II. — INTOXICATION PAR LE PHOSPHORE
Le phosphore fut découvert en 1669, par un alchimiste de Hambourg’, du nom de Brandt, qui le retira de l’urine.
Ce métalloïde se présente sous deux étals allotropiques dont les propriétés sont absolument différentes.
Le phosphore blanc est un corps solide, incolore, d’odeur alliacée et de saveur nauséabonde. A la température ordinaire, il est mou et flexible; son point de fusion est à 44°, 2. Il est insoluble dans l'eau ; l’alcool n’en dissout que des traces; au contraire, il est soluble dans les huiles et les graisses dans la proportion d'une partie de phosphore pour 80 parties de corps g-ra-s. Quand ce corps est exposé à 1 air, il s oxyde lentement à basse température et émet des vapeurs d’une luminosité spéciale dans l’obscurité. Le phosphore blanc est extrêmement toxique.
Par 1 exposition à l'air et surtout à la lumière, à la température ordinaire, le phosphore blanc se transforme en phosphore rouge ou amorphe, corps d’une coloration variant du jaune au brun, sans odeur, infusible et surtout nullement vénéneux, du moins quand il est pris par la bouche, car, ainsi que l'a démontré Nasse, s’il est injecté dans l'intimité des tissus, il repasse à 1 état de phosphore blanc et recouvre ses propriétés toxiques. Nasse (cité par Robert) a empoisonné des lapins en leur injectant dans les veines du phosphore roug-e finement pulvérisé (1).
L’ hydrogène phosphore est un g-az extrêmement toxique.