté la vie active pour se reposer fc ses longs et loyaux services militaires. J'ai nommi: M. Schousbor. II a laissi5, dans la province d'Oran, comme ailleurs, des sonvcnin qui ne s'cBaccront poiut; eor aa main bienraisante a goidi? les premiers pas do certains d'entre nous.

Aussi, lui adressons-nous, ici, l'bommngc de nos sentimeuts ta* pectueux et reconnaissants.

L'amertume des regrets que nous a causi's sa séparation, a Af adoucie, lorsque le nom de son successeur nous s étv connu .

Monsieur le principal.

Mes camarades me chargent de voua dire qu'ils voient avec satisfaction un bommc de votre caractère, de votre miÂrite, durg^' d^ remplir, au gouvernement gi'nëral, les dilHciles fonctions de notre profession. Certes, il nous a 616 donnô rarement d'avoir le plaisir de vous rencontrer. Mais votre uom nous est bien eonno par les nombreuses expéditions auxquelles vous avez pris part, et surtout par vos excellents travaux littéraires, que nous avons lus avec froîl et avec le plus grand intérêt.

Votre esprit élevé, vos manières affables et distinguées, nous sont un sur garunt que vous contioueres! la tradition que vous li^e votre di^ne prédécesseur. Comme lui, vous accueiUercx, avec nn« bienveillante sympathie, les jeunes gens qui voudi'ont se vouer i notre lion orable profession; comme lui, vous soutiendrez les |Hs , cbancelauts des débutants ; comme lui encore, vous fortifierez, par de douces paroles, ceux d'entre nous qui auront recours à vous, dans ces moments de découragement, dont, bêlas '. ici-bas, peraonnc n'est exempt. Et si vous appreniez que l'un de nous peut être menacé dons son avenir, c'est à vous qu'il appartiendrait de prendre sa défense.

Je n'insiste pas davantage sur ce sujet. Vous l'avez dit : initii! à la

vie intime de Tinterprëte, vous comprenez ses aspirations, vous savez en quoi consistent ses déceptions.

A l'exemple de nos camarades d'Alger, nous nous sommes réunis, ce soir, pour exprimer à deux de nos collègues, Goërt et Léon Belhaïk, qui, eux aussi, ont été admis à la retraite, les sentiments d'estime et d'affection dont nous ne cesserons d'honorer leur souvenir. Et bientôt encore, le départ de notre bon ami Donnadieu fera un nouveau vide dans nos rangs.

Ces Messieurs ont débuté à une époque où les privations, les fatigues et les dangers contrastaient avec le bien-être, le repos et la sécurité dont nous jouissons maintenant. N'oublions pas que si notre mission consiste à être les auxiliaires dévoués de ceux qui sont chargés d'assurer l'ordre, la leur a consisté à partager les périls de ceux qui ont effectué la conquête. Dans maintes circonstances, ils ont rendu d'importants services. Plus d'une fois ils ont exposé leurs jours, en remplissant les missions qui leur étaient confiées.

Permettez-moi de faire une courte digression, car c'est ici le moment, d'évoquer le souvenir d'un autre collègue, qui n'est plus, de Cabissot, tué à l'ennemi pendant l'iifsurrection de 1864. Chacun sait que l'interprète Cabissot est mort avec les compagnons du colonel Beauprôtre mais, ce que l'on ignore, c'est que, s'il l'eût voulu, il eût pu sauver ses jours. Il est mort à son poste, auprès de la personne de son chef, ne voulant pas profiter du désordre de la mêlée pour suivre les indigènes du camp qui voulaient l'entraîner avec eux dans leur fuite .

Honorons, Messieurs, honorons toujours la mémoire de ce collègue qui a péri en accomplissant son devoir.

Je reviens à mon sujet.

Goërt a failli être assassiné dans deux circonstances différentes, en Kabylie et au Dahara, en allant, par ordi*e de son général, parlementer avec l'ennemi. Aussi, son nom a-t-il été cité plusieurs fois avec honneur à l'ordre de l'armée, et voyons-nous briller sur sa poitrine et sur celle de Donnadieu, cette croix d'honneur si justement ambitionnée par les hommes de cœur.

Goërt, Donnadicu, Léon, vous nous quittez, en emportant notre affection. Si parfois il vous arrive, en songeant à nous, de regretter Fépoque où vous partagiez nos joies et nos chagrins, pénétrez-vous de cette pensée consolante : lorsque, durant le cours d^une longue carrière, un interprète militaire a accompli ses devoirs en traducteur Sdèle et discret, en soldat dévoué, il peut rentrer, la tétc haute, dans la vie civile, certain d'avoir acquis des droits à restime de Farmée, à la reconnaissance de ses concitoyens.

