XI. N’est-ce pas une maladresse d’employer l’arsenic
— Cette question, Messieurs, vous sera souvent posée, surtout si l’accusé est une personne qui a des connaissances toxicologiques, si c’est un médecin ou un pharmacien. Comment, vous dira-t-on, voici un homme qui tient à sa disposition des poisons autrement violents que l’arsenic, qu’il sait devoir être beaucoup plus difficiles à retrouver au cours des recherches médico-légales, et c’est précisément la substance toxique dont la découverte est le plus facile qu’il va employer !
Tout l’abord, Messieurs, on peut répondre à cela que celui quiempoisonne croit toujours être sûr de l’impunité, sans quoi il ne commettrait pas ce crime; d’autre part, l’intoxication arsenicale aiguë avec vomissements et diarrhée ou l’intoxication chronique ont souvent, ainsi que
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INTOXICATION PAR L’ARSENIC
je vous l’ai montré, donné lieu à des erreurs de diagnostic dont le criminel pense bénéficier. Enfin, il est beaucoup plus facile de se procurer de l’arsenic que n’importe
quelle autre substance toxique et celui-ci n’a aucune saveur «
révélatrice.
Telles sont, Messieurs, les principales questions qui vous seront posées en assises.
Je ne saurais trop vous le répéter, soyez prudents; ne vous laissez pas entraîner à des affirmations dépassant ce que l’autopsie ou l’analyse chimique ont formellement démontré. Rappelez-vous enfin que, placé entre l’accusation et la défense, vous ne devez jamais, par un g-esteou une parole inconsidérés, favoriser l’une aux dépens de l’autre.