‹ Les interprètes de l'armée a'Afrique (archives du corps)Chapitre 7 sur 73 · RADE · texte numérisé non relu

RADE

par assimilation

Coloael

Chef d'escadron. .

Capitaine

Lieutenant

Bous-officier

SOLDE

par mois

en

500 fr. »

2 50 par jour

La 4« classe d'interprètes prit dès lors le titre de guidesinterprètes de l'* classe^ sa solde fut élevée de 100 à 125 fr.

Les guides-interprètes de 2"*' classe, vêtus de drap de sous-officier, ne devaient avoir aucune broderie ou insigne dégrade.

Le 25 mai, la flotte s'ébranlait, s' éloignant de Toulon, les voiles au vent, dans la direction des côtes d'Afrique. L'in-

terprète Gérardin, revenant de Tunis^ rejoignait le général en chef en rade de Palnia^ où Tétat de la mer avait obligé les escadres à mouiller^ et lui rendait compte des résultats satisfaisants de sa mission diplomatique.

On se remit en route, et enfin, le 14 juin, au point du jour, le signal de débarquement était donné aux vaisseaux ancrés dans la baie de Sidi-Ferruch ; Tardeur des troupes était extrême et la marine rivalisait, avec Parmée de terre, de zèle et de dévouement ; c'était à qui planterait, le premier, le drapeau de la France sur la plage algérienne. Le général en chef, suivi de son état-major et de ses interprètes, arrivait à terre avec Tarmée, qui, s'avançant rapidement, prenait ses positions de combat. On n'avait encore débarqué aucun cheval, de sorte que tout le monde était à pied, portant un sac rempli de vivres et son manteau roulé autour du corps . Tous les interprètes et guides étaient aux postes qui leur avaient été assignés d'avance.

Mais ce n'est pas l'histoire de la conquête d'Alger que nous devons faire ici ; nous ne parlerons pas non plus du rôle important et périlleux qu'eurent à remplir les interprêtes Garoué, Ayas et Bracevich pendant cette première heure d'hostilités ; leur biographie entrera plus loin dans tous les détails qui les concernent.

Après que l'armée française eût, le 5 juillet 1830, pris possession de la ville d'Alger, on dut songer à la création des pouvoirs administratifs. 11 fallut alors considérer l'interprète non plus comme un dictionnaire vivant, mais sous un point de vue différent ; il ne s'agissait plus seulement de fonctionnaires sachant parler les deux langues, il allait des administrateurs qui alliassent à la eonnaîsaaiioe

de noB lois ^ règlements celle des mœurs et des lois des Arabes. Le gâiéral de Bourmont créa^ le 6 juillet, c'est-àdire le lendemain de rentrée dans Alger^ une commission de gouvernement composée d'un consul et de deux interprètes sur huit membres .

n est vivement à regretter que Ton n'ait pas suivi cette voie sur une plus large échelle ; on aurait sans doute évitée par ce moyen^ beaucoup de fautes^ qui ont tenu à l'absence de traditions que les interprètes seuls pouvaient conserver^ tant par la connaissance des faits qu'ils étaient à même de très-bien appréder, que par leur séjour forcé dans le pays. Le corps des interprètes fournit encore de précieux éléments pour constituer les divers services et assurer leur fonctionnementrégulier.

D^Aubignosc était nommé lieutenant- général de police. Il aillait un homme intelligent^ énergique^ et parlant la langue du pays^ pour surveiller cette nombreuse population indigène^ mélange confus d'arabes, de berbères, de turcs, d'israëlites, de nègres, que nous ne connaissions pas encore. Gérardin, de son côté, était chargé de procéder à la reconnaissance des immeubles urbains et ruraux constituant le domaine de TÉtat, et bientôt, le 15 juillet, il était mis définitivement à la tête de cet important service •

Ëusèbe de Salles et Vincent recevaient la mission d'étudier les ressources et les revenus du pays. Ce dernier devenait peu après l'un des premiers magistrats français installés à Alger. Le service des douanes, celui de la santé, du port, étaient également confiés à des interprètes .

Mais il s'était formé de bonne heure, dans les Chambres, un parti anti-algérien, qui, regardant l'expédition d'Alger

comme une entreprise sans motif ^ refusait- d'admettre qu'elle pût être féconde en résultats utiles. Le mieux^ pensaient les partisans de cette idée, était d'abandonner l'Algérie.

Si l'évacuation ne pouvait être eflfectuée, à cause des considérations de l'honneur national, il fallait au moins restreindre l'occupation aux limites les plus étroites et consacrer à l'Algérie le moins d'hommes et d'argent possible. Cette opinion, publiquement soutenue avec beaucoup de force et de persistance, devait avoir, pour conséquence inévitable, de décourager les efiforts tentés pour conquérir et coloniser l'Algérie (0 .