Permettez-moi de vous donner Taccolade que se donnent les amis qui ne se quittent pas pour toujours, mais qui se séparent momentanément.

Quelques mots encore.

Je viens de prononcer le nom de l'armée, et ce nom, cher aax interprètes, fait déborder de nos cœurs, les sentiments de l'inaltérable attachement que nous lui avons voué depuis longtemps. Peutil en être autrement ?

Notre titre d'interprètes militaires de l'armée d'Afrique ne rappellent-il pas à notre esprit que nous sommes son ouvrage, que nous faisons partie du grand Tout qu'elle a créé dans ce pays ?

Est-il permis, en effet, à un homme sérieux, de s'occuper de quoi que ce soit, en Algérie, sans y trouver aussitôt la main créatrice de Tarmée?

N'est-ce pas elle qui a tout fait, tout organisé ici ?

Une voix plus éloquente que la mienne a dit, avec raison, que le corps des interprètes doit beaucoup au vénéré maître, dont tout le monde déplore la fin prématurée, à M. le professeur Bresnier. C'est très- vrai, et l'hommage public, rendu à sa mémoire, est un témoignage éclatant de la douleur que sa perte nous a causée. Mais s il est de notre devoir de lui être reconnaissant, pour toutes les bonnes mesures provoquées par lui dans l'intérêt du corps, de quels sentiments devons-nous être animés à l'égard des illustres chefs de Farmée qui les ont accordées, à l'égard de ceux, qui, par leurs sollicitudes paternelles, nous ont fait ce que nous sommes aujourd'hui !

Nous le disons hautement : nous sommes fiers d'appartenir à l'armée, qui a droit à toute notre gratitude.

Quelles que soient les destinées auxquelles est appelée la colonie, par suite de Timpulsion que lui donne Phomme <5minent qui la gouverne, nous serons toujours heureux de la servir. Soldats disciplinés, enfants de cette Algérie, qui est l'objet de notre amour profond, nous obéirons, dans tous les postes qui nous seront assignés. Mais quoi qu'il arrive, nous ne nous séparerons pas de l'armée, car nous voulons rester soldats.

Messieurs, je demande à notre président de proposer un toast à la prospérité de l'Algérie, au bonheur de l'armée d'Afrique, deux éléments dont l'union parait indispensable aux intérêts de tous.

Et maintenant, je ne terminerai pas avant d'avoir adressé nos remerciements à tous, nos examinateurs, sans exception, pour l'aménité affectueuse, dont ils ont fait preuve pendant les examens, pour le tact parfait qu'ils ont mis, en nous faisant subir des épreuves qui sont toujours pour nous un objet de si grande appréhension.

Nous n'oublierons pas la commission d'examen de 1872. Notre plus grand désir est que les mômes membres soient encore chargés de nous inspecter à l'avenir.

Ce remarquable discours, plusieurs fois interrompu par d'unanimes applaudissements, renferme des pensées élevées, des sentiments généreux que ne sauraient trop approuver les amis sincères de l'Algérie . Aussi M. Gourgeot a-t-il été l'objet d'une véritable ovation de la part de tous ses collègues.

M. Goërt, profondément émotionné, comme, du reste, tous les assistants, a dit qu il ne savait en quel» termes reproduire les sentiments dont son cœur était rempli par ce qu'il venait d'entendre.

La réception s'est prolongée assez tard ; puis est arrivé le moment de la séparation, et chacun a regagné sa demeure, très-satisfait de la charmante soirée qu'il venait de passer.

Le Docteur PERRON

Perron (Nicolas), né àLangres, le 25 janvier 1798, de parents peu aisés, avait h peine ébauché sa scolarité au séminaire et au collège de cette ville, que le typhus lui enlevait, en moins de six jours, père et mère, le laissant, à dix-sept ans, orphelin, aîné de trois jeunes sœurs. L'amour de l'étude, qui l'avait passionné de bonne heure, au point de lui faire prélever, sur ses nuits, le complément de journées déjà trop remplies, le décida à venir à Paris, où une lettre de recommandation lui valut une place de maître d'études dans une institution . Cette modique ressource permit à son énergique volonté d'achever ses humanités, d'obtenir successivement les grades de bachelier ès-lettres et de bachelier ès-sciences. A dix-neuf ans, Perron quittait la pension hospitalière pour le collège Louis-le-Grand; accueilli et choyé parle proviseur, M. Malevai, qui l'appréciait à sa juste valeur, et, prévoyant ses succès, l'encouragea de ses conseils, et l'utilisa, pour améliorer ses émoluments, comme répétiteur suppléant du professeur de rhétorique. Jules Janin et M. Drouin de Lhuys comptèrent alors parmi les élèves du jeune maître, qui, quelques années plus tard, devait se faire remarquer par la publication du Tableau, historique des ScieTvces philosophiques et morales, depuis leur origine jusqu'à nos jours

