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II. — Intoxication chronique

1° Empoisonnement professionnel par le cuivre.

Messieurs, c’esten 1751 que Desbois (de Rochefort), dans une étude sur la mortalité de la bourgade de Villedieu-les- Poëles (Calvados), incrimina le travail de la chaudron-

(1) Lewin et Pouchct, Traité de toxicologie, 190.1, p. 323.

INTOXICATION PAU LE CUIVRE

nerie auquel se livraient dès leur plus jeune âge tous les habitants. Malgré la réfutation immédiate du D1' Letellier, s’appuyant sur les registres de la paroisse, cette erreur s’accrédita et devint classique (1). Cependant, avant que M. Galippe eût expérimentalement démontré l'innocuité relative des sels de cuivre, Chevallier avait signalé le bon état sanitaire des ouvriers travaillant le cuivre dans le département du Tarn (2), et Pécholier et C. Saint-Pierre avaient constaté que les ouvrières qui manipulent le verdet n’en semblaient pas incommodées, bien qu’elles absorbent des quantités considérables de cuivre (3). Roulés, dans son histoire du village de Durfort, où depuis des siècles on se livre à l’industrie de la chaudronnerie, écrit : « La santé des habitants y est parfaite, leur vie moyenne normale, et pourtant il y a du cuivre partout, dans les poussières du sol, dans l’atmosphère. Ce cuivre imprègne la barbe, les cheveux, les sourcils des travailleurs et les teint en vert (4). »

Aujourd’hui, tous les hygiénistes sont d’accord : il n’y a pas d’intoxication cuprique ou, tout au moins, les inconvénients du cuivre pour ceux qui le travaillent, soit à l'état métallique, soit à l’état de sels, ont été fort exagérés et Bouchardat a dit avec juste raison : « Au point de vue de l’hygiène, le plomb a fait plus de mal que de pour, et le cuivre plus de peur que de mal. »

Symptômes du cuprisme professionnel. — L’absorption du cuivre se fait surtout par les poussières, et la voie naturelle de l’absorption est la voie respiratoire; mais elle peut

(1) De Pullignv, Les empoisonnements professionnels par le cuivre et le zinc (Rapport au Xe Congrès international d’hygiène et de démographie. Paris, 1900).

(2) Chevallier, Note sur les ouvriers qui travaillent le cuivre dans le département du Tarn [Ann. d’hyg. publ. et de méd. légale, lre série, 1847, t. XXXVII, p. 395).

(3) Pécholier et C. Saint-Pierre, Élude sur l'hygiène des ouvriers employés à la fabrication du verdet ( Montpellier médical, 18G4, et Ann. d’hyg. publ . et de méd. légale, 1804, t. XXII, p. 443).

(4) Houles, Action du cuivre sur l'économie. Histoire d'un village ( Journ . d'hygiène, 1879).

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