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IX. — Modes d'action

Appliqué directement sur les tissus, l’arsenic possède une action irritante et caustique, qui se produit lentement, mais peut provoquer une inflammation violente et très doulou-

INTOXICATION PAR L’ARSENIC

reuse. Quand, par exemple, l’acide arsénieux est introduit dans le vagin, la muqueuse est très enflammée et, au bout de quelque temps, il survient des phlyctènes et de la g’angrène. L’application sur la peau de pommades ou de pâtes arsenicales détermine une g’ang’rène de la peau avec formation d’escarres. Sur la muqueuse stomacale, l’acide arsénieux, surtout s’il est avalé en fragments d'un certain volume, produit des symptômes d'irritation : la muqueuse est rouge, congestionnée; il y a parfois même quelques ulcérations, qui ne vont pas, du moins je ne l'ai jamais observé, jusqu’à la perforation.

Au point de vue de l’action générale, il existe de l’hypersécrétion gastro-intestinale et, après absorption plus ou moins prolongée, il y a des troubles de la nutrition portant principalement sur le foie, les reins, le cœur, qui sont frappés de dégénérescence granulo-graisseuse, et sur les muscles, qui peuvent subir une atrophie considérable. Enfin, Messieurs, le svstème nerveux est très sérieusement touché.

Besredka (1), dans une série d’études expérimentales sur l'immunité vis-à-vis des poisons arsenicaux, a été amené à pratiquer des injections arsenicales dans le cerveau de lapins ; il atrouvéque, dans ces conditions, la dose toxique minimum était cent fois moindre que dans l'injection sous-cutanée de la même solution arsenicale et que, dans les deux cas, la mort survient avec les mêmes symptômes, diarrhée, lésions gastriques, hépatiques et rénales. Ces expériences sont extrêmement intéressantes; il serait bon qu’elles fussent continuées et confirmées, mais le fait initial semble bien établi.

D’après Besredka, l’arsenic produit dans tous les cas les mêmes symptômes et les mêmes lésions, parce qu’il est essentiellement un poison nerveux ; aussi agit-il beaucoup plus rapidement quand il est injecté directement dans le cerveau. Quand le poison est injecté sous la peau ou dans

(J) Besredka, Immunité vis-à-vis des poisons arsenicaux (Annales de l’Institut Pasteur, 1899, p. 49, 209, 465).

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