Il semblait que sa carrière allait se fixer, en s'élargis-

sant^ dans renseignement officiel^ lorsqu'une animosité, venue d'en haut^ et sur laquelle notre confrère n'aimait pas à évoquer des souvenirs qui ravivaient peut-être des regrets, le décida à quitter son cher collège . Marié à vingt ans et jaloux de subvenir honorablement à ses charges, il demanda le vivre aux leçons particulières : tâche ingrate, cil peut-être aurait failli son courage, s'il n'avait été distingué par un père, favorisé de la fortune, qui lui confia, dans des conditions fort généreuses, l'achèvement de l'éducation de ses deux fils. Grâce à cette bonne fortune. Perron put prendre des inscriptions à l'Ecole de Médecine; et quand, après de brillants examens, il eut conquis le titre de docteur, il ouvrit un cabinet, rue Montmartre, n« 6. La clientèle et la considération publique ne se firent pas attendre au praticien aimable et instruit. On vantait son assiduité, sa conscience, ses réussites; on le voyait déjà marcher de pair avec les maîtres dont il était devenu Tami. Le hasard, la destinée — que sais-je? — devaient Parracher une fois encore au sillon tracé et le livrer aux éventualités d'une vie lointaine, voyageuse, expatriée, durant laquelle, au prix de fatigues incessantes, de labeurs, qui surprennent par leur nombre, leur variété et leur étendue, aux risques de sa santé gravement exposée sur les théâtres les plus visités par l'intoxication paludéenne, les ophthalmies et la peste, il a récolté, non la fortune et les honneurs — sa philosophie en eût fait peu de cas — mais les joies les plus ineffables du travail qui meuble l'intelligence et enrichit l'esprit, qui, en enseignant, associe au bonheur de l'homme studieux les jouissances dont il devient l'initiateur.

Entraîné par la rencontre fortuite d'un ami, au coun de Caussin de Perceval, l'auditeur, simple curieux, dcYC* nait bientôt le disciple le plus zélé du savant professeur, et lui consacrait tout le temps qu'il pouvait dérober à ses malades . Au bout de peu de mois, l'arabe ne lui suffisait plus : le turc^ le persan, le javanais n'eurent plus de secrets pour Perron^ sans affaiblir^ toutefois^ sa prédilection pour la langue, qui allait servir, à son égard, la poursuite acharnée de la destinée.

Ici, l'interprète de cette dernière fut Clot-Bey, le fondateur de l'école de médecine du vice-roi d'Egypte, en mission à Paris, pour recruter les professeurs d'Abou- Zabel. Arrêtés devant une inscription lapidaire, les deux docteurs, arabisant, ne pouvaient manquer de lier conversation, puis connaissance. Un traité, en bonne forme, qui transplantait aux bords du Nil le confrère séquanien, était signé vingt-quatre heures après, et Méhemet Ali possédait, au service de ses nobles instincts civilisateurs, le plus érudit, à coup sûr, des professeurs qui aient illustré sa nouvelle institution .

Entouré de savants orientalistes indigènes et européens, Perron, — qui cumulait les fonctions de professeur de chimie et de physique ; qui, plus tard, après le transfèrement de l'école au Caire, devait en devenir le directeur, y enseigner la clinique interne, et organiser, en même temps, un établissement d'instruction pour les sages-femmes, — se livre avec une nouvelle ardeur au perfectionnement de ses études chéries . Dès lors, une nouvelle ère d'efforts, incroyable à mesurer, s'ouvre devant lui. On lui demande de rédiger, en arabe, pour les besoins de l'en-

seignement^ un Traité de physique, un Traité de chimie médicale et d'analyse chimique. Mais les mots n'existent pas, dans l'idiome imposé^ pour traduire des termes^ qui^ eu Europe même, ne datent que d'hier. Une science toute nouvelle a dû les tirer, pièce à pièce, du jardin des racines grecques ou latines, et les disciples du Eoran n'ont jamais, par Mahomet, défriché ce terrain ! Est-ce assez indiquer quelle ingéniosité, quelle ténacité dépensa Perron, dans cette œuvre d'hercule, à quelles tortures, pourrais -je dire, sa religieuse patience fut ici éprouvée ? Son activité ne s'y consume pas, du reste, entièrement. Le Journal asiatique de 1838 nous montre le D' Perron publiant des articles, aussi sérieux qu'intéressants, sur l'histoire anté-islamique, et s' occupant de faire connaître, au public européen, des fragments de Kitab El-Ikd (ou Histoire des Généalogies arabes), ouvrage qu'il a terminé, quelques années plus tard, et que des circonstances indépendantes de sa volonté ont empêché de faire paraître. En 1840, il fondait, avec quelques savants français et anglais, la Société égyptienne, dont il |t été, pendant six ans, le secrétaire dévoué . Presque en même temps, sous le charme des récits de son ami, le cheikh Ët-Toujasy, l'un des plus grands lettrés de l'Egypte moderne, qu'il appelle respectueusement a son professeur, » il étudiait et traduisait en français le Voyage au Darfour dont il a reproduit, à part, le texte original;, et, après loi, le Voyaje au Waddy.

