‹ Les intoxicationsChapitre 17 sur 116 · APPAREIL RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

APPAREIL RESPIRATOIRE

chronique, le récurrent peut être frappé à la périphérie, aussi bien que les nerfs des membres, et qu’il s’agit d’une aphonie due à un spasme ou une parésie des muscles du larynx et des cordes vocales. Le Dr Dupoux est d’avis qu’il s’agit là d'un phénomène rétlexe. Le malade dont il rapporte l'observation prétendait qu’au moment où il voulait parler les mots restaient pour ainsi dire dans sa gorge, « étranglé qu’il était par un spasme, une sorte de constriction brusque du larynx», et le Dr Dupoux émet l’hypothèse que cette aphonie est due à un spasme occasionné par une hyperesthésie delà muqueuse excoriée qui, suivant l’expression de son malade, est péniblement impressionnée par le passage de la colonne d'air au moment de l’inspiration.

A côté des troubles laryngés, je vous signalerai la fréquence très grande du coryza dans les formes subaiguës. Dans 1 épidémie occasionnée par les bières arsenicales, sur 29G cas nets d’intoxication recueillis par les médecins de Manchester, 106 fois on nota du coryza.

Imbert-Gourbeyre a vu survenir, au bout de six jours de traitement, un coryza intense, accompagné d’épistaxis, chez une jeune fdle de dix-neuf ans à laquelle il avait ordonné quatre gouttes de liqueur de Fowler par jour.

Le Dr Bouglé a rapporté deux cas fort intéressants.

Un malade auquel on faisait tous les trois jours une injection hypodermique de cacodylate de soude à la dose de 0gr,03 par injection, présenta le quatrième jour une épistaxis assez abondante pour nécessiter son entrée à l'hôpital, où l’on pratiqua le tamponnement des fosses nasales.

Un autre malade, âgé de trente et un ans, atteint de ganglions tuberculeux et traité par des injections de 0sr,05 de cacodylate de soude, se plaignit, après la quatrième injection, d’un coryza persistant et perdit en se mouchant quelques gouttes de sang. Les jours suivants, le malade, auquel cela n’était jamais arrivé jusqu’alors, eut des épistaxis très abondantes, qui disparurent peu à peu, bien que le traitement n’ait pas été interrompu.

INTOXICATION PAR L ARSENIC

Chez les ouvriers qui sont exposés aux poussières arsenicales, particulièrement dans les fabriques de verts arsenicaux, dans les teintureries, dans les tanneries, on a sig-nalé le coryza chronique, pouvant aller jusqu à la nécrose des os du nez.

3° Organes des sens.

a. Troubles de la vue. — De même que les muqueuses de l'appareil digestif, la muqueuse conjonctivale est touchée dans l’intoxication arsenicale; c’est même l'un des symptômes les plus précoces de l’intolérance arsenicale, ainsi que l’ont signalé Gendrin, Orfila, Christison. Lolliot l’a observé sur les chiens, sur lesquels il expérimentait l’effet des arsenicaux. D’après Dupoux, c’est le prurit palpébral, la brûlure du bord des paupières, qui ouvre la scène ; le malade se frotte les yeux et il lui semble que des graviers ont pénétré sous les paupières; la sécrétion lacrymale est augmentéeet, parfois, il y aune véritablephotophobie.Un malade médecin, dont l'observation est rapportée par le Dr Dupoux, avait remarqué que, lorsqu’il était dans l'obscurité, il avait des visions lumineuses comparables à des couVonnes phosphorescentes circonscrites par les paupières. Ces visions lumineuses correspondaient à chaque pulsatidn cardiaque, ce qui semble prouver qu’elles étaient sous la dépendance de la cong’estion oculaire.

Layet a sig-nalé le prurit et le brûlement du bord des paupières comme l’un des premiers symptômes de l’intoxication chronique par les poussières arsenicales et dans l'intoxication par les papiers peints (1).

Dans les épidémies d'intoxication arsenicale survenues à Hyères, à Saint-Denis, à Manchester, le nombre des personnes atteintes de conjonctivite a été considérable. Ce fut l’un des symptômes les plus précoces; dans certains cas, il

(1) Layet, Dictionnaire encyclopédique clés sciences médicales. Article Papiers peints, p. 657.

Page 1