‹ Les intoxicationsChapitre 5 sur 116 · I. — Historique · texte numérisé non relu

I. — Historique

L’arsenic ne semble avoir été employé par les Grecs, ni par les Romains comme agent toxique. Dioscoride parle cependant du sulfure d’arsenic qui, « pris en breuvage, cause de violentes douleurs et corrode vivement les intestins »; il indique même un remède qui consiste à ingérer des émollients. Pline parle de l’orpiment comme caustique et dépilatoire et conseille, pour donner plus de force à ce corps, de le torréfier dans un vase de terre neuf, jusqu’à ce qu’il ait changé de couleur. Cette manipulation devait donner naissance à de l’acide arsénieux, qui ne semble pas avoir été différencié de l’orpiment.

Depuis le moyen âge, l’arsenic a été le poison de choix. Il l’est encore maintenant, car, si les empoisonnements criminels ont diminué en France et ne sont plus que le dixième de ce qu’ils étaient en 1845, l’arsenic compte encore, aujourd’hui comme alors, la moitié des cas à son actif.

Au xme siècle, Roger Dacon prépare l’arsenic sublimé, et dès cette époque Pierre d’Abano signale, après l’ingestion de ce corps, « des douleurs vives dans les intestins, une soif violente, des syncopes ».

Au xivc siècle, on obtenait l’acide arsénieux par l’incinération de terres arsénifères, et c’est avec de l 'arsenic sublimât que Charles le Mauvais tenta de faire empoisonner le roi de France Charles VI, le duc de Valois, frère du roi, et les ducs de Bourgogne et de Bourbon, par le ménestrel Woudretton, qui fut pris et écartelé en place de Grève.

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