Rentré en France, au commencement de 1846, pour jouir d'un congé de six mois. Perron fut recherché par les hautes administrations, que préoccupait le développement de notre conquête algérienne. Il était question, alors, de

fonder, à Paris, un vaste collège, pour les jeunes musulmans, et Ton avait sous la main un directeur, que sa compétence imposait. Notre confrère donna sa démission de directeur de l'école de médecine du Caire, heureux qtfil était de pouvoir rester dans sa patrie.

D'autre part, le besoin se faisait sentir de connaître et de mettre à la portée de nos agents africains la lé^slation musulmane, dont le Traité de jurlspi^udence de Sidi- Khalil passe, à bon droit, pour une des plus légitimes expressions. Perron ne s'eflraya pas devant la tâche ardue de cette colossale traduction (six gros volumes grand in-8^, suivie immédiatement de celle du Nâceri (Traité d'hippologie et d'hippiâtrie arabes) .

La fondation du collège arabe de Paris ayant été ajournée, après 1848, Perron retourne en Egypte, en 1853, comme médecin sanitaire. A Alexandrie, il se fait distinguer par l'élégance, la clarté et la variété de ses rapports, devient le médecin et le favori de Saïd-Pacha. C'est à notre confrère que Rayer commet le soin périlleux de guider Racliel dans le voyage désespéré de la grande artiste au pays du soleil. Pendant i)lusieurs années, la renommée de la rue Montmartre se réveille sur la terre des Pharaons ! Elle ne devait pas s'y épuiser.

Quand le maréchal Randon, gouverneur général de l'Algérie, qui avait connu notre confrère dans les conseils du ministère de la guerre, réalisa, à Alger même, l'idée du collège arabe-français, il n'hésita pas à lui en confier la direction. Ce que Perron déploya de zèle, de science, d'habileté dans cette difficile et surtout délicate mission, j'aurais quelques titres à le dire, moi qui fus, pendant

[uatre ans^ son collaborateur affectionné. A quoi bon m'ar- •êter à un hommage que tous ont déjà formulé?

En 1864, de directeur. Perron fut nommé inspecteur les écoles arabes-françaises de l'Algérie, poste important ît très-honorable à tous égards, mais dont le pénible exercice devait outrepasser ses forces épuisées par l'âge et mrtout le travail. Il le comprit trop tard : quand il se iécida, en 1872, à devancer le repos de la retraite, sa 3anté, que les privations du siège de Paris allaient soumettre à de nouvelles épreuves, devint, pour sa famille et ses amis, une anxiété de chaque jour. Le 11 janvier 1876, il s'est éteint, épuisé, dans sa 78* année, ignoré, tant il était modeste, attendant, avec une sérénité de cœur, — presque encore une espérance, — le printemps qui rendrait le soleil aux fleurs , dont la culture charmait ses loisirs défaillants .

Perron avait été nommé chevalier de la Légion-d'honneur, en 1845, un an avant de quitter TEgype, en récompense des services qu'il avait rendus à la France, tout en étant au service de Méhemet Ali.

Aux ouvrages nombreux qu'il a publiés, et que nous avons mentionnés dans cette notice, la Gazette médicale de V Algérie s'honore de pouvoir ajouter une traduction de la Médecine du Prophète^ dont elle a eu la primeur. C'est pendant son séjour à Alger, enfin, que ftirent publiés le livre des Femmes arabes avant et après V Islamisme , et Glaive des couronnes^ roman de chevalerie arabe.

Perron, médecin, naturaliste, philosophe, administrateur, orientaliste profond, versé pareillement dans la connaissance des lances modernes, l'italien, l'anglais, l'espa-

gnol et rallemand^ possédait un style très-pur et tonjotuB élevé. Ses livres^ comme ses discours^ révèlent à la fois l'analyste et le penseur, Técrivain sachant être lui-même, sans viser à une originalité qui était naturelle. Il laisse dans les cartons de sa bibliothèque, de précieux manuscrite, dont M. A. Clerc, interprète principal distingué de l'armée, ne manquera pas de secouer la poussière. Nous en avons pour garants le culte qu'il a toujours professé pour son oncle, son père adoptif, son bienfaiteur, et le pienx empressement qu'il a mis à me communiquer les principaux matériaux de cette esquisse.

D' A. Bertherand.

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