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DOSES TOXIQUES

de cuivre pour un homme adulte de 00 kilogrammes, ou à 4 grammes par jour. L’animal en expérience vomit de temps à autre, eut de la diarrhée, mais son appétit ne diminua pas. A 1 autopsie, on trouva 0gl',3t de cuivre dans le foie. Ln autre chien reçut à plusieurs reprises 5 grammes d acétate de cuivre en une fois et ne mourut pas, bien qu’il n’eût présenté aucun vomissement. Enfin, des chiens ont reçu, en des temps variant de vingt-deux à cent vingt jours, 15 grammes, 43 grammes et 05 grammes d’acétate ou de sulfate de cuivre, sans qu’un seul soit mort. El M. Galippe conclut : « Dans tous les cas les résultats ont été identiques ; que le cuivre ait été donné comme aliment à faible dose prolongée ou à forte dose, ou bien encore en lavements, je n ai jamais observé d’empoisonnement mortel. Je me crois donc autorisé à considérer comme vraie la proposition que le cuivre ne peut pas produire d’empoisonnement mortel... Je conclus donc en niant la possibilité de l'empoisonnement lent par les sels cupriques, et en disant que l’empoisonnement aigu, sauf peut-être les cas de suicide, n’est pas réalisable, tant à cause de la saveur horrible des composés de cuivre qu à cause de leurs propriétés émétiques énergiques. » Enfin, pour montrer l’innocuité des sels de cuivre, M. Galippe n a pas craint de laire usage, pendant quatorze mois, d’aliments préparés et refroidis dans des vases de cuivre avant d etre consommés. Souvent les aliments, surtout les graisses, avaient une coloration verte très prononcée et une saveur cuprique désagréable. Cependant, l’expérimentateur ne présenta aucun trouble de la santé (1).

Au point de vue thérapeutique, je vous rappelle que, comme pour la plupart des médicaments, il existe une accoutumance pour le cuivre. Bourneville a pu administrer pendant longtemps à des malades une dose quotidienne de 60 centigrammes de sulfate de cuivre ammoniacal sans remarquer aucun symptôme d’intoxication.

(1) Galippe, De l’usage des vases culinaires en cuivre (Ann. d’/iug publ. et de méd. légale, 2« série, 1878, 1. L, p. 428).

INTOXICATION PAR LE CUIVRE

Or a rapporté un fait d'intoxication collective. Dans un hôpital, à Vienne, 130 personnes auraient été intoxiquées p ir les sels de cuivre, 9 auraient succombé. Si l'on accepte comme dose mortelle celle indiquée par Tardieu, les 9 personnes frappées mortellement auraient absorbé de 20 à 30 grammes de sels de cuivre, et les 120 autres au moins 1 gramme, soit en tout 150 grammes au moins. Si l'on prend l’indication de Lewin, elles auraient dû en absorber dix fois plus, c’est-à-dire plus d’un kilogramme. La batterie de cuisine la plus mal tenue me semble incapable de fournir une telle masse de sel cuprique, et il paraît probable qu'il s’agit plutôt d’une intoxication alimentaire.

4° Symptômes et traitement.

Après l’ingestion d’un sel de cuivre, le premier symptôme, qui ne manque presque jamais et qui se produit de très bonne heure, est une révolte stomacale très vive.

Les vomissements sont paresque immédiats; ils tardent rarement au delà d’un quart d’heure, surtout quand il s’agit du sulfate de cuivre. Cependant, quand le sel de cuivre a été mélangé aux aliments, les vomissements peuvent être pal us tardifs. Les matières vomies présentent souvent une coloration caractéristique, verte ou bleue, et sont parfois striées de sang.

Le malade se plaint de ressentir une saveur cuprique très désagréable, qui subsiste pendant plusieurs jours et s’accompagne de salivation très abondante. Il existe de très vives douleurs dans la bouche, dans l’œsophage et dans le ventre; les coliques s’accompagnent d’évacuations alvines répétées, parfois glaireuses, mais rarement sanguinolentes. Les matières fécales ont une coloration verdâtre ou bleuâtre, suivant la nature du sel ingéré; elles présentent aussi parfois une coloration noire, due soit à du sulfure de cuivre qui s’est formé dans l’intestin, soit aux hémorragies intestinales peu abondantes qui peuvent se produire. Enfin,

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