Le gouvernement, en France, avait changé pendant ce temps-là ; le maréchal de Bourmont avait quitte Alger ; il était déjà question de rappeler une partie des troupes qui avaient pris part à l'expédition .-Bône et Oran, dont nous avions déjà pris possession, étaient brusquement évacués, on était venu, répétait-on partout, non pour conquérir mais pour venger une injure ; enfin l'incertitude régnait sur toutes choses.

Cette incertitude préoccupait surtout les interprètes ; lors de l'organisation faite au ministère, au mois d'avril, le gouvernement n'ayant pas d'idée arrêtée pour l'avenir, n'avait pris naturellement aucun engagement envers eux ; une situation honorable, au point de vue des prérogatives et de la solde, leur était attribuée, il est vrai, mais à titre provisoire, puisque cela n'était que mensuel ; on ignorait même s'il fallait les traiter comme militaires ou comme

(1) Conquête d'Alger^ Nettement.

civils^ ainsi que le démontre la lettre de félidtations^ adressée à l'interprète Bémusat^ qui venait de se signaler pendant Texpédition de Médéa :

ÂRHiai D'IXPtolTiON Quirtler-génénl, à Alger, le 3 oetobre 1830

d'afaiqui

. A MoQsiear RimjSAT, iaterprète.

M. le général commandant en chef me charge de vous témoigner toute sa aatisfiiction, pour la conduite que vous avez tenue ];>endant rexpédiUon qui vient d'avoir lieu sur Médéa.

Les éloges, que M. le général en chef vous fait adresser, ne se rapportent pas uniquement à votre conduite devant l'ennemi, mais ils s'étendent aux services que la connaissance que vous avez de la langue du pays, vous a mis à même de rendre, et je suis chargé de vous adresser les remercîments du général en chef à ce sujet .

Certainement, si vous eussiez été militaire, le passage du col de l'Atlas eût été signalé pour vous par la décoration de la Légiond'Hooneur.

Les pouvoirs de M. le général en chef ne s'étendent pas jusqu'à la faculté de vous nommer immédiatement ; mais il a demandé cette récompense pour vous, au ministre, en lui rendant compte du zèle qae vous avez montré et des services que vous avez rendus. M. le général en chef me charge de vous en prévenir.

Recevez l'assurance de ma parfaite considération .

Le Lieutenant-Général^ chef d'état mqjor général^

Signé: Dblort (1).

La plupart des interprètes de l'organisation ministérielle d'avril 1830; auxquels on n'avait pas donné d'emplois spéciaux^ voyant dès-lors l'incertitude s'accentuer

(1) Pièce communiquée par la famille de Rémusat.

tous les jours davantage sur rayenir qui leur était réservé, considérèrent leur mission comme terminée. Mais, disons-le dès à présent, une raison bien autrement grave les déterminait à renoncer à leurs fonctions : c'était le profond dégoût qu'ils éprouvaient, eux hommes d'honneur, de se voir confondus, dans l'opinion publique, avec certains guides-interprètes, ramassés trop à la hâte sur les quais de Toulon, qui avaient déjà abusé de leur position pour se livrer à des actes ignominieux, sur lesquels nous reviendrons plus tard. Tous ces motifs firent que les anciens demandèrent et obtinrent leur rentrée en France. On eut grand tort, évidemment, de se priver ainsi des services d'hommes sûirs et distingués par leurs lumières ; leur départ allait occasionner des vides longtemps irréparables ; Texpérience ne tarda pas, du reste, à le démontrer, mais il était impossible, dans ces premiers moments de la conquête, qu'il n'y eût pas des méprises et des fautes de commises .

Bracevich était mort après la capitulation d'Alger. Le colonel Habaïby et presque tous les anciens officiers de mamelouks étaient partis . Tarmi les anciens, ne se trouvait plus que le père Zaccar, auprès du commandant en chef, et deux ou trois autres de ses camarades, attachés à divers services.

Le 31 décembre 1830, le chef d'état-major général avait désigné les interprètes qui devaient rester à Alger, et les postes qu'ils occuperaient. Quant aux autres, on les licencia sur leur demande.

Le général Berthezène vint prendre le commandement de l'armée d'Afrique, au mois de février 1831. L'un de ses premiers actes, à l'égard des int^prètes, fut de pro-

poser au ministre de la guerre^ des suppressions sur Tétat de solde établi jusqu'alors . Nous allons les &ire connaître par Pétat suivant :

Organisation des interprètes , dt^ 12 février 1831

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