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MERCURE MÉTALLIQUE

cure très finement divisé. La dose journalière est de (Jeux à quatre pilules, soit de 10 à 20 centigrammes de mercure par vingt-quatre heures.

U huile grise, que Ton emploie comme anlisyphilitique en injections sous-cutanées ou intramusculaires, est une émulsion de mercure métallique dans de la lanoline et de l'huile d’olive; elle contient 0’r,39 de mercure par centimètre cube, dose que l'on injecte en une seule lois.

Dans la médication externe, l 'onguent napolitain , qui contient i gramme de mercure métallique et 1 gramme d’axong'e benzoïnée, est employé en frictions continuées pendant dix minutes environ dans une région dont le réseau lymphatique est particulièrement riche, aisselle ou région inguinale, à la dose de 4 à 0 grammes.

L 'onguent gris se compose d’une partie d’onguent napolitain pour trois parties d’axonge.

Vapeurs de mercure. — Le mercure émet des vapeurs a toute température; bien entendu l’émission est plus abondante et, par conséquent, plus nocive quand la température est plus élevée. Voici un exemple :

En 1889, pendant une séance du Congrès de chirurgie qui se tenait au grand amphithéâtre de l’École de médecine de Paris, un incendie se déclara dans le sous-sol de l'amphithéâtre, qui fut en grande partie consumé. Les flammes, comme dans les incendies de théâtres, s’élevèrent suintement jusqu’à la voûte; on était à la lin de la séance, il n y avait plus dans la salle que quelques personnes qui s’enfuirent aussitôt. Le chapeau du président, M. Vcrneuil, était placé sur la table à proximité de la cuve à mercure, que la chaleur fit bientôt éclater. Le mercure se volatilisa et les vapeurs imprégnèrent le tissu du chapeau; celui-ci, sous l’action de la chaleur, se rétracta si bien qu il n avait plus guère que le volume nécessaire pour couvrir la tête d’un enfant nouveau-né. On le conserve au musée du laboratoire de médecine lég'alo à la Préfecture de police.

A l'état de vapeur, le mercure pénétrant dans les voies respiratoires peut occasionner de très graves accidents. Sevdel a rapporté le cas d’une femme qui , sur le conseil d’une voisine, respira les vapeurs produites par la projection de mercure métallique sur des charbons ardents ; après une ou deux minutes, elle tomba sans connaissance et, bien qu’elle eût été immédiatement soustraite à l’action des vapeurs mercurielles, elle mourut dix jours après en présentant tous les signes d'une intoxication mercurielle aiguë.

En 1803, un incendie se déclara dans les mines d'Idria : une quantité considérable de mercure fut volatilisée; 900 personnes, dans les environs, eurent du tremblement mercuriel, un certain nombre d’entre elles habitaient à plusieurs kilomètres du lieu du sinistre.

M. Arm. Gautier (1) a signalé le cas d’ouvriers inexpérimentés qui, ayant voulu fabriquer un amalgame d’argent dans une chambre non close, volatilisèrent 200 grammes de mercure. Tous furent malades et l’un d’eux, qui mourut quelques jours plus tard, avait absorbé une telle quantité de vapeurs mercurielles qu’il rendait jusqu'à lgr,78 de mercure par litre d’urine.

Ce ne sont pas seulement les vapeurs émises par le mercure en ébullition qui sont capables d’occasionner des accidents, mais aussi les vapeurs émises à la température ordinaire. En 1810, le vaisseau The Triumpli transportait des outres remplies de mercure métallique; par accident, ces outres se rompirent et le mercure se répandit dans la cale du navire. 200 matelots furent atteints par l’intoxication hydrargyrique et 3 moururent. Tous les animaux du bord, bétail et volailles, moururent.

Faraday avait prétendu que les vapeurs mercurielles ne se diffusaient que fort peu et ne dépassaient pas quelques centimètres au-dessus de la surface du métal.

(1) A. Gautier, Rapport au Conseil d'hygiène de la Seine, 16 décembre 188o.

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