SYMPTÔMES ET TRAITEMENT
il existe quelques symptômes nerveux, particulièrement des crampes clans les membres inférieurs. La mort, dans la forme rapide, est très prompte; elle peut survenir en quelques heures au milieu de syncopes et de convulsions.
Quand l’empoisonnement dure quelques jours, il pourrait survenir une néphrite toxique; l’urine peu abondante contiendrait de l'albumine et des cylindres épithéliaux, mais pas de sang- ou de matière colorante du sang-, même quand elle est de coloration noire. Assez souvent, le deuxième ou troisième jour, on noterait de l'ictèro. Ces symptômes n’ont pu être reproduits expérimentalement. A partir de ce moment, les symptômes vont s’amendant et la g-uérison survient en dix à vingt jours; dans le cas contraire, on remarque une aggravation caractérisée par la petitesse du pouls, de l'oppression, de la stupeur, une faiblesse musculaire extrême, et la mort survient au milieu de ces symptômes.
Le Dr Bonnet (de Romans) a eu 1 occasion d’observer une femme de trente et un ans, qui avait pris, pour se suicider, une cuillerée à soupe, soit 29 grammes, de sulfate de cuivre délayé dans un bol d’eau aromatisée avec un petit verre à liqueur d’absinthe. Elle absorba cette mixture le 10 juillet au soir; dans la nuit, elle eut des vomissements extrêmement nombreux et plus de trente selles. Le 12 juillet, alors que leD1' Bonnet la vit, la malade était plongée dans'unétat de prostration profonde, le faciès grippé, le pouls très petit; la langue était colorée en bleu par le sulfate de cuivre et le ventre était très douloureux. L’intelligence était conservée. La mort survint le 14 juillet au matin, sans convulsions (1).
En cas de survie, la convalescence s'établit lentement, et il existe parfois pendant très longtemps des symptômes de dyspepsie avec alternatives de diarrhée et de constipation. D’après Tardieu, on aurait constaté dans certains cas, au cours de la convalescence, de la paralysie et des tremblements ayant duré parfois plusieurs années.
<1) Bonnet, Gazette des hôpitaux, 1880.
INTOXICATION PAR LE CUIVRE
Comme traitement, le contrepoison le plus actif semble être le ferrocyanure de potassium, qui forme avec les sels de cuivre un précipité rouge de sulfocyanure de cuivre insoluble et non toxique ; on l’administre en solution à 1 p. 1000 et l’on a réussi, en lavant l’estomac avec cette solution, à neutraliser le poison contenu dans cet organe.
Comme moyens adjuvants, on peut employer l’albumine, le lait, la magnésie calcinée, etc., qui trouvent leur indication dans tous les empoisonnements dans lesquels prédominent les symptômes gastro-intestinaux.
5,J Anatomie pathologique.
Les lésions trouvées à l’autopsie ne sont pas constantes. Les muqueuses de l’estomac et de l’intestin sont colorées en bleu, lorsque le sel employé a été le sulfate de cuivre; cette coloration, quand la mort a été rapide, peut se rencontrer également sur la langue et l'œsophage ; elle résiste aux lavages et devient plus foncée aux points que l'on touche avec de l’ammoniaque.
L 'estomac présente les signes d’une gastrite plus ou moins intense.
L 'intestin est hyperémié et l’on trouve des ulcérations sur toute sa longueur, surtout au niveau du gros intestin et même du rectum ; ces ulcérations ont été notées par tous les auteurs dans les recherches expérimentales; on a signalé également l’hypertrophie et la congestion des plaques de Peyer. M. Yibert appelle l’attention sur des plaques d’atrophie bien localisées de la paroi intestinale; en certains points, celle-ci présente un amincissement très marqué, parfaitement limité par un contour ovalaire ou circulaire. Il a vu plusieurs de ces plaques d’atrophie de la grandeur d'une pièce de cinquante centimes ou d’un franc, chez un chien qui avait été empoisonné par des doses répétées de sulfate de cuivre. Ces lésions sont sans doute plus souvent dues à l'éli-